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Economie

Assises nationales du tourisme
Qui doit prendre quelle décision?

Par L'Economiste | Edition N°:2421 Le 13/12/2006 | Partager

. Relations parfois tendues entre les élus, les walis et les professionnels. L’accord-cadre n’a pas tout prévuHasard de calendrier et hasard de lieu ou bien est-ce la baraka du royaume? Toujours est-il que c’est à Agadir à 24 heures l’une de l’autre que deux rencontres ont posé une question centrale de la vie de la nation : comment faisons-nous pour partager les pouvoirs entre les multiples cercles de responsabilité, de légitimité et de budget…? trois axes forts qui se croisent, mais pas toujours au bon moment ou ni au bon endroit. Et, pourtant, le pays tourne, ce qui veut dire qu’il y a un système «naturel» assez efficace pour le faire tourner. Est-il le meilleur ? est-il le plus économe en hommes, en temps et en argent? Questions intéressantes…. Que l’on aborde plus aisément sous l’angle unique du développement touristique qui est celui qui «tourne» le plus vite en ce moment.Prenons un exemple: si 40 hectares à très bon prix sont dégagés pour un programme touristique et qu’un investisseur local, qui est déjà de la partie, en demande 12, faut-il les lui vendre? Si oui, peut-être la ville, la région, et le pays prendront-ils le risque de morceler un programme qui n’était bon que par sa dimension, donc de tuer ce programme et le emplois qui vont avec. Si non, le maire (le président du conseil), le wali… vont être accusés de favoriser les grandes fortunes, les groupes étrangers… Politiquement, c’est intenable ! Si le maire et le wali sont d’avis différents, comment trancher la question assez vite avant que les investisseurs, petits ou grands, ne partent tenter leur chance ailleurs? Plus compliqué : dans les villes déjà touristiques comme Agadir, de nombreux petits opérateurs sont déjà installés sur d’excellents emplacements depuis longtemps; ils ont valorisé pendant des années les meilleurs emplacements, et c’était bien suffisant pour le nombre de touristes et les besoins qu’ils exprimaient. La Vision 2010 a provoqué une énorme rupture: tout explose, tout change d’échelle. Nos petits opérateurs ne peuvent pas tous suivre dans ce changement de dimension, ni sur le financement ni sur le changement de style de gestion. Que faire? Les expulser? Politiquement, c’est impossible à faire. Les garder? Mais alors, il n’y aura plus de progression et le Maroc retombera dans sa torpeur économique et sociale. En exproprier certains, laisser les plus forts continuer à grandir, pousser les plus audacieux à s’associer aux grands investisseurs… La gestion au cas par cas est très attirante, car elle est efficace, mais il y a un nombre incalculable d’embûches, y compris celle de donner un pouvoir trop grand à l’autorité qui va décider de telles discriminations. Car ce sont bien des discriminations condamnées par la loi.Encore plus sensible, parce qu’à la limite du tabou: les conflits de légitimité. Les élus locaux ont pour eux d’être élus justement; ils savent parfaitement que leur pouvoir est allé et ira encore en s’accroissant: ils ont bien compris tous les signaux royaux qui vont, sans varier, dans ce sens. Et ils savent s’en servir, y compris quand il s’agit de «casser les pieds» aux représentants locaux du pouvoir central, wali y compris, même si ces derniers sont nommés par dahir. Or les élus locaux n’ont pas les armées de compétences qu’ont les administrations déconcentrées. De plus, les élus sont fragiles face aux groupes de pressions: combien d’entre eux sont obligés de céder sur un marché ou une autorisation, simplement pour que les réunions du Conseil ne soient pas bloquées? Et inversement combien d’entre eux commercialisent leur signature, forts de l’immunité (de fait plus que de droit) que leur confèrent les urnes? Et comme si l’affaire n’était pas assez corsée, il faut multiplier par deux ou trois les possibilités de conflits en introduisant dans le processus le gouvernement central face aux élus locaux, les élus locaux face aux acteurs économiques, les acteurs économiques face à leur instances professionnelles, ces dernières face aux administrations centrales ou locales… et ainsi de suite.En fait, et les intervenants en conviennent, il n’y a pas de solution unique et standardisée: il ne faut pas s’attendre à ce que les élus aient la bride sur le cou, pas plus qu’il faut escompter que l’Etat va centraliser le secteur. Il faut bien reconnaître que les CRT, lien entre le central et le local, ne fonctionnent pas bien. Ce problème va-t-il envoyer tout le monde dans le mur, ou bien va-t-il naître une méthode encore inédite pour prendre les décisions collectives? Qui a la réponse?


Quid de l’après-Douiri?

L’accord-cadre auquel se réfèrent constamment les professionnels et l’Etat a été pensé pour résoudre ces questions, voire les solutionner avant qu’elles ne se posent. Quand il a été négocié, puis écrit en version définitive, il a été amputé de quelques organes de régulation, en particulier de l’instance centrale de décision : très efficace, mais incompatible avec les ambitions démocratiques du Maroc. Une vision capable de mobiliser des énergies, mais rien qui soit exorbitant du droit. Résultat: les hommes, leur caractère et leur engagement personnels vont compter d’avantage que le «plan», lequel n’existera pas en tant que tel. D’où une première crainte aujourd’hui : l’élan va-t-il souffrir du processus électoral? Toute la profession veut garder Adil Douiri, mais ce n’est pas à elle de choisir qui sera son ministre. Certes, Douiri est inscrit à l’Istiqlal, où l’on ne dit pas assez son rôle pédagogique en faveur du tourisme, justement. Mais le ministre n’est pas un élu et il n’est pas certain qu’il accepte de tenter un mandat lors de prochaines élections. Son père, M’hamed, était dans la salle : chez lui la recherche du mandat populaire est une seconde nature: il rajeunit à chaque campagne ! Il n’est pas sûr que ce trait de caractère s’hérite!Si après les élections, le Maroc fait un pas de plus et ne confie qu’à des élus les responsabilités ministérielles, que deviendra Adil Douiri? Son successeur ne va-t-il pas démonter ce qu’il a construit au ministère? Cela se fait beaucoup dans les gouvernements marocains… Les tentative de créer une voie parallèle, sur le modèle de l’ANRT ou de la Haca, à l’Office marocain du tourisme, ne sera-t-elle pas pire que le mal qu’elle prétend soigner, c’est-à-dire placer la politique touristique à l’écart des caprices des hommes et des urnes?Nadia SALAH

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