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Banques: Pourquoi le secteur est fragile

Par L'Economiste | Edition N°:1606 Le 22/09/2003 | Partager

. Un rapport de Standard & Poor's revient sur les principaux freins au développement du marché. Faiblesse des sources de croissance, vulnérabilité aux chocs internes et externes, dépendance dangereuse des dépôts MRENouvelle sonnette d'alarme en direction de Rabat. Standard & Poor's vient d'éditer un rapport terne sur la solvabilité des banques nord-africaines intitulé “North african banks lack momentum amid turbulent regional”. Sa lecture laisse ressortir des constats inquiétants. D'une manière générale, l'élan des majors nationales sous la loupe est freiné par la morosité ambiante de l'économie marocaine depuis 2001. Mais, les rédacteurs du rapport relèvent d'autres contraintes structurelles qui freinent le développement des banques. D'abord, leurs activités à l'étranger sont fondues dans l'économie locale, avec une présence très limitée -hormis une part de marché significative des dépôts MRE- outre-mer, principalement en Europe. “Ce qui les laisse à la merci du moindre choc interne ou externe”. Ensuite, le PIB du Maroc reste fortement volatil, comme relevé à travers le rendement en dents de scie du secteur agricole et des difficultés rencontrées par le secteur du tourisme. Enfin, “le système bancaire compte trop d'opérateurs pour des débouchés limités à risque faible, et connaît une concurrence exacerbée qui tire à la baisse les marges d'intérêt et les résultats”, souligne le rapport. . Trafic bancaire faible La présence des banques étrangères (en particulier françaises et espagnoles) est forte. Celles-ci fournissent assurément de l'expertise et de l'appui aux entités locales, “mais satisfaites de leurs parts de marché significatives, elles semblent écarter l'éventualité de toute forme de représentation directe”.Au niveau des pratiques de la profession, les analystes estiment que les banques manquent de modèles intégrés d'affaires. A la lumière de la bancarisation limitée du pays (20 à 25% de la population) et du taux faible de pénétration du crédit (les prêts totaux représentaient 60% du PIB en 2002), le trafic bancaire reste relativement modéré et l'offre de produit peu sophistiqué et diversifié. Les opérateurs offrent principalement des services bancaires “plats de vanille” à leur clientèle d'entreprises et de particuliers. “La banque de détail (telle que les activités de crédit à la consommation, la bancassurance et les cartes de retrait et de paiement) se développe rapidement pendant que les activités de marché sont délibérément filialisées”. Peu de banques, principalement les entités privées, disposent du savoir-faire pour fournir des produits plus sophistiqués, mais le reste du marché offre des services de base. Ce même constat est valable pour les activités qui ciblent des entreprises, où le prêt typique s'apparente à un crédit de trésorerie à taux fixe et à court terme. En conséquence, les outils de gestion (en particulier de gestion des risques) et les systèmes IT (technologies de l'information) sont sous-développés. Par exemple, souligne le rapport, le “Scoring” n'est pas encore généralisé, en dépit des efforts récents des banques d'améliorer leurs systèmes d'information. . Prise de conscience Dans ce contexte, la croissance du crédit au Maroc a été étroitement corrélée avec le cycle économique au cours des cinq dernières années, et est restée modeste pour satisfaire les besoins de financement de l'économie. Néanmoins, les analystes estiment que le secteur bancaire marocain a un bon potentiel pour une croissance à long terme, à condition que les inégalités dramatiques de la richesse du pays soient atténuées, les programmes de privatisation améliorés et accélérés et que la volatilité des rendements sectoriels soit amortie par des politiques structurelles saines.Pour l'instant, les banques présentent des situations financières fragiles et manque d'élan dans la pratique de leurs activités. Le rapport note que “la prise de conscience par les banques de la nature risquée de leurs affaires dans un environnement économique volatil, les a poussées à accumuler un niveau de ratio des actifs par rapport aux fonds propres de10% sur les cinq dernières années, grâce à des déboursements modérés de dividende et une rentabilité stable. Cela dit, la rentabilité demeure relativement faible par rapport aux normes des marchés émergents. La meilleure performance des banques marocaines n'a pas excédé 1,8% de ROA (rendements des actifs), alors qu'au niveau du ROE (rendement des fonds propres), elle était d'environ 12% à fin juin 2002. “La qualité de capitaux se détériore et, par conséquent, le besoin croissant de provisionnement sur les dernières années a pesé sur les résultats nets des banques”. Heureusement, le revenu des titres obligataires et les participations a dans une certaine mesure atténué la pression sur les bénéfices. L'étude relève ainsi que les banques marocaines ont une activité de placement forte, facilitée par l'accès à une masse importante et bon marché de dépôts clientèle, dont 25% viennent des MRE. Le groupe Banques Populaires (BB/stable/B ; 77% détenus par l'Etat), en accapare la plus grande part. Le ratio prêts par rapport aux dépôts s'élève à environ 70%. “Cette dépendance par rapport à cette manne d'argent est dangereuse, soulignent les analystes de S&P, n'importe quelle variation radicale dans les tendances d'outre-mer de dépôt de liquidités représenterait une menace importante pour le secteur bancaire”. Du côté des actifs, les banques détiennent une grande part de la dette publique. Les bons du Trésor représentent environ 25% des actifs totaux du système: ceci représente une exposition significative au risque de crédit souverain domestique, mais également une source de revenu régulière qui absorbe partiellement l'effet des fluctuations économiques. Cela dit, “le niveau de liquidité satisfaisant dans le système bancaire marocain reflète le manque d'opportunités d'engagements à faible risque, en particulier dans le segment fortement concurrentiel des entreprises”. . Concentrations élevées sur différents secteurs Le dynamisme des banques est freiné par la fragilité de leurs fonds propres. En effet, la qualité des actifs bancaires marocains est faible. Leurs comptes de prêts aux entreprises affichent des concentrations élevées sur différents secteurs. En outre, ces concentrations ont augmenté davantage lorsque les banques se sont désengagées des secteurs considérés comme risqués (l'agriculture, le tourisme, le textile et les importateurs de céréale). Etant donné le manque d'opportunités de prêts aux grandes entreprises (un segment plat), des banques tendent à être largement exposées à de petites et moyennes entreprises. En raison des risques de concentration et de la croissance économique volatile, la qualité des comptes de crédit s'est détérioré au cours des cinq dernières années: le ratio créances en souffrance par rapport aux prêts bruts est de 17,8% à fin 2002. Cette grandeur mathématique est légèrement gonflée par l'inclusion des établissements de crédit spécialisés, dont la faiblesse de gestion des risques de crédit se lit à travers leurs ratios créances en souffrance (43% à fin juin 2002). Dans le même temps, le rapport moyen de créances en souffrance parmi les banques de commerce était de 11%, en conformité avec plusieurs autres systèmes bancaires émergents. Au niveau du système, les provisions constituées couvrent uniquement 60% des créances en souffrance, la meilleure couverture opérée par une banque de la place atteint 70 à 75%.La corruption, la mauvaise gestion et les crédits garantis ont aussi sévèrement empiré la situation de deux grandes banques publiques du pays (Crédit immobilier et hôtelier et la Caisse nationale du crédit agricole. Le rapport note qu'il est difficile d'envisager la privatisation de ces deux établissements avant que le gouvernement ne prenne une mesure radicale pour nettoyer leurs comptes de crédit et bilans, restructurer leurs activités et opérer d'importantes mises de fonds”. De telles étapes prendront beaucoup de temps vu les incertitudes qui pèsent sur l'équilibre du budget en raison des coûts sociaux à assumer dans l'urgence.Bouchaïb EL YAFI

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