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Enquête

Audiovisuel: Les professionnels inquiets pour l'avenir de leur activité

Par L'Economiste | Edition N°:520 Le 02/06/1999 | Partager

· Trouver des moyens plus adaptés pour financer les programmes TV
· Les producteurs et le SAP se réuniront en fin de semaine


Le manque de visibilité persiste sur l'avenir de la production audiovisuelle privée, plus particulièrement pour la première chaîne de télévision publique (TVM). C'est en tout cas ce qui se dégage des propos de plusieurs professionnels de la production. L'enjeu est de taille. Il s'agit de se donner les moyens pour produire les meilleures images de proximité et séduire un public qui préfère se brancher sur des chaînes satellitaires. Comment alors s'y prendre vu le peu de moyens dont disposent les chaînes pour acquérir des programmes conçus par des producteurs. L'appel d'offres lancé par le Service Autonome de Publicité (SAP), dont la date de dépôt des dossiers de préqualification a été reportée au 30 juin, ne semble pas d'ailleurs satisfaire les motivations de plusieurs producteurs(1). A ce niveau, M. Mustapha Alaoui, directeur général du SAP, parle du lancement d'un processus de mise à niveau de la production sur TVM. Certaines maisons se demandent si la régie publicitaire de la chaîne de Dar El Brihi est habilitée à lancer une telle opération. En principe, ce rôle incombe à la TVM, premier commanditaire de programmes.
Egalement concernée par cet appel d'offres, la Chambre Marocaine des Producteurs de Films estime qu'"il va dans le sens de la transparence et correspond à la démarche normale d'octroi des marchés de l'Etat". "D'ailleurs, les programmes de fiction (feuilletons, séries...) devront être le cheval de bataille d'une chaîne locale", comme le soutient M. Sarim Fassi Fihri, directeur général de MPS Productions.

Mode de financement


Une rencontre est prévue cette fin de semaine entre le SAP et les producteurs pour mieux comprendre l'utilité et les objectifs de l'appel d'offres et du nouveau contrat quadripartite. "C'est le monde à l'envers. Au lieu de réfléchir en concertation sur les modes de financement de la production les plus adaptés au contexte local, nous commençons par les détails techniques", soulignent Mme Anne-Marie Monnin et M. Hicham Ouadghiri, respectivement directeur général et concepteur-réalisateur à l'agence Action Productions. Même son de cloche chez M. Farid Benyakhlef, directeur général de Recom Productions. "Cette initiative ne tient pas la route. Le vrai problème est que les agences de production endossent le métier d'agence conseil en communication et se substituent au SAP dans la mesure où elles démarchent les annonceurs pour assurer les charges de la production". Dans ses recommandations pour relancer la production, l'APA (Association des Producteurs de l'Audiovisuel) décide de fixer les tarifs et la durée des espaces publicitaires selon le coût des émissions et distinguer le sponsoring des programmes de la publicité classique.

Mohamed DOUYEB

(1)Cf L'Economiste n°501 du 7 mai 1999.


Le contrat quadripartite: La pomme de discorde


Outre l'appel d'offres, les dispositions inscrites dans le contrat quadripartite retiennent l'attention et soulèvent même de vives réactions. Dans ce contrat, figure "l'agence conseil en communication en qualité de cocontractant, sans que cela ne puisse être justifié", déplore l'Association des Producteurs de l'Audiovisuel (APA). Pour l'heure, les publicitaires n'ont pas encore réagi officiellement à cette décision. Mais dans les coulisses, il est indiqué que les agences ne seront pas intéressées pour signer un tel contrat. "Quel est l'intérêt", avancent certaines d'entre elles.
De leur côté, les producteurs vont plus loin, ils estiment que dans le cas de son entrée en vigueur, le contrat sera la cause de l'élimination de plusieurs sociétés. Selon ces derniers, une entreprise de production privée ne peut limiter son action de prospection à une seule agence de publicité et un annonceur unique. C'est ce que prévoit le contrat. Jusqu'à présent, les annonceurs n'ont pas formulé de commentaires sur cette nouvelle disposition. Les agences de production se demandent comment procéder en cas de changement de l'agence et de l'annonceur. Ce qui est fréquent, ajoutent-ils. Il faut noter à cet égard, que ces derniers sont intéressés de diffuser des messages publicitaires pour une période courte. Faut-il signer à chaque fois avec une nouvelle agence?
Le contrat prévoit aussi la diffusion d'un seul spot publicitaire. "Ce qui n'est pas suffisant pour réaliser une émission par exemple", indique l'APA. Elle déplore ne pas avoir été impliquée dans la rédaction du contrat quadripartite et propose une autre formule. Il s'agit d'introduire des contrats flexibles dont la période sera déterminée, selon le genre de programmes et du montant des investissements alloués.
Reste maintenant à aboutir à un consensus entre le SAP et les producteurs. La rencontre prévue cette fin de semaine apportera peut être des solutions. L'accent sera mis sur la délimitation de la mission du SAP consistant à vendre des espaces classiques et ceux offerts par les programmes des sociétés de production, ces dernières étant la plupart du temps à la recherche de sponsors.

M. D.

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