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Economie

Analyses : Equilibres maintenus mais retards de restructuration

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

Sur la dernière décennie, les équilibres économiques sont maintenus. Cependant, des retards sont accumulés dans la restructuration des secteurs productif et social. M. Tahraoui milite pour un déficit limité pour relancer la machine.


Toujours la rigueur. La politique menée durant les deux années qui ont suivi le PAS s'inscrit dans la continuité. Le programme d'ajustement 1983-1992 avait pour objectif majeur la restauration des équilibres financiers. Mais il s'agissait aussi d'introduire des réformes structurelles. En d'autres termes, assurer une croissance régulière et soutenue. "Il y a eu des améliorations tangibles sur le plan des équilibres financiers internes et externes", souligne M. M'Hammed Tahraoui, membre du Comité scientifique du CMC. Réduction du déficit budgétaire, baisse appréciable du taux d'inflation, amélioration du solde du compte courant: le redressement est visible.

Retard des infrastructures


Cependant, pour le second volet, "les résultats n'ont pas été à la mesure des ambitions initiales". Certains éléments d'amélioration enregistrés dans ce domaine relèvent plutôt de facteurs exogènes, notamment la bonne pluviométrie qui a permis au secteur agricole d'évoluer de manière favorable avec pour conséquence les bons résultats engrangés vers la fin des années 80. Des progrès intéressants ont aussi été réalisés dans l'industrie de transformation, la revalorisation du phosphate par exemple.
Pour autant, "le bilan global est un tout petit peu contrasté", note M. Tahraoui. Il y a eu moins de succès au niveau de la restructuration de l'appareil productif. La politique restrictive s'est en effet traduite par le délaissement des secteurs sociaux et des retards accumulés du point de vue des infrastructures, entre autres les routes et les télécommunications (ces dernières évoluent actuellement de façon très favorable). "La crise énergétique de ces dernières années constitue par ailleurs une autre preuve de ce retard dû à l'insuffisance d'investissement en termes d'infrastructures".
En raison de cette politique de rigueur, les investissements nécessaires ont été reportés d'années en année. A présent, "on se retrouve avec un gap à combler sur le plan des infrastructures et au niveau des secteurs sociaux et le devoir de consolider les équilibres acquis". M. Tahraoui récuse cependant la rigueur à outrance. Pour cause, l'économie marocaine a besoin, au stade actuel, de l'interventionnisme de l'Etat. "La croissance économique forte nécessite une intervention consistante et conséquente des pouvoirs publics". Et d'ajouter qu'il "faut sortir des sentiers battus de la rigueur et ne pas laisser passer des occasions de décollage". L'impulsion nécessaire doit passer par un plan de croissance cohérent impliquant tous les acteurs économiques. Une cohérence qui fixe la hiérarchie des interventions dans les différents secteurs.

Inflation productive


L'expert du CMC estime que l'objectif de l'équilibre budgétaire est nécessaire, mais il ne devrait pas constituer l'essentiel de la politique macroéconomique. Il avance que les équilibres doivent être préservés jusqu'à un certain point, d'autant que l'économie pourrait, par sa dynamique, supporter un certain déficit budgétaire. Pour cela, il suffit de le considérer non pas sur une année mais sur une période pluriannuelle.
Il est ainsi possible d'envisager un déficit important sur une année ou deux pour le combler par la suite une fois que "la machine aura été relancée". Peut même être toléré un déficit plus important à condition que les ressources soient orientées vers le secteur productif: l'investissement en infrastructures et dans les secteurs sociaux comme l'éducation et la santé contribue, à terme, à l'amélioration de la productivité et de la compétitivité de l'entreprise.
De l'avis de M. Tahraoui, Il est inopportun, lorsque l'économie se trouve en situation de récession, de continuer à l'asphyxier davantage. Il estime qu'un déficit de 3% est soutenable. Cependant, il doit être finançable par l'économie elle-même. Si l'Etat dispose de capacités de financement à travers les emprunts, il pourra envisager un déficit relativement consistant sans grande difficulté.
A ce niveau, il est aussi possible d'envisager des investissements par des financements monétaires pas trop inflationnistes jusqu'à une certaine limite. La petite inflation qui pourrait en découler peut être productive dans le sens où elle permettra de réaliser des investissements et réactiver l'économie par la suite. M. Tahraoui précise toutefois que le financement monétaire ne doit pas être exercé sans retenue. Mal étudiée, cette politique constitue une source de dérapage. Elle doit porter sur des enveloppes limitées pour des secteurs bien ciblés.

Alié Dior NDOUR.

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