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    Economie

    Au cœur de l’industrie du sang

    Par L'Economiste | Edition N°:2833 Le 04/08/2008 | Partager

    . 20% du sang collecté provient de donneurs réguliers. Le Maroc en dessous de la norme . Eté et Ramadan, des périodes de pénurie Les Marocains ne sont pas des donneurs réguliers. Seulement 20% des donneurs ont récidivé en 2007 et ont fait acte de générosité. Le manque de régularité chez les donneurs provoque une carence en sang à certaines périodes de l’année. «L’été et le mois de Ramadan sont les périodes les plus creuses pour la collecte du sang», souligne Abdeljalil Ouanaïm, directeur adjoint du Centre national de transfusion sanguine.Généralement, toute personne en bonne santé appartenant à la tranche d’âge entre 18 et 60 ans peut donner son sang. Parmi 16,3 millions de donneurs potentiels, 186.000 seulement sont passés à l’acte en 2007. Le nombre de donneurs ne dépasse guère les 1,2% des donneurs potentiels, ce qui reste en dessous de la norme fixée par l’Organisation mondiale de la santé qui est de 5%. Ceci mène à poser la question sur l’efficacité des démarches entreprises pour la sensibilisation de la population à la nécessité de donner son sang.Les médecins expliquent que la fréquence des prélèvements de sang ne doit pas être supérieure à 5 fois par an pour les hommes et 3 fois par an pour les femmes. L’intervalle entre deux prélèvements doit être égal à 2 mois au moins pour les hommes et 3 mois au moins pour les femmes. Les donneurs n’ont ainsi rien à craindre du moment qu’ils respectent cet intervalle. Les donneurs sont répartis en 70% de donneurs volontaires (70% collectés par les équipes mobiles et 30% sur sites fixes) et 30% de dons par compensation. Quand il y a une carence et qu’un malade a besoin de sang, on exige de sa famille de donner du sang pour compenser le sang utilisé. C’est une circulaire de 1960 qui exigeait, avant toute intervention chirurgicale, de tout malade se présentant à l’hôpital, d’avoir une garantie de deux donneurs. «Malgré son caractère contraignant, ce procédé a été retenu puisqu’il permet de sauver des vies», souligne Ouanaïm. D’après lui, le Centre national de transfusion sanguine a arrêté ce type de don. Depuis le début de cette année, une circulaire ministérielle l’a formellement interdit. Ceci place le Centre national de transfusion sanguine dans une situation délicate. Le don par compensation représente un peu plus de 30% du sang collecté. «Pour compenser ce manque à gagner, nous sommes en train de développer le volet sensibilisation qui va permettre de recruter davantage de donneurs», ajoute Ouanaïm.Le recrutement des donneurs est basé sur un programme de promotion de dons de sang à l’échelle nationale et régionale. Au niveau national, le Centre national de transfusion sanguine organise des séminaires de formation sur la promotion du don et des campagnes de sensibilisation au don de sang. Affiches, dépliants, spots radiophoniques, véhicules de collectes sont également prévus lors de cette campagne. Depuis novembre dernier une note a été envoyée à toutes les délégations relevant du ministère des Habous, dans laquelle il est demandé aux imams d’inciter les fidèles à donner leur sang. Dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaïr des collectes de sang seront organisées chaque vendredi au niveau des mosquées. Cette collaboration sera couronnée par la signature prochaine d’une convention de partenariat dans le but de généraliser cette expérience aux autres régions du royaume. «Il y a un manque flagrant au niveau de la sensibilisation. Inculquer la culture du don à la population fait défaut», explique Ouanaïm. Dans ce sens, le Centre national de transfusion sanguine a lancé un autre projet en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. Il a pour but d’inculquer aux lycéens la culture du don à travers des visites aux centres de transfusion. Pour continuer à assurer l’approvisionnement des hôpitaux en sang, le Centre national de transfusion sanguine s’est tracé, depuis 2007, un objectif ambitieux. «Nous avons fixé le nombre de dons à réaliser pour tous les centres de transfusion sanguine», explique Ouanaïm. Ce seuil a été fixé sur la base d’une norme de l’OMS à laquelle nous avons ajouté 30% puisque c’est une norme ancienne. Elle date de 1991. Pour le moment, 3 centres réalisent et dépassent l’objectif tracé, celui de Casablanca, Rabat et Oujda. Les autres devront suivre dans le deuxième semestre de cette année. Durant la période estivale ainsi que le mois de Ramadan, le manque de dons se fait ressentir davantage. La meilleure façon pour garantir des dons tout au long de l’année est de fidéliser les donneurs. Ceci va permettre de les rendre plus réguliers et seront ainsi répartis sur les différentes périodes de l’année. Les dons spontanés et réguliers vont ainsi pouvoir garantir l’autosuffisance des structures hospitalières.Si le problème du don durant le mois de Ramadan a pu être cerné par les associations de donneurs qui organisent l’opération de collecte avec de fortes campagnes de sensibilisation, celui des mois de juillet et août continue à être posé. Pendant cette période, il est plus difficile de répondre au besoin. Surtout que le mois de Ramadan coïncide cette année avec le mois de septembre juste après les vacances, période creuse en termes de don. Cet été, le Centre national de transfusion sanguine lance une large campagne de sensibilisation pour promouvoir le don de sang. La collecte sera assurée dans tous les centres régionaux et à travers les unités mobiles.


    Chiffres clefs

    Le corps humain contient environ 4 litres de sang chez l’homme et la femme. Quand un patient en perd 40%, sa vie est en danger. Un prélèvement est compris entre 420 et 470 millilitres, ce qui représente 7% du sang de l’organisme. Le système national de transfusion sanguine est composé de 16 centres régionaux, de 13 banques de sang et de 24 antennes qui sont sous la dépendance du Centre national de transfusion sanguine. Le risque d’infection par le VIH est estimé à 1 transfusion sur 4 millions.


    Types de don

    Don de sang total: Une quantité de 400 ml de sang est prélevée dans une poche contenant une solution anticoagulante. Le prélèvement dure environ 10 à 15 minutes. Don de plasma: Le sang total est prélevé à l’aide d’un appareil d’aphérèse qui sépare le plasma des globules rouges et des plaquettes. Le plasma est récupéré dans une poche de prélèvement, les globules rouges et les plaquettes sont retournés au donneur. Ce type de don dure environ 45 minutes et chaque individu peut donner jusqu’à 20 fois par an avec un intervalle de 2 semaines. La quantité prélevée est de 600 ml.Don de plaquettes: Le même procédé que le don du plasma. Les plaquettes sont récupérées dans une poche et les globules rouges et le plasma sont retournés au donneur. Ce don dure environ 2 heures. Chaque individu peut donner 5 fois par an avec un intervalle obligatoire de 8 semaines. La quantité prélevée est de 600 ml.Don autologue: Il est possible dans des circonstances particulières (en cas d’intervention chirurgicale programmée à une date précise) de se faire transfuser par son propre sang. Il est généralement possible de prélever jusqu’à 2 unités (400 ml) de sang total au cours des 48 heures qui précèdent l’opération.Saad Souleymane BOUHMADI

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