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    Avion-taxi : Les opérateurs veulent banaliser l'offre

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Le transport aérien privé non régulier de passagers n'est pas encore très développé au Maroc. Deux sociétés occupent ce créneau et tentent de capter une importante demande potentielle.


    M. Karim, jeune architecte, est catégorique. Il ne prendra plus sa voiture pour aller visiter ses chantiers situés au Nord en compagnie de ses collaborateurs. Il ne jure plus que par l'avion-taxi. Gestion du temps de travail oblige. Cet exemple n'est pas encore très fréquent. L'avion d'affaires n'est pas encore totalement entré dans les murs, parce que toujours considéré comme un luxe. Pourtant, l'offre existe depuis 1970 avec la création de Air Sud, première société marocaine privée spécialisée dans le transport aérien à la demande. Elle a été rejointe sur ce créneau par Privair créée il y a moins de deux ans. Toutes les deux sont basées à l'Aéroport d'Anfa de Casablanca. Une troisième devrait bientôt voir le jour.

    Gain de temps

    De l'avis de M. Hassan Lyoussi, PDG de Air Sud, ce type de service "constitue un élément important pour un pays qui progresse du fait que l'homme d'affaires doit disposer d'une certaine commodité". L'offre n'est pas seulement destinée à cette catégorie de personnes. Elle concerne tout autre demandeur et englobe aussi l'évacuation sanitaire, le transport urgent de colis ou d'envois de valeur. Ces sociétés proposent par ailleurs des services de travail aérien, entre autres la publicité, la prise de vue et la reconnaissance aérienne.
    Outre le Maroc, elles desservent la France, l'Espagne, le Portugal et Gibraltar. Les prix sont fonction du type d'appareil et de la durée du vol. Selon les professionnels, la location peut être moins chère que les avions de ligne ou un voyage en voiture, compte tenu du gain de temps et des charges annexes, entre autres les frais d'hôtel et la restauration.
    Actuellement, le transport de passagers subit légèrement les effets de la crise du tourisme, note M. Lyoussi. Pour autant, les sociétés ne sont pas déstabilisées. M. Hicham Saâdallah, directeur central d'exploitation de Privair, prévoit même une croissance de 30 à 40% de son chiffre d'affaires pour son deuxième exercice. Globalement, "300 heures de vol sont nécessaires pour être à l'aise", précise M. Saâdallah. Et de souligner au passage que le transport à la demande recèle d'énormes potentialités.

    Réglementation

    L'exploitation de services aériens non-réguliers de transport public par avions-taxis est subordonnée à une autorisation du Ministère des Transports qui n'est valable que pour le transport de douze passagers par vol à l'intérieur du territoire marocain ou international. La demande est renouvelée annuellement et doit mentionner tous les types d'appareils utilisés par la société.
    Il est à noter que l'aviation d'affaires est soumise à la même réglementation que les avions de ligne. Les normes de sécurité sont similaires à celles des grandes compagnies aériennes. Elles sont édictées par la Direction Générale de l'Aviation Civile et traitent aussi bien des équipements que de la qualification des pilotes. Ceux-ci doivent être titulaires de la licence de pilote professionnel d'avion. En outre, la société est tenue de souscrire une police d'assurance garantissant aux passagers une indemnité forfaitaire en cas d'accident.
    Au plan commercial, la réglementation stipule que les services aériens non-réguliers de transport public ne sont autorisés qu'à la condition de ne pas porter préjudice aux lignes régulières. Ces services ne doivent pas faire l'objet d'horaires publiés ni constituer des séries systématiques de vols. En fait, la RAM détient le monopole sur les lignes intérieures. Cependant, la déréglementation du transport aérien pourrait prochainement ouvrir une brèche par laquelle pénétreront les sociétés privées.

    Alié Dior NDOUR.

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