×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

Avec l'application stricte des horaires : Boissons alcoolisées: Les ventes chutent

Par L'Economiste | Edition N°:77 Le 29/04/1993 | Partager

Depuis quelques semaines, les contrôles relatifs aux débits de boisons alcoolisées sont devenus plus stricts. Des horaires (20h) sont imposés, des licences retirées et des tenanciers de bar poursuivis en justice. Campagne d'assainissement ou application stricte de la loi, les professionnels s'inquiètent.

C'est l'affaire dite "Le Boulanger" (elle-même une suite de l'affaire Tabit) qui est à l'origine de la campagne d'assainissement et de contrôle menée par les autorités à l'encontre des bars, night-clubs et autres débits de boissons alcoolisées. C'est ainsi que des restrictions horaires ont été imposées à toutes les personnes faisant commerce de boissons alcoolisées. Dorénavant, toutes les épiceries vendant des boissons alcoolisées sont tenues de fermer au plus tard à 20 heures et les bars à 21 heures.

Conformément à l'article 25 de l'arrêté du 17 juillet 1967 réglementant le commerce des boissons alcooliques ou alcoolisées, "le titulaire d'une licence est tenu de respecter les heures d'ouverture et de fermeture fixées par l'autorité administrative locale".

Obligés de respecter les instructions des autorités, les commerçants autorisés ont d'abord relevé un déplacement des "horaires de pointe" en ce qui concerne les ventes de boissons alcoolisées. Les consommateurs d'alcool sont maintenant tenus de faire leurs achats plus tôt que d'habitude. Mais le plus inquiétant pour les épiciers, c'est le constat d'une baisse des ventes de boissons alcoolisées.

Achats plus tôt

L'obligation de fermer à 20 heures a entraîné une baisse du chiffre d'affaires sur l'alcool, mais aussi sur les autres produits alimentaires. "Beaucoup de nos clients quittent assez tard leur travail, et par conséquent ils font leurs courses entre 20 et 21 heures. Aujourd'hui avec ces restrictions horaires, nous perdons ces clients qui vont chez d'autres commerçants qui n'ont pas de licence de vente de boissons alcoolisées", nous confie le propriétaire d'un libre-service situé au centre ville de Casablanca.

La seule réaction constatée au niveau de quelques épiceries, c'est le non-renouvellement des stocks d'alcool. En effet, certains épiciers pensent que le refus de renouveler les stocks va entraîner les réactions des producteurs importants comme Les Brasseries du Maroc, et des importateurs-distributeurs qui, à terme, verront leurs chiffres d'affaires baisser.

En ce qui concerne les bars, la situation reste légèrement différente. L'obligation de fermer à 21 heures n'est pas totalement suivie. Certains d'entre eux, sous couvert de restaurant, peuvent servir des boissons alcoolisées jusqu'à minuit, voire jusqu'à une heure du matin.

Respect des horaires ou pas, tous les patrons de bar contactés s'accordent à dire que ces restrictions ont automatiquement entraîné un manque à gagner important, d'autant plus important qu'il a été accentué par des contrôles au niveau des consommateurs, la répression de l'ivresse publique ayant conduit à une diminution sensible du taux de fréquentation des bars.

Textes et application

Une amorce de réaction a été tentée de la part du Groupement National Professionnel des Cafetiers, Restaurateurs, Brasseries, Aubergistes et Night-clubs. En effet, une réunion des patrons de bar était prévue à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Casablanca mardi 5 avril.

Elle fut interdite par les autorités. Aucun ordre du jour précis n'était prévu. Aux dires de certains, le but était juste de faire "renaître le Groupement". Ce dernier d'ailleurs ne se réunit plus depuis de nombreux mois. Actuellement, les bureaux en sont fermés et le téléphone coupé. Toujours est-il que le commerce des boissons alcooliques ou alcoolisées reste soumis au texte du 17 juillet 1967. Texte dont l'application stricte mettrait la majorité des commerçants à défaut. L'article 28 dudit texte stipule qu'il est interdit à tout exploitant d'un établissement soumis à licence de vendre ou d'offrir gratuitement des boissons alcooliques ou alcoolisées à des marocains musulmans". Les infractions aux dispositions de cet article exposent les contrevenants à des peines d'emprisonnement et/ou le paiement d'une amende. Dans de nombreux cas, la licence d'alcool est purement et simplement retirée par l'autorité qui la délivrée. Une application stricte de la loi toucherait donc non seulement les commerçants, mais aussi les industriels, les agriculteurs, les caisses de l'Etat. Depuis sa promulgation, l'arrêté de 1967 n'a jamais été appliqué stricto sensus. "Malgré la sévérité du texte, son application est toujours restée souple", dit un titulaire d'une licence. La loi doit être appliquée ou aménagée. Il ajoute: "le commerce moderne nécessite la clarté des règles du jeu".

N.T.



  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc