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Bâtiment: Un levier de croissance en crise

Par L'Economiste | Edition N°:509 Le 18/05/1999 | Partager

· Seules 20% des constructions sont assurées par des entreprises structurées

· Les crédits à l'habitat ne représentent que 10 à 15% de l'ensemble des concours à l'économie, contre 35% en France

"Le bâtiment va mal, même très mal". Pour les professionnels du secteur, c'est devenu désormais une évidence. Les indicateurs sont là et ils le prouvent. La part du BTP dans le PIB a été divisée par 2 en 20 ans. Seules 20% des constructions sont assurées par des entreprises structurées et la formation brute du capital fixe du secteur décline chaque année. De plus, le nombre d'entreprises de bâtiment est resté le même qu'il y a 20 ans, alors qu'on crée une nouvelle par jour en moyenne. La conclusion est qu'une entreprise de bâtiment disparaît chaque jour depuis 20 ans.
Selon la revue mensuelle de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM) du mois de mai, plusieurs facteurs sont en cause. Les terrains et les matériaux sont trop chers, les promoteurs ne font pas souvent appel à des entreprises structurées et la profession n'est pas organisée. A cela s'ajoute le problème de financement au niveau des acquéreurs. Ainsi, moins de 20% de l'ensemble de la production de logements neufs (110.000 unités environ en 1997, y compris l'habitat non réglementaire qui représente 25.000) a été financé par le système bancaire pour un montant de 1,7 milliard de DH. Vus sous un autre angle, les crédits à l'habitat ne représentent que 10 à 15% de l'ensemble des encours des crédits à l'économie, contre 35% en France. Ces crédits sont majoritairement le fait des banques publiques et principalement du CIH. Peu impliquées, les banques commerciales sont hésitantes. "Les pouvoirs publics ne montrent pas non plus de fermeté pour les inciter à investir dans le secteur", est-il indiqué. Face à cette situation alarmante, quels sont les remèdes? Toujours selon la revue, la dynamisation du secteur passe par l'instauration d'une politique d'incitation au financement. Celle-ci n'est toutefois pas suffisante. Elle doit être accompagnée d'une libéralisation des terrains et l'incitation à l'implication des entreprises structurées. Sur ce registre, la première action consiste à exiger des promoteurs, dont les projets sont éligibles aux facilités bancaires et aux exonérations de taxes, de faire appel aux services d'entreprises structurées. De même, il faut réglementer la profession d'entrepreneur.

Ces actions sont d'autant plus urgentes que le secteur dispose d'un fort potentiel de croissance. En effet, outre son poids important dans l'économie, la bâtiment présente des avantages bien souvent déterminants sur le plan des grands équilibres économiques. Selon la dernière lettre du Centre Marocain de Conjoncture, la dynamique de croissance ne montre pas d'exemple de progression des activités de production de biens et services qui se soit effectuée sans développement corrélatif du secteur bâtiment. Il semble au contraire que la croissance du secteur soit indispensable au développement et à la diversification des structures et du tissu productif.
La production des entreprises de bâtiment équivaut pratiquement à la production des industries mécaniques, se rapproche de celle des activités chimiques et représente la moitié de celle du textile. Son impact sur l'emploi est également important. La population active du bâtiment représente près de 5% de celle de l'ensemble des autres secteurs. La construction occupe 340.000 actifs, dont 65% de salariés et 35% de personnes actives non salariées.


Les entreprises en majorité artisanales


La production du bâtiment est assurée par plus de 10.600 entreprises. Leur physionomie est très différente selon la dimension et les métiers exercés. Elles sont en immense majorité petites, artisanales ou non organisées, puisque seulement près de 1.400 entreprises sont structurées et occupent plus de dix personnes.

Adil BOUKHIMA

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