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    Economie

    AMO: Les médecins dénoncent leur exclusion du débat

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Les médecins déplorent leur exclusion des discussions sur le projet d'assurance maladie obligatoire (AMO). Leur contribution à la viabilité du futur régime est pourtant jugée incontournable.


    Ils voient difficilement le projet aboutir sans eux. Eux, ce sont les médecins. Ils sont mécontents. Fâchés de ne pas avoir été associés aux discussions sur le projet d'assurance maladie obligatoire. Pour les toubibs, le débat sur l'AMO a peut-être abordé les questions de la mise en place et de la gestion du régime, mais en revanche, pas celle de sa protection. «Or la viabilité du régime suppose la mise en place d'une structure de protection qui ne saurait être menée en l'absence de notre profession», affirme le Dr Abdelouahed Ambari, président du Conseil Régional de l'Ordre des médecins de la région de Casablanca et du Centre.
    Pour le Conseil Régional, la situation est d'autant plus déplorable que la CNSS(1) participe depuis le début aux discussions tenues dans le cadre du dialogue social. «Ce qui peut fausser le principe de la libre concurrence, la CNSS ayant depuis le début affiché l'ambition de gérer l'AMO».
    La protection du système, c'est d'abord une maîtrise de l'offre de soins, notamment à travers une harmonisation des tarifs. Les professionnels de la santé affirment à ce niveau avoir essayé de relancer vainement l'un des principaux concernés: les assureurs. Dans le domaine particulier de l'accident du travail, les deux parties semblaient avoir pourtant trouvé un compromis. Les travaux menés avec la Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurances et de Réassurances (FMSAR) avaient permis d'identifier les principaux dysfonctionnements en matière notamment d'ITT, d'IPP et de délivrance de la prise en charge.

    Dans le domaine de l'AT comme pour la branche maladie, les médecins sont souvent accusés de contribuer à l'inflation des dépenses. Ils seront donc probablement invités, si l'AMO est adoptée, à limiter leur prescription par l'organisme assureur qui se préoccupera de ne pas accroître les remboursements. Par ailleurs, ils savent qu'ils seront invités à renoncer à des hausses de prix si l'équilibre financier du régime l'exige. D'où la nécessité d'introduire la notion de responsabilisation en matière de dépenses de santé. «De toutes les manières, la responsabilisation du médecin ne saurait être imposée», avertit le Dr Ambari.
    Pour l'heure, les discussions sur le projet d'assurance maladie obligatoire sont au point mort. Les dernières réunions remontent au mois de juin dernier. Le dialogue social a eu, entre-temps, à régler un autre dossier brûlant qui concerne également les blouses blanches, mais ceux du secteur public uniquement. Il s'agit du statut des médecins. L'AMO et le statut des médecins ont un autre point en commun: les deux dossiers piétinent.

    (1) Bien que l'architecture du projet d'assurance obligatoire ne soit pas définitivement arrêté, la CNSS figure parmi les gestionnaires probables du système. Selon les premiers scénarios, la Caisse se verrait accorder la gestion du régime de base pour les salariés du privés, alors que les assurances privées s'occuperait du volet complémentaire.


    3 millions de personnes couvertes


    LE taux de couverture médicale de la population marocaine atteint 15% seulement. Le nombre de personnes couvertes (ayants-droit inclus) auprès du secteur privé s'élève à 300.000 dont 260.000 gérés par les mutuelles d'entreprises. Sur ce total, 20.000 personnes bénéficient d'une couverture maladie auprès des compagnies d'assurances et 15.000 auprès de la Caisse mutualiste interprofessionnelle Marocaine (CMIM).
    Dans le secteur public, la CNOPS, qui regroupe huit mutuelles d'agents de l'Etat et assimilés couvre, bon an mal an, près de 95% des fonctionnaires. La Caisse gère les dossiers maladie ou maternité de 950.000 adhérents. Ajoutés aux déclarations de leurs ayants-droit, cela représente une population couverte de 3 millions de personnes. Les rembour-sements d'une partie des soins s'effectuent à travers le système du tiers payant. Le règlement des honoraires, lui, s'opère sur la base d'un tarif de responsabilité.

    Mohamed BENABID


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