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Assistance technique: L’Etat, premier pourvoyeur de commandes

Par L'Economiste | Edition N°:3360 Le 13/09/2010 | Partager

. 31 milliards de DH d’importation de services en cinq ans. Etudes, conseils juridiques, missions d’experts,… L’ANNÉE 2009 a enregistré un volume d’importations des services de 56,6 milliards de DH, en progression de 5,3% par rapport à l’exercice précédent. Certes, on est loin de la croissance à 2 chiffres qui a marqué la période 2004/2008 où le taux dépassait les 14%. Néanmoins, l’évolution se trouve ainsi consolidée. Seulement, «la progression des importations des services a été stimulée principalement par le dynamisme des services commerciaux et gouvernementaux qui ont crû de 18,3%», relève le Conseil national du commerce extérieur (CNCE) dans son dernier rapport. Progression qui confirme aussi la tendance moyenne de la période 2004-2008, qui est de l’ordre de 14,5%. Derrière le vocable «services commerciaux » se cache en effet toute une panoplie de prestations comme les services à l’entreprise, le conseil juridique, les études de marché, les analyses de laboratoire, l’assurance, les licences mais aussi les études stratégiques, la formation et les missions d’experts, etc. Dans la nomenclature de la réglementation des changes, ces prestations sont classées dans la rubrique «assistance technique». Les dépenses liées à l’assistance technique ont connu une croissance exponentielle sur les 20 dernières années, passant de 231 millions de dirhams (1990) à 8,2 milliards en 2009. Cette explosion est à corréler avec la croissance des investissements directs étrangers (IDE). Sur la même période, les IDE sont passés de 1,9 milliard à 26,1 milliards de dirhams. Les transferts de l’assistance technique sont de fait, une forme de rémunération de l’investissement étranger. Les statistiques publiées par l’Office des changes ne donnent pas de ventilation mais l’on peut supposer que les commandes relatives aux études stratégiques, conseils juridiques et déplacements des experts, représentent l’essentiel des importations réalisées dans le cadre de l’assistance technique. Le gouvernement est l’un des gros pourvoyeurs des commandes en la matière. Outre les grands chantiers publics, l’envolée des achats des services est intervenue juste après la conclusion des accords de l’OMC et l’entrée en vigueur de l’accord d’association Maroc/UE. Mais, plus globalement, les programmes de développement des organismes internationaux ont été des catalyseurs du marché de l’assistance technique.Le phénomène a été aussi entretenu par le lancement de nombreux projets structurants dont le financement a été assuré dans le cadre de la coopération internationale. Le financement lié alimente les carnets de commandes de bureaux conseil et cabinets d’experts du pays du bailleur de fonds. Le Maroc a aussi mis en chantier, voire mené à terme plusieurs réformes dont l’apport de l’expertise étrangère a été déterminant. «Aussi, ne faut-il point s’étonner de voir les achats marocains fortement grimper», estime un responsable du Commerce extérieur.

Les plans sectoriels, une aubaine pour les cabinets étrangers
Le gouvernement est clairement aujourd’hui le plus gros générateur de commandes en matière d’études. Le recours aux experts étrangers sert parfois d’alibi pour faire passer (enjoliver?) une réforme. Peu de ministères échappent à cette «mode». Du tourisme à l’industrie, la plupart des plans sectoriels ont été élaborés avec la contribution de cabinets internationaux chèrement payés.Il suffit d’une lecture de l’évolution des dépenses dues au titre des achats des produits de l’assistance technique. Le coût de l’assistance technique étrangère est passé à 2 milliards en 2000 pour atteindre 4,2 milliards cinq ans plus tard.La même tendance à la croissance a été constatée par la suite. De sorte qu’au bout d’un quinquennat, ce dernier montant a été aussi multiplié par deux en passant à 8,2 milliards de DH.Mais, fait marquant, les services fournis aux entreprises ont accusé une baisse de 1,3% en 2009 alors qu’ils ont enregistré une progression moyenne de près de 20% sur la période 2004/2009. Ce qui laisse entendre que le développement des achats au titre de l’assistance technique aurait surtout profité à l’administration. Faute d’indications précises, on ne peut trancher. Toutefois, pris globalement, les services commerciaux et gouvernementaux représentent le premier contributeur à la croissance globale des importations avec 8,1 points. Leur part s’élève à 49,6% en 2009. Ils englobent, principalement, les importations des services fournis aux entreprises, la communication, l’assurance ainsi que les redevances et droits de licence. Parmi les autres services commerciaux qui se sont inscrits en baisse figurent la communication. Elle a régressé de 4%, après une hausse moyenne de 13,6% lors de la période 2004-2008. Quant aux services de redevances et assurances, leurs croissances ont été remarquables en 2009. Ils ont crû respectivement de 74% et 42,5% au lieu de 0,4% et 9,4%, durant la période 2004-2008. «A l’opposé, le secteur des transports a été fortement impacté par la crise économique mondiale. En accusant une baisse de l’ordre de 8,9%, il a retranché 3,5 points à la croissance globale des importations», constate le rapport du Conseil national du commerce extérieur. Cette contre-performance ne reflète ni le dynamisme du secteur, qui a enregistré durant la période 2004-2008 un niveau moyen de croissance de 14%, ni son poids dans les importations globales avec une part de 34,3%. Le même constat peut être fait pour les services de voyage. En 2009, leur contribution à la croissance globale des importations a été de l’ordre de 0,7% bien qu’ils représentent 16,2% du total de nos achats de services à l’étranger.Aziz GHOUIBI
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