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Analyse: Les statistiques sont-elles vraiment vraies?

Par L'Economiste | Edition N°:461 Le 11/03/1999 | Partager

L'investissement est le souci majeur du gouvernement, qui sait que là se trouve l'essentiel des armes de sa réussite politique.
Or, il n'y a plus aujourd'hui d'instrument d'observation, même aussi imparfait que l'étaient les déclarations d'intentions suivies dans le cadre de l'ancien code des investissements.
Or, c'est le comportement de l'investissement qui est une donnée stratégique, pas seulement pour la politique gouvernementale. Les déclarations d'intentions donnent aux candidats investisseurs le sens du vent, l'ambiance générale. Ce n'est pas une banalité: aujourd'hui, l'investissement est très largement le fruit de comportements individuels du "flair personnel", y compris lorsque ce sont de grands groupes qui prennent ce genre de décisions. Il y a des décennies que des gens aussi rationalistes et normatifs que le sont les Anglo-Saxons ont compris cette donnée majeure: ils en ont même fait des disciplines d'enseignement.

Au Maroc, n'ayant plus de repère unique, les observateurs comme les investisseurs et leurs partenaires sont obligés de se rabattre sur des données éparses. Mais pour leur malheur, ces données sont contradictoires à l'état brut. La consommation d'électricité, pourtant bien réelle n'est pas cohérente avec l'appel au crédit bancaire, bien réel lui aussi, mais qui ne tient pas face au niveau du taux d'intérêt. Les variations de l'emploi urbain ne vont pas avec les exportations ou avec les recettes de TVA. Et ainsi de suite... Evidemment, il y a une belle masse d'économie souterraine qui apparaît dans la consommation d'énergie, mais pas dans les impôts. Explication logique, mais qui ne sert à rien pour l'opérateur ou pour le gouvernement.
Il est plus qu'urgent que, soit à la Direction de la Statistique, soit chez celle de la Prévision auprès du Ministère des Finances, un modèle économétrique soit mis au point pour suivre, mois par mois, le comportement réel de l'investissement. En attendant, tout le monde restera dans le noir, tout le monde continuera de raconter n'importe quoi sans le moindre risque d'être jamais démenti, et c'est le pays qui perd un temps précieux en vaines discussions.

Nadia SALAH

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