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Economie

Audit social
La démographie galopante handicape l’emploi

Par L'Economiste | Edition N°:1668 Le 23/12/2003 | Partager

. La tranche des jeunes entre 25 et 44 ans est la plus touchée. Les 3/4 des travailleurs ne disposent pas de diplômes et le 1/5 ont le niveau fondamental. Les services, premier secteur d’emploi en milieu urbainLe dernier tableau de bord social de la DPEG reconstitue une mosaïque alarmante de la situation sociale au Maroc. Un taux de chômage encore élevé, une forte précarisation du travail et un secteur informel prépondérant dans l’offre d’emplois non qualifiés. La démographie que connaît le pays depuis son indépendance est pour beaucoup dans cette situation, accélérant notamment le rythme de progression de la population active jeune. Donc, plus de demandeurs d’emploi que ne peut absorber la faible croissance économique. La population active occupée a atteint en 2002 les 9,5 millions de personnes, et connaît une croissance moyenne faible de 2,9% depuis 1982. L’emploi des femmes, 4,2% par an, croît plus rapidement que celui des hommes avec 2,5%. La seule note positive soulignée par le rapport est la réduction du travail des enfants, qui passe dans l’urbain de 3,4 à 0,9% entre 1982 et 2002, notamment pour les filles (de 9 à 1,1%). Et ce, grâce à leur scolarisation et la lutte continue contre le travail des mineurs. Sur la même période, en milieu rural, et malgré la baisse enregistrée de 11 à 5,5%, la part des filles reste importante avec 7,9% en 2002.Les jeunes de 15 à 45 ans ne représentent plus que 15,4% de cette population active en milieu urbain contre 21% en 1982. Cela tient essentiellement au rallongement des années d’études et la difficulté grandissante d’accéder à un emploi. La tranche des 25 à 44 ans représente, quant à elle, 58,6% des actifs occupés. Et les travailleurs de plus de 60 ans sont passés de 5,1% en 1984 à 4,5% en 2002 en milieu urbain.Le rapport constate également le faible niveau de qualification des occupés. En 2000, les trois quarts d’entre eux n’ont aucun diplôme et environ le 1/5 n’ont que le niveau de formation fondamental. Les sans-diplôme en milieu urbain atteignent 52,7% en 2002 contre 68,2% en 1985. Ceci dénote d’une formation progressive, mais très lente, des ressources humaines. Aussi, les travailleurs peu qualifiés ont reculé du tiers au cinquième entre 1985 et 2000 alors que celle des techniciens est passée de 2,1 à 7,6%.La structure de l’emploi souligne une baisse du salariat de 45,4 à 38% entre 1982 et 2002, lorsque la part des aides et apprentis augmentait de 24,3 à 31,1%. Ce qui montre une précarisation plus forte du travail. La fraction des employeurs le confirme, elle a stagné autour de 2%. Le secteur privé emploie plus de 89% en 2002 des occupés contre 10% pour le secteur public.En milieu urbain, la tranche des salariés recule de 6 points à 60,8% entre 1982 et 2002. La baisse concerne beaucoup plus les hommes que les femmes qui augmentent de 66 à 75,9%. Parallèlement, la part des aides et apprentis dans l’emploi féminin, en milieu urbain, a baissé de 15,5 à 6,5%, alors que celle des indépendantes est passée de 5,3 à 14,9%.En milieu rural, le salariat a baissé de 28,4 à 17% sur la même période. La catégorie des aides et apprentis représente 53,2% des occupés en milieu rural et 84,4% de l’emploi féminin rural en 2002.En ce qui concerne l’emploi par groupe de professions en milieu urbain, la part du corps législatif, des élus et des dirigeants administratifs ou d’entreprises privées se réduit de 2,4 à 1,9% entre 1994 et 2002. Elle baisse chez les femmes de 1,1 à 0,6%. La proportion des exploitants (agricoles, pêcheurs ou forestiers) en milieu rural a augmenté durant la même période de 14,3 à 22,4%.Le rapport souligne également que la part des ouvriers et manoeuvres qualifiés s’est réduite de 21,2 à 16,1% au niveau national, et de 32,4 à 28,3% en milieu urbain.La répartition des occupés par activité en milieu urbain montre une baisse de la part de l’industrie manufacturière de 7 points entre 1982 et 2001, pour se situer à 21,2%. L’administration générale emploie moins avec 9,9% en 2002 contre 18,5 en 1982. La branche des services, quant à elle, offre de nouveaux métiers plus diversifiés, et a connu une progression de 11 points, se situant à 26% en 2002. Elle devient ainsi le premier secteur d’emploi en milieu urbain.En 2002, le taux d’activité des femmes est de 24,9 contre 77,3% pour les hommes. En milieu urbain, les femmes subissent le chômage plus intensément que les hommes (24,2 contre 16,6%) quel que soit le niveau d’instruction. Ce taux atteint 38,9% pour les citadines ayant un niveau scolaire supérieur contre 23,3% pour les citadins du même niveau.Aussi, malgré les mutations sociales, la division par genre dans le travail persiste encore. La femme rurale travaille plutôt en tant qu’aide familiale, puis en tant que salariée. L’étude fondée sur l’enquête budget-temps des femmes de 1995 démontre que même si elles travaillent plus longtemps que les hommes, leur travail est non comptabilisé (travaux domestiques, prise en charge des enfants, des malades, des personnes âgées…) et par conséquent non rétribué.


Chômage

En 2002, le chômage concernait 11,6% de la population active, soit une baisse de 0,9 point par rapport à 2001 et de 4,4 points par rapport à 1995. En milieu urbain, ce taux est passé de 22 à 18,3% entre 1999 et 2002, année qui a connu une création nette de 169.000 emplois dans l’agriculture, forêt et pêche (3,1%), l’industrie (4,8%), bâtiments et travaux publics (2,2%) et les services (14,4%). Le chômage urbain a baissé chez les 15 à 24 ans et les 25 à 44 ans de 37,8 à 34,2 et de 21,7% à 17,5% respectivement. Ces taux restent cependant élevés en comparaison avec 1996 où ils atteignaient 32 et 16,9%.En milieu rural, le chômage a baissé de 4,5 à 3,9% entre 2001 et 2002. Cette dynamique est due à la bonne campagne agricole 2002/2003, puisque 83,7% des emplois ont été créés dans le secteur agricole.Bouchaïb EL YAFI

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