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Baisse du dollar: Une formidable subvention aux entreprises chinoises

Par L'Economiste | Edition N°:1672 Le 29/12/2003 | Partager

. Les USA laissent glisser le billet vert pour résorber les déficits. La Chine en est le grand gagnant . La flambée de l'euro reflète en partie la reprise économique de l'EurolandLe chassé-croisé entre le dollar et l'euro est suivi de très près par les marchés financiers. Les enjeux sont à la fois d'ordre économique et budgétaire et géopolitique. En 2003, la monnaie européenne a pris le dessus, gagnant près de 20% par rapport au dollar. La tendance haussière de l'euro devrait se poursuivre en 2004 mais à un rythme moins soutenu, selon les banquiers. D'après leurs pronostics, il clôturerait l'année autour de 1,30 dollar avant de repartir à la baisse. Paradoxe, cette performance n'est pas le reflet de la bonne santé économique de l'euroland. Elle résulte simplement d'un effet mécanique de la baisse du dollar. D'ailleurs, en dépit des prémices de la reprise, la croissance européenne est jugée plutôt décevante. En fait, c'est la dépréciation du dollar qui constitue le véritable événement de cette année. Pour la première fois, le gouvernement américain est décidé à laisser «filer» sa monnaie pour résorber les déficits budgétaire et commercial, et doper les exportations. De l'autre côté, les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) restent très attachés à un euro fort, au risque de retarder la reprise. Les deux visions se conjuguent. Pour rappel, les finances publiques des USA sont au rouge. Le déficit budgétaire ne cesse de se creuser en raison du coût de la guerre en Irak et le déficit commercial s'approche des 500 milliards de dollars. Contre toute attente, ce dernier se serait aggravé avec la baisse du dollar car les exportations américaines n'ont pas décollé. En revanche, les importations de biens et services ont été dopées du fait du redémarrage de l'activité. «La baisse du dollar n'a pas stimulé les exportations en raison entre autres, de la rigidité du système de change de la Chine qui indexe le yuan sur le dollar», explique Adil Hajji, ingénieur financier à la division du marché monétaire & obligataire à Wafabank. Donc, la monnaie chinoise profite de la baisse du dollar. Ce qui rend ses exportations encore plus compétitives. D'où l'aggravation du déficit commercial des USA, des pays européens et du Japon à l'égard de l'Empire du milieu. Comment financer ces déficits? En acquérant des bons du Trésor américains. «Or, ces derniers sont assortis de taux d'intérêt bas (d'au moins 100 points de base par rapport aux titres européens)», précise Khalid Nasr, directeur de la salle des marchés de BMCE Bank. Ce qui les rend peu attractifs et explique le regain d'inquiétude sur la capacité de financement de ces déficits et perpétue la baisse du dollar, ajoute Adil Hajji. La récente envolée de la monnaie européenne n'est pas le reflet d'une bonne santé économique. En revanche, cette conjoncture conforte, la BCE dans sa politique monétaire. «D'ailleurs, à aucun moment, la BCE n'a déclaré que la hausse de l'euro pénalise la croissance européenne. Ne pas dénoncer la faiblesse du dollar revient implicitement à l'approuver», est-il relevé. Le raisonnement de la Banque centrale est simple: si la reprise américaine se consolide comme c'est le cas actuellement, le reste du monde en bénéficiera, l'Europe au premier chef. Preuve que les USA sont perçus comme le moteur de la croissance, tous les pays tablent sur un taux de croissance positif en 2004. Cela ressemble fort à un accord tacite entre les deux zones pour laisser glisser le dollar, en évitant toutefois des mouvements erratiques des deux devises. Les autorités monétaires de part et d'autre prononcent régulièrement des déclarations pour freiner la dépréciation du dollar, mais la tendance de fond est maintenue car elle arrange les deux parties... du moins pour l'instant.


