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Economie

Benmoussa aujourd’hui à Madrid
De notre envoyé spécial, Mohamed CHAOUI

Par L'Economiste | Edition N°:2303 Le 22/06/2006 | Partager

. Lutte contre le terrorisme, émigration clandestine… l’Espagne satisfaite de la coopération avec le Maroc. Conférence euro-africaine de Rabat aussi à l’ordre du jour . L’Algérie boycotte la rencontre même si elle est un pays de transitAprès Paris, Madrid. Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, arpente les principales capitales européennes. Il sera aujourd’hui jeudi 22 juin en Espagne pour sa deuxième visite à un autre partenaire aussi important dans l’échiquier stratégique du Maroc. Cette première visite à Madrid est une sorte de prise de contact pour se connaître mutuellement. Benmoussa a été nommé en février dernier ministre de l’Intérieur, un département sensible où les relations personnelles sont décisives pour traiter certains dossiers avec les capitales qui comptent pour le Maroc. Benmoussa a déjà rencontré plusieurs fois son homologue français Nicolas Sarkozy. Avec Alfredo Perez Rubalcaba, c’est le premier contact bilatéral direct, même si les deux hommes se sont vus dans une première rencontre multilatérale en France. Il a été nommé ministre de l’Intérieur en avril dernier, quelques semaines après Benmoussa. En plus du contact personnel qui doit être maintenu entre les deux ministres, Benmoussa doit se faire connaître auprès du roi Juan Carlos. Il sera d’ailleurs reçu aujourd’hui par le chef d’Etat espagnol.Ces relations personnelles vont rendre fluides les contacts au plus haut niveau, sans passer par les canaux diplomatiques ou les services concernés. Les sujets de préoccupation et de réaction au quotidien ne manquent pas pour les deux ministres-clés dans les relations entre le Maroc et l’Espagne. En effet, les sujets à l’ordre du jour sont multiples: Qu’il s’agisse de la lutte contre le terrorisme, l’émigration clandestine, le trafic de drogue et la question du Sahara, Madrid est demandeur dans les différents domaines. Le hasard du calendrier fait que cette rencontre a lieu au moment où est lancée l’opération transit des émigrés via l’Espagne pour passer leurs vacances dans le pays. Plus de 2,7 millions de Marocains sont attendus dans les ports espagnols cet été. Pour l’émigration clandestine en provenance des côtes marocaines vers l’Espagne, elle est nettement en baisse même si l’été favorise la sortie des pateras. Mais c’est insignifiant par rapport à ce que subit l’Espagne sur l’archipel des Canaries en provenance de la Mauritanie et le Sénégal. La lutte contre le terrorisme dans ses aspects d’échanges d’information entre les services des deux pays, les commissions rogatoires au niveau de la justice fonctionnent à la grande satisfaction de Madrid. Depuis les attentats de Madrid en 2004, le suivi est quotidien, a indiqué le ministre espagnol de l’Intérieur. La coopération avec le Maroc est large. Elle concerne l’émigration, la police… Pour Rubalcaba, il s’agit de convaincre l’Europe que le Maroc est un partenaire essentiel. Après une période de froid, les relations maroco-espagnoles se sont réchauffées pour devenir exceptionnelles. Il est impératif de les renforcer, a dit en substance le ministre de l’Intérieur.Le moment est également important parce que la rencontre entre les deux ministres intervient à deux semaines de l’ouverture de la conférence euro-africaine de l’émigration et le développement (11 et 12 juillet à Rabat). C’est une initiative maroco-espagnole. Benmoussa et Rubalcaba doivent coordonner la démarche à adopter. Le Maroc est un pays-clé, il s’agit de voir ce qu’il faudra obtenir des pays européens. Ceux-ci doivent donc mettre en oeuvre la politique euro-africaine dont le Maroc et l’Espagne sont le noyau dur en matière de contrôle policier des flux pour faire échec aux tentatives d’émigration. Leur corollaire indispensable de moyens financiers doit être mis à la disposition du Maroc pour renforcer son dispositif aux frontières et aider au développement des pays d’origine. Benmoussa et Rubalcaba ne feront que constater qu’un pays essentiel dans la chaîne de l’émigration clandestine terrestre qu’est l’Algérie boycotte ce premier rendez-vous important. L’Algérie est un pays de transit obligé. L’Espagne a insisté et dépêché des émissaires auprès d’Alger. Zapatero en a parlé à Abdelaziz Bouteflika lors de leur rencontre à Séville lors du colloque sur Ibn Khaldoun. Mais en vain. Le président algérien s’est soustrait à ses responsabilités en prétextant l’importance de traiter le sujet entre l’Union européenne et l’Union africaine.Le contact sera maintenu sachant que Rubalcaba est un homme politique de premier plan dans le gouvernement de Jose Luis Rodrigues Zapatero dont il a l’oreille. Il a préféré qu’il quitte la présidence de l’imposant groupe du parti socialiste au pouvoir au Congrès des députés pour venir aux commandes du ministère de l’Intérieur. Le but est de profiter de son immense capacité de négociations et de persuasion. Rubalcaba est d’abord et surtout le maître d’oeuvre des négociations qui vont s’ouvrir bientôt avec l’organisation séparatiste ETA. Un chantier périlleux de Zapatero pour mettre fin à la violence dans le Pays basque espagnol et pouvoir enfin parvenir à la paix que les gouvernements successifs d’Espagne depuis 1975 n’ont pas réussie à établir. L’homme risque donc d’être très pris par ce dossier-là. Mais il trouvera sûrement du temps à consacrer au Maroc.


Autonomie: L’exemple espagnol

La rencontre intervient quelques jours après l’adoption par référendum dimanche dernier en Catalogne d’un nouveau statut d’autonomie élargie le plus avancé d’Espagne des 17 régions du pays. Benmoussa fera certainement prévaloir le projet d’autonomie que le Maroc compte proposer au Sahara pour résoudre le conflit auquel l’Espagne est très sensible en raison de son statut d’ancienne puissance coloniale. Il essayera de convaincre de la viabilité de la proposition marocaine qui doit s’inspirer de l’exemple espagnol.

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