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    Asie: La recette-FMI contre le surendettement des entreprises

    Par L'Economiste | Edition N°:441 Le 11/02/1999 | Partager

    La restructuration des entreprises du Sud-Est asiatique pose encore problème. Dans l'incapacité de s'autofinancer et de recourir au secteur bancaire, ces entités s'enfoncent dans le surendettement. Sur la base d'expériences déjà vécues dans la région, le FMI sort ses recommandations sur les dispositifs à appliquer, mais surtout sur les erreurs à éviter.

    Reprise? Pas reprise? La situation des entreprises victimes du marasme du Sud-Est asiatique n'est pas définitivement réglée. Dans son dernier bulletin, le FMI met l'accent sur l'insolvabilité des entreprises exerçant en Asie et endettées. Ce sont spécialement les plus petites entités qui, exclues du marché de crédit bancaire et dans l'incapacité de s'autoalimenter, s'enfoncent dans le surendettement. Résultat: l'assainissement des bilans est devenue une opération miracle pour la plupart.
    Actuellement, les différentes firmes redoublent d'ingéniosité pour restructurer leurs dettes. Les défis à relever demeurent cependant de taille. Dans une étude récente du Corporate Debt Restructuring in East Asia (ou le Département du FMI qui suit de près la situation en Asie-Pacifique), le Fonds dégage des principes généraux à suivre en modèle dans la région.Premier constat: la restructuration au cas par cas sous la conduite des banques n'est pas possible. Pour cause: le manque d'expérience des institutions bancaires et le niveau bas de leur ratio de fonds propres.
    A cela s'ajoutent les méfaits des interventions de l'Etat dans le passé et son contrôle jugé laxiste. "Une vaste réforme est-elle aussi indispensable dans ce cas en raison de l'interdépendance des bilans des banques et des entreprises", est-il expliqué.
    L'étude détermine quatre volets pour réussir la restructuration globale. Figure en tête des recommandations, l'établissement du cadre macro-économique, fiscal et juridique nécessaire. Ce premier volet englobe notamment l'identification des entreprises et l'élaboration d'un dispositif approprié de l'intervention de l'Etat. Plusieurs scénarios ont été imaginés: Aide directe de l'Etat aux entreprises, recapitalisation directe des banques ou création d'un consortium de réalisation (CDR) qui rachèterait les créances douteuses aux banques et les négocierait avec les débiteurs. "Il sert de mécanisme de règlement à l'amiable des faillites en cas de défaillance des tribunaux", souligne l'étude.
    Sur la base d'expériences déjà vécues dans la région, le FMI a mis le point sur les modèles à appliquer et surtout les erreurs à éviter.
    Selon le fonds, le choix de l'une des méthodes précitées dépend de l'ampleur de la restructuration. Autrement dit, opter pour l'aide directe de l'Etat est la formule qui convient lorsque la restructuration est d'ampleur restreinte. "Cette approche a pour avantage sa souplesse et son adaptabilité, mais il faut que l'Etat soit un médiateur crédible", est-il indiqué.
    Pour ce qui est de la deuxième solution à savoir la recapitalisation des banques, elle suppose une grande prudence et un savoir-faire des établissements. Faute de quoi, leur situation pourrait s'aggraver (le cas d'octroi de prêts encore plus risqués, par exemple).
    La création d'un CDR est jugée convenable, mais non sans incidences. Enfin, l'étude met en garde contre le rachat des créances improductives à un prix supérieur à celui du marché.


    Leçon à tirer


    L'étude du FMI tire un enseignement central de la crise: La restructuration ne saurait être menée sans un cadre économique institutionnel solide et stable et celle-ci englobe la stabilité macro-économique, la réforme financière et l'élimination des désincitations fiscales et réglementaires. Ce dernier point intéressera sans doute le Maroc.

    Yousra MAHFOUD

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