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Analyse de l'OIT sur les dégâts du sida28 millions de travailleurs disparaîtront en 2005

Par L'Economiste | Edition N°:1828 Le 09/08/2004 | Partager

. Important impact sur le PIB. Le Maroc ne figure pas parmi les pays les plus touchés“En causant la maladie et le décès des travailleurs, l'épidémie de sida réduit le stock des compétences et de l'expérience de la population active”. Ce constat est dressé par Franklyn Lisk, directeur du programme OIT/sida. Selon lui, ces pertes en capital humain constituent une menace directe pour les objectifs de développement du millénaire visant la réduction de la pauvreté et la promotion d'un développement durable. Aujourd'hui, 36,5 millions de personnes en âge de travailler sont frappées par le sida. L'année prochaine, 28 millions de travailleurs disparaîtront de la population active mondiale à cause du sida depuis le début de l'épidémie, selon un rapport mondial(1), publié récemment par le Bureau international du travail (BIT). Celui-ci brosse un sombre tableau concernant l'impact du sida sur l'économie des pays les plus touchés. Le Maroc n'y figure pas. Pourtant, la grande majorité des pays les plus touchés par le sida se trouvent en Afrique, où la moyenne régionale de l'incidence du sida (parmi les personnes âgées de 15 à 49 ans) est de 7,7%.Effectuée dans 50 pays en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes et dans deux régions développées du monde, l'analyse indique que l'on s'attend à ce que le sida ait un impact très important sur le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) et du PIB per capita. Le sida détruit, en effet, le capital humain édifié au cours des années et affaiblit la capacité des travailleurs et des employeurs de produire des biens et des services pour l'économie. Le rapport estime que si l'on n'améliore pas l'accès au traitement, 48 millions de travailleurs seront perdus en 2010, et 74 millions en 2015, ce qui fera de cette maladie une des causes de mortalité les plus importantes dans le monde du travail, estime l'organisation. “Le sida n'est pas seulement une crise du genre humain, c'est aussi une menace contre le développement durable mondial, social et économique”, a affirmé Juan Somavia, directeur général du BIT. “La perte des vies et les effets débilitants de la maladie non seulement entraîneront la réduction de la capacité de soutenir production et emploi, de réduire la pauvreté et de promouvoir le développement, mais encore ils constitueront un fardeau que devront supporter toutes les sociétés, qu'elles soient riches ou pauvres”. L'impact direct du sida sur les travailleurs est double. Des dizaines de millions d'entre eux sont déjà morts, et des millions d'autres doivent quitter la population active. Le BIT estime que, en 2005, 2 millions de travailleurs dans le monde seront dans l'incapacité de travailler à cause du VIH/sida alors qu'ils n'étaient que 500.000 en 1995. En 2015, ce nombre aura doublé et sera de 4 millions. D'autres travailleurs actifs seront obligés de supporter un fardeau économique accru, du fait du décès de leurs collègues frappés par le sida, dont on estime qu'il sera de 1% plus élevé dans le monde en 2015 que si le VIH n'existait pas (et il sera de 5% plus important en Afrique subsaharienne). Les adultes en ménage avec une personne atteinte du sida devront aussi supporter un fardeau supplémentaire en matière de soins à donner, dont on estime qu'il sera de 1% plus élevé dans le monde en 2015 que si le VIH n'existait pas (et de 6% plus élevé en Afrique subsaharienne). Des adultes en âge de travailler, qu'ils soient ou non considérés comme des participants à la population active, seront peut-être obligés d'abandonner leurs activités productives sur le plan économique pour consacrer du temps aux soins requis par les malades, notamment dans les régions en développement de l'Afrique, de l'Asie, de l'Amérique latine et des Caraïbes. Cela signifie que si 2 millions de travailleurs sont dans l'incapacité de travailler à cause du sida, 2 autres millions de personnes en âge de travailler seront également dans l'incapacité de le faire parce qu'elles devront les soigner.A.E.


Les femmes, dispensatrices de soins

L'épidémie aura un impact multiple sur les femmes des pays les plus touchés par le sida. Que les femmes travaillent d'une manière productive chez elles ou à l'extérieur, leur temps de travail sera affecté parce qu'elles sont avant tout des dispensatrices de soins. En outre, les jeunes femmes sont désormais les principales victimes de l'augmentation des taux d'incidence du sida. Enfin, là où les femmes pratiquent une agriculture de subsistance (c'est-à-dire presque partout en Afrique), les soins à donner aux membres de la famille malades du sida, la nécessité de remplacer les revenus auparavant gagnés par ces personnes, et les soins à donner aux autres membres de la famille, notamment aux jeunes enfants et aux personnes âgées, empiéteront certainement sur le temps consacré à l'agriculture. Ce qui risque de réduire la capacité de ces femmes de nourrir leur famille et de pourvoir à son bien-être.


Les secteurs les plus touchés

L'impact du sida affectera une très grande partie de la population active dans les secteurs public et privé, dans l'agriculture, dans l'économie informelle, ainsi que les femmes et les enfants des pays les plus touchés. L'impact sera surtout très grave dans les secteurs de l'éducation et de la santé, où la proportion des éducateurs et des dispensateurs de soins qui meurent de la maladie atteindrait 40% en 2010.A. E.------------------(1) Ce rapport a été présenté à la XVe Conférence internationale sur le sida qui a eu lieu du 11 au 16 juillet à Bangkok, Thaïlande.

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