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    Cinquantenaire de l’Indépendance
    Dans le secteur bancaire, tout s’est joué en 1960

    Par L'Economiste | Edition N°:2149 Le 11/11/2005 | Partager

    . A l’Indépendance, le Maroc hérite de 400 millions de réserves de change. La vague de fusions réduit de moitié le nombre de banques. Premiers flux de transferts MRE«UN pays indépendant doit s’appuyer sur deux piliers: l’armée et la monnaie». Cette boutade de M’Hamdi, l’un des signataires du manifeste de l’Indépendance, traduit bien l’état d’esprit qui prévalait à cette époque.Ainsi, les deux premiers gouvernements de l’Indépendance concentreront leurs efforts sur la structuration de l’armée et la reprise en main des forces de l’ordre (police, gendarmerie...). Il reviendra à Abdellah Ibrahim, chef du troisième gouvernement, épaulé par son ministre des Finances, Abderrahim Bouabid, de s’attaquer aux aspects financiers. Il faut aussi se souvenir que le système de l’époque était régi mondialement par l’étalon-or (donc des taux de change fixes), que le FMI n’avait pas le poids qu’il a aujourd’hui, qu’on parlait plus de la BRI (Banque de reconstruction internationale, installée en Suisse et qui n’est plus connue aujourd’hui que des spécialistes) que de la Banque mondiale, qui fait la pluie et le beau temps sur les stratégies économiques d’aujourd’hui…. Le premier geste de souverainetéDès 1959, la Banque d’Etat du Maroc se transforme en Banque du Maroc avec de nouveaux statuts. «C’est le premier geste de souveraineté économique et financière», souligne Hassan El Basri, directeur général adjoint de la BCP, chargé du pôle développement.Conséquence immédiate: le solde du compte «Opérations» logé auprès du Trésor français est transféré vers la nouvelle banque centrale. Le Maroc hérite ainsi d’un matelas de départ de 40 milliards de centimes (l’équivalent de 400 millions de DH) en réserves de change. «C’est un tournant pour le pays qui eut désormais la responsabilité de gérer ses finances extérieures de manière rationnelle», se souvient Mohammed Benjelloun, qui était responsable du département étranger de la Banque du Maroc en 1961. Et pour cause, l’émission de la monnaie devait alors être couverte à hauteur du tiers de sa valeur par l’or et les devises convertibles.Parallèlement, le secteur bancaire est en pleine réorganisation pour être en phase avec le nouvel environnement. Avec la création de la Banque d’Etat en 1912, de nombreuses institutions étrangères avaient lancé des filiales ou des agences locales sur le territoire marocain, espagnoles au nord et au sud, françaises au centre. C’était essentiellement des banques de dépôts. Elles ont été rejointes en 1945 par des banques d’affaires et des groupes financiers.En 1956, le secteur comptait donc une trentaine d’établissements, pour la plupart, filiales de sociétés étrangères. Jusque-là, toutes préféraient recourir à des ressources moins chères auprès de leur maison-mère plutôt qu’au réescompte auprès de la Banque d’Etat.Mais, à l’Indépendance, la donne change. Désormais, la législation bancaire s’applique à tous, y compris aux filiales présentes dans la zone nord et la province de Tanger. Conséquence: La cessation d’activité de plusieurs sociétés financières. S’en suit, dès 1960, un mouvement de concentration encouragé par les pouvoirs publics. Il entraînera la disparition par fusion ou absorption d’une dizaine d’établissements. Entre 1961 et 1966, le nombre de banques passe ainsi de 26 à 16. Comme le prévoit la réglementation, les institutions étrangères s’ouvrent progressivement au capital et au personnel marocains.Au niveau de leur activité, les filiales étrangères vivront longtemps sur la réputation de leur maison-mère. «Les opérations avec l’étranger étant totalement contrôlées, les banques ne pouvaient faire preuve d’initiative que pour la distribution du crédit «, précise M. Benjelloun. La plupart d’entre elles seront confrontées au problème de l’appréciation du risque, sectoriel notamment. Ce qui poussera les autorités monétaires à encadrer davantage leurs opérations et à instaurer les emplois obligatoires.Parallèlement, le Maroc commence à capter la première vague de flux de transferts de ses MRE. Dès les années 60, la BCP investit ce segment de marché. Les autres banques attendront une décennie pour lui emboîter le pas.Les montants avoisinent les 100 milliards de centimes (1 milliard de DH). «Ce qui déjà apportait aux réserves de change une bouffée d’oxygène appréciable». Pour rappel, cette manne génère actuellement plus de 30 milliards de DH. Cependant, dans les années 60, les sorties massives des fonds par les étrangers résidents au Maroc a été extrêmement pénalisante. Le premier souci des autorités monétaires fut donc d’arrêter cette hémorragie avec l’extension du contrôle des changes à la zone Franc.


    Un éventail de banques publiques spécialisées

    Face aux filiales étrangères, l’Etat crée une panoplie d’institutions bancaires pour soutenir le développement des différents secteurs:- CNCA, Caisse nationale de crédit agricole, pour l’agriculture comme son nom l’indique, - BCP, Banque centrale populaire, pour la PME et l’artisanat, - BNDE, Banque nationale pour le développement économique (aujourd’hui disparue), pour l’industrie, - BMCE, Banque marocaine pour le commerce extérieur, qui, comme son nom l’indique, avait le monopole des opérations avec l’étranger, - CIH, Crédit immobilier et hôtelier, pour l’habitat et le tourisme;- CDG, Caisse de dépôt et de gestion pour la collecte de l’épargne publique ou assimilée. Le décret de 1967 réglemente les activités bancaires, mais exclut les organismes financiers spécialisés (OFS, aujourd’hui disparus en tant qu’entités spécifiques) du champ d’application de la loi. «D’une part, l’on considérait que ces institutions avaient une mission d’intérêt général et étaient soumises à des contraintes spécifiques. D’autre part, elles étaient exclues de la collecte de l’épargne et leurs ressources émanaient des emprunts obligataires ou extérieurs garantis par l’Etat», rappelle Hassan El Basri. Ce qui les exposait à un endettement onéreux et au risque de change ce qui sera à l’origine de l’effritement de leur marge.Il faudra attendre la loi bancaire de 1993 pour voire disparaître le principe de spécialisation des banques et l’émergence de la banque universelle.Mouna KABLY

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