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    Entreprises

    Au petit déjeuner d'Enjeux : La crise financière occulte la gestion des hommes

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    En ces périodes d'incertitudes, d'autres voies de management doivent être explorées pour déterminer les difficultés, trouver des remèdes. La gestion des ressources humaines en est une. "Enjeux" a réuni autour de son "Petit déjeuner" des chefs d'entreprises et des cadres pour réfléchir sur ce thème. Cependant, les débats ont dérivé sur les problèmes de financement.

    Le management des hommes en période de crise, le sujet est d'actualité, parce que, "le mot crise inquiète", comme l'a souligné M. Abdelaziz Alami, Président Directeur Général de la BCM, animateur des derniers débats d'Enjeux. Il a fait remarquer que la situation actuelle de l'entreprise résulte de plusieurs facteurs, entre autres la concurrence agressive des pays du Sud de l'Europe, la compétitivité menacée par les coûts des facteurs de production et la cherté du crédit, la sécheresse, le retard des paiements des administrations, la récession sur le plan international... et l'inadéquation entre la formation des hommes et les besoins. Autant d'éléments qui peuvent négativement influer sur les résultats de l'entreprise.

    Cependant, M. Alami recommande de dépasser le stade actuel d'analyse et d'adopter une autre démarche. La raison est qu'il y a une mutation sociale et économique tant à l'échelon national que du point de vue international. Le manager doit alors disposer de deux qualités: la capacité à prévoir la crise (le changement) et la capacité à gérer le changement.

    Ainsi, précise-t-il, l'entreprise performante doit pouvoir s'adapter en innovant. Innovation qui découle de la capacité des dirigeants à réagir, d'un management adéquat. En effet, "pendant les périodes de difficultés, la sauvegarde de l'entreprise repose sur le management des hommes, le management en général", a-t-il souligné. Ce management s'appuie sur plusieurs éléments, entre autres la préservation d'une structure souple et flexible, la rapidité d'exécution et la motivation des hommes. Parce que "l'entreprise doit être en bonne santé humaine", devait souligner le Président Alami. Il a d'ailleurs mis l'accent sur la solidarité des hommes en période de crise et sur la nécessité d'une union autour des dirigeants dans le but de mieux relever les défis.

    Dans tous les cas, la crise a quelque chose de salutaire, a relevé le conférencier. Elle favorise une remise en question des choix effectués, de la gestion en elle-même. Parce qu'"il y a des éléments de crise que l'on peut imputer à notre propre comportement", reconnaît-il. Il se pose la question de savoir s'il n'y avait pas de laxisme dans la gestion pendant les périodes de prospérité, relativement à la politique de production et de commercialisation, "vendre n'importe quoi à n'importe quel prix", selon ses propres termes. Un bon manager, une bonne équipe, en somme, un bon management devrait permettre d'éviter ces erreurs.

    Le problème de la formation a ainsi été soulevé. Dans ce cadre, M. Alami a précisé que ce sont les entreprises qui doivent s'en charger. "Il revient tout simplement à l'Etat d'instruire", indique-t-il. Le Président de la BCM a bien précisé que les hommes de valeur ne manquent pas. Ce sont les hommes de métier qui font défaut. Le problème se situe, selon lui, sur la définition des besoins au sein de l'entreprise. Et l'animateur de souligner que le pays dispose du potentiel nécessaire pour faire face aux besoins à court et long termes.

    C'était une occasion, comme parmi tant d'autres, pour les chefs d'entreprises, les managers d'approfondir le débat dans ce domaine, de "faire leur autocritique", de sortir des sentiers battus (les problèmes de financement), de se poser des questions sur "leur" gestion des ressources humaines et sur la qualité de leurs hommes.

    Cependant, les intervenants sont encore, pour la plupart, allés dans le sens de la crise financière, sollicitant plus de collaboration de la part des banques, critiquant le niveau élevé du coût du crédit ou soulevant la situation de la femme dans la société marocaine. Comme cela a été souligné dans l'assistance, "la difficulté des débats à rester dans le thème fait remarquer que l'homme n'est pas le souci majeur de l'entreprise", alors qu'il en est l'élément fondamental.

    M. Alami a su sortir lui aussi du thème quand il le fallait. Il reconnaît ainsi que les taux d'intérêt sont lourds. Mais en contrepartie, le prix d'acquisition de l'argent est aussi élevé. Il a souligné en outre qu'en l'absence de marché financier, le système bancaire a contribué en grande partie au financement de l'économie. Mais précise-t-il, "nous sommes à la limite d'un système". Et de poursuivre. "il est temps que le marché financier s'organise, que les entreprises puissent accéder aux financements extérieurs".

    A.D.N.

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