Peu d'impact sur les fondamentaux

. Les exportations marocaines ne profitent pas de la hausse de l'euro. L'Egypte et la Chine plus compétitives grâce à la dépréciation de leur monnaie . Seuls les transferts MRE ont été dopésDans cette conjoncture plutôt tendue, le Maroc est en mesure de tirer son épingle du jeu en 2004, pour peu que la reprise européenne soit au rendez-vous et que les exportateurs se montrent plus agressifs. Au niveau du marché des changes, l'on peut d'ores et déjà tabler sur une appréciation continue de l'euro par rapport au dirham. Le dollar devrait, lui, continuer à perdre du terrain. Avec le recul, le réaménagement du panier de devises de cotation du dirham s'est avéré judicieux. Il a permis de stabiliser le dirham par rapport à l'euro et réduire la volatilité entre les deux monnaies. Ainsi, l'euro est passé de 10,64 à 11,02 DH entre fin décembre 2002 et le 22 décembre 2003, soit une hausse de 3,57% seulement. Au même moment, la monnaie européenne gagnait 19% par rapport au dollar. De l'autre côté, la volatilité du dirham par rapport au dollar s'est accrue. Le dollar qui valait 10,16 DH au 31 décembre 2002 est tombé à 8,86 DH, soit une baisse de 12,77%. A priori, une telle conjoncture aurait dû arranger les affaires des exportateurs tournés vers l'Europe et des importateurs en matières premières et produits énergétiques. Dans les faits, l'on note au contraire une aggravation du déficit commercial en 2003 et une détérioration du ratio de couverture des importations par les exportations. Ainsi, entre septembre 2002 et 2003, les importations ont grimpé de plus de 3% à 99 milliards de DH tandis que les exportations perdaient plus de 4% à 62 milliards de DH. Le ratio de couverture a, lui, baissé de 5 points à 62,6%. «Le recul des recettes à l'export s'explique par la détérioration de 19% des exportations de produits de la pêche et la chute de 72% des exportations d'énergie et lubrifiants», souligne Adil Hajji, ingénieur financier à la salle des marchés de Wafabank. Les exportations n'ont donc pas bénéficié de la hausse du cours de l'euro/dollar. Certes, l'incendie de la Samir a perturbé les exportations des lubrifiants et la pénurie de la matière première a paralysé les ventes de céphalopodes. Mais pour autant, estime Adil Hajji, les exportations ont été décevantes cette année pour deux raisons au moins: D'une part, la faiblesse de la demande européenne a rejailli sur les commandes. A noter que le marché européen a absorbé près de 76% des exportations en 2002. D'autre part, la compétitivité prix des autres pays s'est nettement accrue. C'est le cas de l'Egypte, qui a bénéficié d'une très forte dépréciation de sa monnaie en début d'année ou encore de la Chine, qui bénéficie de la dépréciation du dollar. «D'ailleurs, la pression concurrentielle de la Chine se fera de plus en plus forte dans les prochaines années, notamment dans la confection et la bonneterie».Les importations se sont elles maintenues, du fait de la forte croissance des achats des biens d'équipement et des produits semi-finis. La baisse du dollar a atténué le coût de certains produits tels que le pétrole et les céréales. Mais son impact n'a pas neutralisé le renchérissement des importations réglées en euro.Seules les recettes MRE ont réagi favorablement à la hausse de l'euro. Celles-ci ont progressé de 5,8% à 25,6 milliards de DH entre septembre 2002 et 2003. Les Marocains résidant à l'étranger ont donc eu tendance à profiter de cette opportunité pour convertir une partie de leur épargne en dirhams, à un niveau de cours jugé très avantageux.


123 milliards de dirhams de réserves de change

. Deux milliards de dirhams de préjudice pour le phosphate. Les gains sont nuls pour la confection textile du fait de la «dollarisation» de la concurrence asiatique Si en 2000 et 2001, nos exportateurs tempêtaient contre l'appréciation du dirham (due à la faiblesse de l'euro à l'époque), cette fois-ci, c'est la baisse du dollar qui leur donne le tournis. Compte tenu de la géographie des débouchés du textile marocain à l'export, on aurait pu croire que l'appréciation de l'euro serait un coup de pouce à la compétitivité prix d'articles de sous-traitance. Les transactions des entreprises du secteur à l'extérieur étant essentiellement libellées en devise européenne. Il n'en est rien en réalité, assure Abdelali Berrada, directeur général de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith). La majorité des achats provient de l'Europe, observe-t-il. La concurrence asiatique d'où provient la moitié de la production mondiale du textile se frotte les mains. Toute la zone libellant ses échanges en dollar, la dépréciation de la devise américaine constitue un dopant pour les échanges extérieurs de ces pays, du moins dans le textile. Le phosphate, un des principaux produits à l'export du Maroc, souffre doublement: à la baisse du billet vert s'ajoute celle des cours. Le préjudice pour l'OCP pour la seule année 2003 est évalué à près de 2 milliards de dirhams.Les gains en revanche sont à chercher du côté du pétrole où les économies sur devises s'élèvent à 5 milliards de dirhams sur les dix premiers mois de l'année. Une partie est certes imputable au recul du volume des importations, mais l'essentiel provient de la baisse du dollar, monnaie de transaction de la plupart des matières premières. Idem pour les céréales dont la baisse des achats à l'étranger rapporte 1,5 milliard de dirhams d'économies. Les effets de la bonne campagne céréalière de l'année dernière sont donc là. La cagnotte de réserves de change est confortée pour représenter jusqu'à 13 mois d'importations, soit 123 milliards de dirhams.Mouna KABLY

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