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Assurance/Afrique: «Libéralisation... il ne faut pas être naïf»Entretien avec Bakary Kamara, directeur général d’Africa-Re

Par L'Economiste | Edition N°:2255 Le 14/04/2006 | Partager

La compagnie africaine de réassurance, Africa-Re, a inauguré jeudi 13 avril son nouveau siège régional à Casablanca. Celui-ci sert de hub pour l’ensemble des marchés de l’Afrique du Nord. Dans cet entretien, son DG, Bakary Kamara, analyse les enjeux de la réassurance en Afrique et dans le monde. . L’Economiste: Comment se positionne Africa-Re sur le marché régional et international? - Bakary Kamara: Nous sommes actuellement le premier réassureur africain. Nous nous positionnons mondialement à la 47e place. Nos fonds propres s’élèvent à 170 millions de dollars (1,53 milliard de DH) et notre chiffre d’affaires à 330 millions (2,97 milliards de DH). Notre position au Maroc, qui détient 7,5% du capital, tourne autour de 37 millions de dollars. Mais nous sommes déterminés à la renforcer en profitant du potentiel de croissance offert par les chantiers d’investissement tous azimuts et les réformes réglementaires en perspective.. Quelle place occupe l’Afrique sur le marché mondial de la réassurance?- La réassurance internationale totalise des primes de l’ordre de 800 à 900 milliards de dollars. La part de l’Afrique s’élève à 7,5% alors que sa part sur le marché des assurances ne dépasse pas 1%. La moyenne mondiale des cessions en réassurance avoisine 25%, en Afrique ce taux s’élève à plus de 35%. Ces chiffres témoignent de la forte dépendance des assureurs africains à la réassurance. Et pour cause, les marchés africains sont, d’une part, dominés par des petites structures avec des assises financières généralement très réduites. Les compagnies sont, par conséquent, sous-capitalisées et comptent totalement sur la réassurance. Ce n’est peut-être pas le cas au Maroc qui dispose de la plus forte concentration de compagnies d’assurances en Afrique. L’assise financière y est de facto assez solide. D’autre part, les risques substantiels liés aux chantiers d’investissement en Afrique exigent l’intervention d’un réassureur de taille pour combler la petitesse des compagnies d’assurance locales.. Etant donné que la réassurance aboutit de toutes les manières chez les opérateurs internationaux, quel est l’intérêt de passer par vos services?- L’idée derrière la création de l’Africa-Re était de freiner l’évasion des capitaux africains issus de l’assurance sous prétexte que les primes de réassurance atterrissent in fine sur le marché mondial. Notre rôle en tant que réassureur régional est de retenir les primes de réassurance pour alimenter l’investissement. Ensuite, assurer un transfert de savoir-faire au profit de nos marchés. Et enfin, couvrir les risques régionaux de moindre importance que la réassurance mondiale n’est pas en mesure de prendre en charge. . Vous parlez de rétention des primes. C’est tout de même pas contradictoire avec la tendance de libéralisation?- Cette tendance doit s’établir d’une manière cohérente. Autant les Occidentaux privilégient la libéralisation des marchés des services, en particulier celui des assurances, autant ils continuent à interdire l’accès aux produits agricoles issus des pays africains. Je ne suis pas contre la libéralisation, mais il ne faut pas l’aborder avec naïveté. Dans ce jeu, ce qui prime c’est les intérêts. Il faudrait donc instituer un environnement concurrentiel sur ce marché en engageant une relation gagnant-gagnant avec les leaders mondiaux du secteur. . Comment expliquez-vous l’élargissement du spectre de la réassurance à des risques réputés inassurables jusque-là? - Cela témoigne de la bonne situation financière des réassureurs. D’ailleurs, le secteur de la réassurance a pu couvrir les sinistres de taille au cours des dernières années sans qu’il y ait de faillites à la chaîne. Les réassureurs ont généralement tendance à surestimer les coûts des sinistres pour garantir des matelas financiers conséquents leur permettant de couvrir des sinistres de grande ampleur. C’était le cas, en l’occurrence, au Maroc lors de l’incendie à la raffinerie de Mohammédia. Mais également à Skikda en Algérie où nous avons assumé le plus gros sinistre en Afrique avec une couverture de 500 millions de dollars. . Il existe cependant certains risques conséquents comme le terrorisme, qui restent difficilement couvrables?- Il n’y a pas de risque non assurable. Il faut juste en payer le prix. La couverture contre un risque terroriste, par exemple, est résolument hors de portée des opérateurs économiques, ce qui nous pousse à proposer un système de réassurance à deux étages. Les compagnies prendraient en charge les sinistres jusqu’à un certain niveau et passeraient le relais aux pouvoirs publics qui seraient les garants des tranches supérieures. Ainsi, la responsabilité d’assurer le patrimoine national doit incomber non seulement aux assureurs, mais les Etats doivent aussi intervenir en dernier ressort.. Quelle est la structure de vos placements au Maroc et à l’échelle continentale? - La solidité d’un réassureur se mesure par sa célérité dans la couverture des sinistres. Nos placements doivent donc être orientés vers des investissements facilement réalisables pour garantir cette réactivité. Ceci étant, les placements immobiliers ne nous permettent pas d’atteindre cet objectif. Nous venons d’en réaliser quelques-uns mais à une échelle réduite. Nous ne voulons pas non plus nous engager dans des placements boursiers en raison des pertes colossales générées par la crise financière de 2002. Nous sommes tenu de rechercher des placements avec un répondant financier régulier. Au Maroc, nous disposons d’environ 36 millions de dollars placés chez les compagnies d’assurance et 30 millions sous forme de dépôts à terme dans les banques marocaines.


Fiche technique

CRÉÉE en 1976, Africa-Re remplit ses fonctions de réassureur au profit d’une centaine de compagnies d’assurance et de réassurance appartenant à 36 pays africains. Elle se réassure elle-même auprès de leaders mondiaux notamment Swiss-Re et Munich-Re. Son système de gouvernance repose sur un conseil d’administration composé de 12 administrateurs. Son siège se situe à Lagos au Nigeria et elle dispose de 5 bureaux régionaux à Abidjan, Le Caire, Casablanca, Saint-Louis (Iles Maurice) et Johannesburg.. La réassurance: Une activité cycliqueLA réassurance internationale est soumise à une succession de cycles. Nous sortions en 2001 d’un cycle doux où l’offre était supérieure à la demande et par conséquent, les taux et les prix étaient revus à la baisse. C’était le cycle le plus long de l’histoire récente de la réassurance. Il avait commencé au milieu des années 80 et s’est terminé juste avant les événements du 11 septembre, qui sont d’ailleurs intervenus pour le précipiter. L’effet de cet événement a été exacerbé par la crise boursière de 2002, qui a plombé les placements financiers de la réassurance. Les deux sources de revenus du secteur se sont ainsi taries forçant un retour aux fondamentaux. L’ensemble de la réassurance internationale a revu ses prix à la hausse.Propos recueillis par Mohamed BENABID et Nouaïm SQALLI

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