×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Avec le port de Dakhla : L'ODEP veut créer une bourse internationale de poissons

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager

Considéré comme le premier port spécialisé dans le traitement des produits hauturiers, le port de Dakhla devra être livré à la fin de 1998. Le coût des travaux s'élève à 370 millions de DH financés sur fonds propres de l'Office D'Exploitation des Ports ( ODEP). Celui-ci projette de transformer ce port en une bourse internationale du poisson.


Rapprocher les bateaux de pêche hauturière des endroits de pêche: tel est l'objectif qui a été à la base du lancement des travaux de construction du port de Dakhla . La zone de Dakhla est considérée comme l'une des plus riches au monde en poissons céphalopodes. Selon l'ODEP, promoteur du projet, les bateaux pêchent dans cette zone et débarquent leurs prises à Agadir ou à Tan-Tan. L'achèvement de ce port devrait leur permettre de gagner trois jours sur Tan-Tan et 4 jours sur Agadir . Cette économie de temps se traduira par un gain chiffré de 1.000 DH par tonne, soit environ 100 millions de DH en une année.
Le financement du port de Dakhla ( dont les travaux ont été lancés en janvier dernier) se fait sur fonds propres de l'ODEP, à l'exception d'une contribution de l'Etat à hauteur de 30 millions de DH. L'investissement global s'élève à 370 millions de DH dont 200 millions pour les travaux d'infrastructure, confiés à Contransimex, une entreprise roumaine ayant à son actif l'extension du port de Nador et d'El Hoceima... Les 170 millions de DH restants seront affectés aux équipements.
Cela consistera en la construction d'un ouvrage d'accès de1.500 mètres linéaires et d'un quai de 300 mètres linéaires profond de 6 mètres destiné à recevoir les bateaux de pêche hauturière. Un deuxième quai de même longueur disposant d'un tirant d'eau de 8 mètres est destiné à accueillir les bateaux qui viendraient charger les captures pour les exporter ensuite vers le Japon, l'Afrique et l'Europe, les trois principaux marchés de ces produits.
Ce port sera également équipé d'un chantier naval avec un élévateur à bateaux de 1.200 tonnes.

Un port en îlot

Parallèlement à la construction de ce port en îlot, l'ODEP a décidé d'aménager une zone industrielle d'une superficie de 30 ha sur les 300ha dont dispose l'ODEP. Dans une première phase, cette structure permettra la réalisation de toute la logistique nécessaire à la profession. Selon le promoteur, elle sera mise à la disposition des opérateurs pour réaliser les projets nécessaires à l'armement hauturier: bureaux pour les armateurs de pêche hauturière, entrepôts frigorifiques pour stocker le poisson congelé en attendant son exportation, dépôts pour la fourniture en pièces de rechange des bateaux et en produits hydrocarbures, chantiers de réparation navale....La réalisation de cette zone industrielle se fera en même temps que le port, affirme l'ODEP.

Opérationnel à partir de 1998

Commencé en janvier 1995 , l'ouvrage devrait s'achever à la fin de 1998 pour respecter le délai d'exécution du projet fixé à 48 mois. Les travaux de fonçage des pieux supportant le tablier de l'ouvrage d'accès démarreront en janvier prochain. Le pont sera également sur des pieux ancrés en mer, assure l'ODEP. Le projet a été conçu sous forme d'îlot pour éviter l'ensablement qui caractérise cette zone. Pour relier ce port à la ville de Dakhla, une voie d'accès de 4 km est prévue.
Bien que le port soit dimensionné pour accueillir l'ensemble de la flotte hauturière, l'ODEP compte attirer dans un premier temps une centaine de bateaux qui devraient transiter par ce port (30.000 tonnes), soit un tiers de la flotte marocaine de pêche hauturière évaluée à 300 unités. Toutefois, le promoteur de ce projet mise sur l'espoir de voir l'armement national transférer progressivement ses activités vers Dakhla. Si le redéploiement de la flotte hauturière ne va pas s'effectuer immédiatement après la livraison du port, cela s'explique, selon l'ODEP, par le fait que les armateurs disposent dans les enceintes d'Agadir et de Tan-Tan d'une logistique qu'ils ont financée eux-mêmes pour la plupart d'entre eux.
Si des considérations politiques et stratégiques ont été à la base du choix de la ville de Dakhla pour y édifier un port spécialisé dans la pêche hauturière ( même si un port de pêche côtière existe déjà), cette décision vise en réalité à faire de ce port "une place internationale et une véritable bourse de poissons dans la région". Par la même occasion, cette ville du sud pourrait grignoter une partie des activités des ports voisins, particulièrement après la décision de débarquer les captures des bateaux communautaires dans des ports marocains.

Mohamed CHAOUI.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc