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Azoulay: «S’il y a un choc, c’est celui des ignorances»

Par L'Economiste | Edition N°:2742 Le 26/03/2008 | Partager

. Sa feuille de route à la tête de la fondation Lindh. Des initiatives en contrepoint du choc des civilisations. Azoulay conserve le poste de conseiller du SouverainAndré Azoulay, conseiller du Souverain, a été élu récemment président du Conseil d’administration de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures. Il s’agit d’une décision du Conseil des gouverneurs de la Fondation réuni à Bruxelles dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen. La candidature marocaine a été soutenue par la Ligue arabe. Elu pour un mandat de 3 ans, André Azoulay conservera son poste de conseiller du Souverain. . L’Economiste: Vous venez d’être élu à la présidence de la Fondation Anna Lindh. Quelle est la portée de cet événement?- André Azoulay: En tant que Marocain, je suis fier d’être élu à ce poste. Ce n’est que justice rendue à mon pays. En optant pour le Maroc, les pays membres du partenariat euro-méditerranéen ont fait un choix légitime, crédible et juste. La communauté internationale et l’Euro-Méditerranée en particulier ont confirmé que le monde est à l’écoute du message que le Maroc a toujours véhiculé. Notre pays a été choisi à un moment où la communauté internationale est traversée par des peurs et des frissons. Et ce, dès que l’on parle de cultures, de religions différentes et des relations de l’Occident et de l’Islam. Je précise que le poste que je vais occuper ne change en rien à ma position auprès de Sa Majesté le Roi. Avec la politique de voisinage, le processus de Barcelone, nous sommes dans un périmètre politique, idéologique et institutionnel de l’espace euro-méditerranéen. Il reste à préciser et à donner les explications pour faire adhérer non seulement l’exécutif, mais aussi les opinions publiques et les sociétés civiles. C’est un dossier sensible. . En tant que nouveau président, quel contenu allez-vous apporter à la Fondation?- Je préside ma première réunion du conseil le 9 avril prochain. Je travaille sur mes propositions pour les transmettre aux 39 pays membres. Je me suis toujours engagé et battu pour quelques idées. L’Euro-Méditerranée n’avait d’avenir et de finalité que s’il y avait une rupture avec une logique purement commerciale, marchande ou exclusivement économique et technique. Barcelone a rempli très largement une partie de son mandat. L’Euro-Méditerranée est aussi un espace de rencontres entre une partie du monde arabo-musulman et une autre de l’Occident à travers l’UE. Sur le dossier de la relation entre l’Islam et l’Occident, la communauté internationale essaie aujourd’hui de trouver la bonne réponse et l’équilibre satisfaisant pour tous. C’est un dossier sur lequel je travaille depuis bien longtemps. . Dans un monde globalisé, les opportunités mais aussi les menaces sont nombreuses. Sur quoi faut-il travailler pour atténuer le choc des civilisations?- Je récuse et je rejette la notion de choc des civilisations que je qualifie de scélérate. Je ne me reconnais pas, ni moi ni mon pays, dans cette notion. Mon pays n’est pas celui du choc, mais celui de la rencontre, de la synthèse et de l’altérité. Nous sommes un pays de l’ouverture, de la modernité, du progrès et non celui de la régression. Sous ma présidence, la Fondation se verra proposer des programmes, des initiatives et des démarches qui s’inscrivent en contrepoint du choc et en appui à la rencontre. S’il y a un choc c’est celui des ignorances. Nos religions sont là pour nous réunir plutôt que de nous séparer. C’est aussi un des chantiers sur lesquels je vais travailler. Il est hors de question de rester otage de ceux qui veulent mettre Dieu à l’épicentre de tous ces conflits qui sont politiques: Palestine, Irak, Afghanistan… Il faut prendre garde de vouloir instrumentaliser ou se servir de la religion comme alibi pour éviter d’arriver à une réponse politique à tous ces dossiers. . Est-ce que la Fondation dispose des moyens de sa politique?- Je n’ai pas de baguette magique. Le travail se fera sur la durée. Parce ce que nous sommes sur des terrains qui sont sensibles, minés et passionnels. Jusqu’à présent, ceux qui ont réussi à se faire entendre de la façon la plus forte, sont ceux qui étaient porteurs des valeurs de dialogue. C’est pour cela que je parle de la reconquête de ces espaces. Je parle de cette enceinte de l’Euro-Méditerranée. Qui, il y a 20 ou 25 ans, aurait pu penser que nous aurions aujourd’hui à nous battre pour les valeurs de la tolérance, du dialogue et de l’ouverture? C’étaient nos acquis. Il faut aller à la reconquête des dossiers qui imposent que nous soyons mobilisés. Je pense à la Palestine, à la paix, à toutes ces espaces de confrontation que j’ai cités. Je ne laisserai à personne d’autres le soin de se faire le champion de la paix ou de ces causes parce que je serai absent. Il y a eu une vacuité et je récuse le poste de champions de ces causes, par ceux qui font appel justement à une logique de rupture spirituelle ou religieuse ou de civilisation. Non, au Maroc, nous sommes des champions de l’ouverture et du dialogue. Nous n’avons plus le droit d’être spectateur. Il faut être acteur déterminé, engagé et convaincu. Rien n’est plus ambitieux que de changer les habitudes, les principes et les mentalités. C’est un travail de militant et de vérité. Les faits sont têtus, nous ne pouvons pas manipuler éternellement les gens. A un moment donné, chacun de nous a besoin de vérité. . La jeunesse est tiraillée entre modernisme et réflexe de conservatisme. Que peut faire la Fondation pour l’aider?- Elle doit aider à la reconquête de tous ces espaces qui sont à la fois ceux de la modernité, de l’altérité et la générosité plutôt que du refus d’écouter l’autre. La Fondation doit redevenir champion porteur de cette vision pour demain. Elle doit aider les jeunes d’aujourd’hui à redevenir confiants, fiers et mobilisés dans cette reconquête des espaces qui ont été toujours les nôtres. Le chemin dans lequel ils veulent nous entraîner est celui de la régression ou de l’archaïsme. Ce n’est pas le Maroc.


Fondements

Créée en 2005, la Fondation Anna Lindh est la première institution commune aux pays membres du partenariat euro-méditerranéen mis en place en 1995 dans le cadre du processus de Barcelone. Selon ses statuts ratifiés en 2004 à Dublin par le Conseil des ministres du partenariat euro-méditerranéen, la Fondation a pour objectif prioritaire de donner contenu, crédibilité et visibilité aux fondements sociaux, culturels et spirituels qui sous-tendent le processus de Barcelone.Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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