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    Economie

    Assurance - maladie: Débats autour de la généralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Un truand aurait-il plus de droit qu'un malade? Un accusé choisit un avocat, le paye, ou l'Etat en désigne un d'office. Un malade paye ses soins, sinon l'Etat ne garantit rien.

    C'est un paradoxe que rappelait un professeur au CHU de Casablanca au XI ème congrès médical, organisé en ce début Décembre, par la Société Marocaine des Sciences Médicales.

    Tous ceux qui ne possèdent pas de " couverture " médicale peuvent un jour se retrouver à "nu", "indigents". Un marchand ambulant est " indigent " pour soigner une bronchite à 300 DH.

    Un avocat, un architecte le devient pour soigner une insuffisance cardiaque, subir des hémodialyses... S'il faut débourser 300.000 DH. La présence de représentants des assurances, du patronat, d'administrations concernées a permis de fixer quelques repères, quelques positions, alors qu'une loi cadre, pour la généralisation de l'assurance - maladie, sera probablement promulguée début 93 ( voir notre précédente édition ). Alors que chacun attend cette loi, depuis des années, les participants estiment sa promulgation inopportune.

    Le passage devant le parlement est jugé indispensable. "Par nature, un système d'assurance - maladie est l'objet de toutes les tentations, de toutes les fraudes, de tous les tiraillements", résume un médecin. "Chaque composante sociale doit être impliquée, responsabilisée dans son élaboration".

    Une autre idée force se dégage: le budget, les moyens actuels sont une donnée, une contrainte de calcul. Il faudra faire avec. Auparavant, le système de santé se cachait derrière le manque de moyens. Depuis l'arrivée du docteur Harouchi à la tête du MSP, la priorité est à la meilleure gestion de l'existant, des ressources actuelles. Un ménage marocain consacre 23 Dollars/an à ses soins, un américain 3.200 Dollars. Les écarts sont trop grands pour rattraper, imiter. Il faut donc imaginer. " L'administration a bien trouvé le moyen de financer la télévision, par 10 DH sur la facture d'électricité. Elle pourrait imaginer un moyen indolore pour la cause de la santé ", souligne un médecin.

    Les efforts d'imagination devraient porter sur deux populations distinctes: ceux qui ont peu de revenu qu'il faut assister, et ceux qui ont un revenu régulier pour qui il faut créer un système auto-entretenu.

    Les premiers étaient appelés " indigents ". La mode est à " économiquement faibles ", terme lancé par le D. Grefft Alami, et repris par ses confrères. Ces économiquements faibles étaient à hauteur de 50% des 45.000 patients au CHU de Casablanca. Les certificats d'indigence n'ont rien résolu: ceux ( les arrondissements ) qui les délivrent ne payent pas les factures. Une solution proposée est que les communes délivrent ces certificats et prennent en charge les soins de ceux qu'elles déclarent " indigents ". Une autre solution proposée consiste à prélever des montants ( 1% ) sur les médicament et de les reverser, comme subvention, à une caisse ad hoc. Certains encore souhaitent d'y adjoindre la TVA actuellement récoltée sur les médicaments. Le tout est de définir la " solidarité nationale " en faveur des plus démunis, son contenu. Pourquoi pas la santé, pour cette partie du moins. Pour ceux qui ne sont pas " économiquement faibles ", un système cotisations-prestations, économiquement viable est attendu. Le principe de la généralisation et de l'obligation est admis, sans aucune contestation. Le Ministère de l'Emploi compte sur la CNSS, à la gestion controversée, pour asseoir le système d'assurance - maladie, dans le secteur privé. Elle est surtout un cadre de " dialogue social ", " démocratique " par sa gestion tripartite. Le même discours est entretenu par les dirigeants des mutuelles des fonctionnaires, avec beaucoup de lyrisme. Les mutuelles couvrent 80% des fonctionnaires. L'obligation amènera les 170.000 réfractaires, et leurs cotisations. Un système dual se dessine: CNSS - privé, mutuelle-Fonction publique. Rien n'est avancé quant à l'efficacité de ces organismes qui étalent leurs intentions, mais rien sur leur efficacité.

    Aux assurances privées, qui couvrent avec leurs contrats groupes 270.000 salariés et 1,5 million de personnes avec leurs familles, il sera probablement laissé un strapontin, les régimes complémentaires.

    Khalid BELYAZID

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