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Assurance automobile
Pourquoi les tarifs ne baissent pas?

Par L'Economiste | Edition N°:1928 Le 30/12/2004 | Partager

. Les compagnies ont la possibilité de réduire de moitié les prix!. L’alignement des tarifs serait toléré par les autorités de tutelle. Libéraliser cette assurance pour faire éclore une réelle concurrenceC’EST la vache à lait des assureurs nationaux. La branche assurance auto (tourisme), chez nous, affiche l’une des plus fortes rentabilités au monde”. Le constat est d’un officiel au fait des performances et activités du secteur. Selon lui, “les tarifs d’assurances auto pratiqués sur le marché restent par conséquent trop élevés. Les assureurs ont la possibilité d’abaisser leurs prix!”. Une information qui a l’effet d’une bombe. Surtout pour un secteur qui a longtemps bataillé pour les hausses de tarifs mais qui, en revanche, s’est bien gardé de soulever le débat sur l’opportunité des baisses.Pour convaincre, cette source digne de foi divulgue un chiffre qui fâche car les compagnies d’assurances le gardent jalousement: le ratio combiné des sinistres par rapport aux primes tourne actuellement autour de 50% dans la branche auto. Niveau amené à s’améliorer davantage, puisque le volume des primes émises se développe plus rapidement que les indemnisations décaissées. Une première interprétation de ce ratio (voir graphique) indique que la marge dégagée par les assureurs sur les activités d’assurances auto est de 50%. A cela s’ajoute bien évidemment le produit des placements financiers. Une manne non négligeable car “les compagnies de la place ne déboursent en indemnités que 3 à 4% du volume global des primes émises annuellement”, selon notre source. Tout le reste est provisionné pour n’être décaissé que sur plusieurs années. Les provisions du marché au titre de cette activité atteignent environ 20 milliards de DH, qui rapporteraient un taux de rendement minimum de 3,25%*. De quoi financer largement les charges d’exploitation supportées et les commissions allouées aux intermédiaires. Autre argument qui milite en faveur d’une baisse des tarifs: la réduction rapide des prix des assurances complémentaires (vol, incendie, défense et recours…) depuis leur libéralisation en 2000. La moyenne des baisses observées se situe dans une fourchette de 30 à 60% par rapport aux tarifs pratiqués il y a près de 5 ans. La libéralisation de cette composante de l’assurance auto a en effet permis l’éclosion d’une réelle concurrence entre opérateurs. Pour ne pas perdre des parts de marché, les compagnies ont dû mettre en place des packages avec des prix personnalisés. Lesquels sont déterminés à partir de paramètres propres au conducteur et à sa voiture, comme l’âge, l’état du véhicule, les plafonds d’indemnisation souhaités, la région, l’ancienneté du permis… Puisqu’ils ont baissé les prix des complémentaires, les assureurs peuvent aussi faire preuve “d’ingéniosité volontaire” pour précipiter ceux de la responsabilité civile (RC). Même si cette autre composante reste toujours administrée. En fait, elle est obligatoire, mais rien n’empêche que ses tarifs ne baissent. Car la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) les homologue à partir des statistiques fournies par les compagnies. La libéralisation est d’ailleurs dans le pipe, mais des observateurs préconisent d’y aller rapidement pour forcer le pas aux assureurs. La RC est la variable qui pèse en fait le plus dans les prix, et donc capable d’infléchir rapidement les tarifs pratiqués. Beaucoup de relevés militent ainsi en faveur d’une baisse des tarifs auto. Pourquoi alors les compagnies traînent-elles les pieds pour revoir les grilles appliquées à la clientèle? Pire, “les tarifs sont quasi identiques sur le marché”, selon ce spécialiste. Est-ce une manière de dire qu’il y a entente sur les prix? En raison de l’inopérabilité du conseil de la concurrence et la timidité des associations de défense des consommateurs, la pratique serait-elle tolérée? D’ailleurs même la DAPS, qui doit en principe veiller aux respects des bonnes pratiques et d’une certaine éthique sur le marché, ne le fait pas. Et le client se retrouve en fin de compte seul face à “l’arbitraire” des compagnies d’assurances. Une situation qui agace beaucoup d’automobilistes, mais qui doivent s’y plier car la RC dans l’assurance auto est encore obligatoire. Et s’y dérober est un délit répréhensible par la loi. Une baisse des tarifs est-elle finalement envisageable en 2005? Des assureurs, dans l’embarras, se défendent par des arguments qui ne tiennent pas vraiment la route. Comme la non-répercussion des augmentations successives des primes de réassurance depuis 2002 ou encore la péréquation nécessaire entre les différentes branches, selon le pseudo-principe de mutualisation des risques de place. Ils avancent également que le système de bonus-malus est là pour rétribuer les plus disciplinés des assurés. Une pratique caduque qui ne profite pas réellement aux automobilistes. Son maintien est présenté comme une énième aberration du système d’assurances national.B.E.Y-----------------------------------------------------------------* Un taux minimum exigé par la réglementation pour la rémunération des produits d’assurance-vie. Les compagnies d’assurances effectuent donc des placements qui leur rapportent au minimum un taux de 3,25%

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