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Politique

Attentats de Casablanca
Driss Jettou: “Chacun doit définir sa part de responsabilité”

Par L'Economiste | Edition N°:1524 Le 23/05/2003 | Partager

. Le premier ministre appelle à une remise en cause des lectures erronées de la démocratie et de la libertéAu Parlement, Driss Jettou a été méthodique. A la Chambre des Conseillers, son intervention était plus formelle. A la Chambre des Représentants, elle était plus corsée. Le Premier ministre a voulu être plus virulent que la veille. Et pour cause, les députés représentent directement la population. Son discours devait donc être plus incisif pour réveiller les consciences. Avec force et détermination, il est monté de plusieurs crans dans son approche de la tragédie qui a déchiré Casablanca et le pays entier. Objectif: frapper les esprits. Il s'agit d'interpeller les différentes composantes de la société pour une remise en cause claire et nette de certaines lectures erronées de la démocratie. L'heure est donc à l'autocritique. Il est nécessaire de s'arrêter pour mieux faire avancer le projet démocratique. Ainsi, le Premier ministre a reconnu officiellement et devant le Parlement, que le processus démocratique et les acquis en matière de liberté ont souffert de lacunes. Ils n'ont pas été accompagnés d'un encadrement suffisant et sain pour l'ensemble des composantes de la société. Le niveau d'analphabétisme élevé de la population n'a pas arrangé les choses. Au contraire, il a facilité la diffusion et la propagation d'idées destructrices. Incontestablement, cette tragédie constitue un tournant pour tous. Chacun doit définir sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé. Il s'agit particulièrement de déterminer les causes profondes pour que des jeunes soient transformés en bombes humaines qui fauchent la vie à d'innocents citoyens. Driss Jettou a été clair: “Notre analyse de ces événements douloureux nous amène à nous interroger sur la part de responsabilité des composantes politiques, associatives et médiatiques”. Pour lui, des organisations politiques, des ONG et une partie de la presse ont érigé le dénigrement et les attaques contre l'autorité comme base de leurs discours et écrits. “Elles portent atteinte aux institutions, diffament des personnes et des responsables, s'en prennent aux autorités, amplifient les problèmes sociaux, sous-estiment les politiques et les réalisations, sèment le doute dans les institutions…”, égrène-t-il. Pour lui, ces auteurs ignorent l'impact de ces positions quotidiennes sur la réputation de notre pays, sa stabilité, son tourisme, son économie et l'investissement qu'il peut drainer.Toutefois, le Premier ministre précise que ces attaques systématiques sont souvent de bonne foi, mues par la volonté d'élargir le champ de la démocratie et de la liberté. “La mauvaise interprétation des libertés et des droits de l'homme a amené certaines personnes à s'attaquer aux symboles de l'Etat et à ses institutions”, martèle-t-il. Ces comportements qui se servent de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme comme prétextes, nuisent aux fondements de l'Etat et au respect de la loi. En d'autres termes plus pratiques, ils finissent par affaiblir l'autorité et démobilisent ceux censés l'exercer. La hantise de découvrir son nom ou sa photo publiés dans un journal ou inclus dans un communiqué fait réfléchir plus d'un avant d'intervenir, rappelle un député qui était d'accord avec l'analyse du Premier ministre. Pour lui, il est urgent de rétablir l'autorité de l'Etat, à tous les niveaux de la vie quotidienne.


L'état des «pistes»

Les services de sécurité ont procédé à des arrestations à Tanger, Tétouan, Oujda, Fès, Marrakech, Agadir et Meknès. Au moins une centaine de personnes sont en garde à vue actuellement. Vraisemblablement, les suspects ne seront pas transférés à Casablanca ou Rabat. Ils sont interrogés sur place. En fait, il s'agirait de personnes étrangères aux attentats de Casablanca: pur «nettoyage» donc. Certains observateurs commencent à douter ouvertement du professionnalisme des kamikazes, ou même des commanditaires. Selon des sources spécialisées, les groupes terroristes islamistes fonctionnent en petites cellules, totalement indépendantes les unes des autres. Comment un kamikaze a-t-il pu identifier l'ensemble de ses complices? s'interrogent-ils. Nous sommes donc face à un groupe tout à fait nouveau, soit d'amateurs.De même commence-t-on à explorer les pistes «internationales»: connexion avec des groupuscules terroristes algériens? Commanditaires Emirats? Liaisons avec des organisations en Belgique? En France?A. E. H.

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