Enquête

Auto-emploi: L'opération du Crédit Agricole a démarré

Par L'Economiste | Edition N°:574 Le 17/08/1999 | Partager

· Les projets doivent êtres dédiés au monde rural

· La CNCA met en place une structure spécifique pour l'accueil et le suivi des dossiers


C'est toute une structure qui a été mise en place à la Caisse Nationale du Crédit Agricole (CNCA) pour l'application de la convention signée en juin dernier avec les pouvoirs publics. L'accord porte sur la promotion de l'auto-emploi dans le monde rural à travers des crédits jeunes promoteurs co-financés par l'Etat et la Caisse(1).
Pour la bonne marche de l'opération, la CNCA, qui vient de démarrer l'opération, met à disposition des jeunes entrepreneurs un guichet jeunes promoteurs central en plus de neuf autres au niveau des directions régionales. Ces entités, liées à la Direction des Marchés, de la Clientèle et du Développement Rural, ont pour mission l'accueil et l'assistance des candidats. M. Lotfi Mezouar, en charge de cette Direction, explique que "les crédits jeunes promoteurs font l'objet d'une nouvelle approche à la CNCA. Les postulants pour ces crédits sont désormais traités en tant que clients normaux". Les secteurs sélectionnés pour cette opération sont l'agriculture, l'élevage, les activités forestières, l'agro-industrie, le tourisme, l'artisanat et autres activités économiques en milieu rural. La cible de cette opération quant à elle est constituée des diplômés titulaires d'un bac +2 ou d'un diplôme de la formation professionnelle. Les postulants doivent être âgés entre 20 et 35 ans et inscrits auprès des services publics de l'emploi en tant que candidats au programme d'appui à l'auto-emploi. S'agissant du financement, le plafond du crédit est fixé à 250.000 DH. Les fonds propres du candidat devront représenter 10% du coût total. La différence est à financer, à parts égales, par les prêts bancaire et étatique.

Les personnes intéressées peuvent dès aujourd'hui déposer leur dossier auprès des guichets de la Caisse. Les candidats retenus seront orientés vers des organismes de conseil. Ces derniers sont chargés, en plus de la vérification de la viabilité du projet, de l'assistance du jeune promoteur pour la réalisation de l'étude de faisabilité et sa formation aux techniques entrepreneuriales. Ces services de conseil, dont le coût est fixé à 10.000 DH pour chaque projet, sont pris en charge par l'Etat. L'accompagnement du candidat est assuré durant les douze mois qui suivront le démarrage effectif de son activité.
Les taux d'intérêt sont fixés à 5% l'an pour l'Etat et 9% pour la CNCA. Quant au remboursement des prêts, il s'étale sur 12 à 15 ans pour la part étatique. Le prêt de la CNCA, pour sa part, devra être acquitté au bout de 7 à 10 ans. Le candidat bénéficiera d'un différé d'une durée non inférieure à trois ans (pour l'Etat) et de deux à quatre ans en cas d'un projet de plantation arboricole pour la Caisse.

(1) La Banque Centrale Populaire est aussi signataire d'un accord similaire.


Les garanties et le suivi de la Caisse


La part du Crédit Agricole dans les prêts conjoints d'appui à l'auto-emploi accordés aux jeunes entrepreneurs est couverte par le fonds de garantie géré par Dar Addamane à hauteur des deux tiers. Le tiers restant est couvert par les garanties habituellement retenues par le Crédit Agricole et portant exclusivement sur les éléments constitutifs du projet. A cela s'ajoutent la souscription au profit de la Caisse "d'une délégation d'assurance décès-invalidité couvrant la totalité du prêt conjoint, ainsi qu'une délégation d'assurance vol-incendie, le cas échéant", selon la note d'application de ladite convention.
Par ailleurs, et pour s'assurer de la bonne marche du projet financé, la Direction de la CNCA prévoit au moins quatre visites sur le terrain depuis la mise à disposition des fonds jusqu'au démarrage du projet.

Aniss MAGHRI

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