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Affaires

Batam Maroc: Les raisons d’une débâcle

Par L'Economiste | Edition N°:1848 Le 07/09/2004 | Partager

. Surendettement, redressement judiciaire, erreurs stratégiques.... ... le spécialiste de l’électroménager au bord de la faillite Batam Maroc, spécialiste dans la vente d’appareils électroménagers, arrivera-t-il à remonter la pente? Difficile. Car il y a quelques jours, une demande de redressement judiciaire a été déposée au Tribunal de commerce de Casablanca. Un recours de forme, estime un responsable de la société qui a requis l’anonymat, puisque, précise-t-il, «toutes les chances d’une reprise de l’activité sont quasiment nulles». Déjà trois magasins, deux à Casablanca et un à Rabat ont baissé le rideau. Les deux restants, situés également dans la capitale économique, sont ouverts, mais depuis un certain temps, ne vendent plus aucun article électroménager. «Toutes les propriétés de Batam Maroc font actuellement l’objet d’une décision de saisie», souligne-t-on. Par ailleurs, l’ensemble des lignes téléphoniques de la société sont suspendues. Selon un cadre de l’entreprise, 42 salariés n’ont pas été payés depuis 3 mois. Depuis, les grèves se sont multipliées. La dernière en date a été observée le 12 août 2004. Au magasin du Twin Center, le mouvement a été interrompu pour ne pas nuire au commerce.La situation est de plus en plus embrouillée. Et les actionnaires injoignables. En effet, l’un des dirigeants de la société implantée au Maroc en octobre 1999 est depuis 3 mois en Tunisie. «Il serait en mission pour demander des fonds à la société mère». Ce n’est pas la première fois, car depuis son arrivée au Maroc, Batam a des problèmes d’argent. Le capital initial de la société, 12,5 millions de DH, a été consommé par l’acquisition à 13 millions de DH d’un magasin sis au Twin Center à Casablanca. «Même avec l’arrivée d’un actionnaire sud-africain qui a injecté 8,5 millions de DH dans le capital, les choses ne se sont pas améliorées», souligne un responsable. L’apport des Sud-Africains n’a pas été d’un grand secours, puisque en même temps, le groupe s’est lancé dans l’ouverture d’autres magasins: 3 en trois ans. Or, les magasins ferment peu de temps après leur ouverture. Ce qui représente une perte considérable dans la mesure où les investissements initiaux ne sont pas amortis. Fin 2003, le magasin de Hay Hassani a fermé, suivi en juin dernier par celui de Rabat. La débâcle n’a jamais été aussi proche. Et c’est à ce moment-là que le recours à un redressement judiciaire est devenu incontournable. Selon un cadre de l’entreprise, la situation actuelle s’explique par la «mauvaise gestion et l’absence de suivi et d’audit. Il n’y a jamais eu de missions de contrôle des ventes», est-il indiqué. Selon un autre responsable, Batam «s’est investie dès son arrivée au Maroc dans une politique de ventes à crédit en signant des conventions avec le personnel de plusieurs sociétés». Les conventionnés n’étant pas tous de bons payeurs, Batam répercutait la situation sur ses fournisseurs. Ces derniers ont vite constaté l’incapacité de la société à régler ses factures et ils ont cessé de l’approvisionner. «Profitant de la situation, certains responsables de Batam se sont constitués en société. Ils ont commencé, à partir d’août 2003, à lui fournir des articles électroménagers», nous a confié un responsable, toujours sous couvert d’anonymat. «Aux yeux mêmes de la direction générale, les responsables convertis en fournisseurs se feront passer pour des ultimes sauveurs». L’autre erreur de Batam Maroc est cette fois-ci d’ordre stratégique. «Il n’y a jamais eu d’étude en bonne et due forme qui aurait permis de bien prospecter le marché marocain». Plusieurs articles électroménagers sont restés en stock parce qu’ils ne répondaient pas aux besoins réels des ménages. En 2004 et en pleine fête du sacrifice, période où les magasins d’électroménager réalisent des pics dans leurs ventes, celui de Batam Maroc sis au boulevard 2 Mars est fermé pour aménagement. Une période mal choisie d’autant plus qu’à ce moment-là, les finances de l’entreprise sont au plus bas. En effet, selon un responsable de la société, «celle-ci doit 2 millions de DH à la CNSS et 2,7 millions de DH au titre de l’IGR non versé».


Difficultés à Tunis

En août 1988, les frères Maher et Taïeb Ben Ayed fondent la société Héla Batam d’électroménager et de confort et ouvrent un premier point de vente à Sfax. Bientôt suivi de deux points à Tunis. En dix ans, Batam comptera 50 points de vente en Tunisie. Au bord du gouffre, le groupe a fait dernièrement l’objet d’une procédure judiciaire à la demande de Citibank, inquiète au même titre que d’autres banques quant au recouvrement de ses créances. En effet, Batam est surendettée. Mostafa BENTAK

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