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AMO: Les bandelettes glycémiques déremboursées?
Par Pr Amina BALAFREJ(1)

Par L'Economiste | Edition N°:2267 Le 03/05/2006 | Partager

L’égal accès à la santé est l’un des premiers facteurs de cohésion sociale. A l’échelle nationale, l’amélioration du bien-être de chacun et la prévention de la morbidité favorisent en outre incontestablement le développement.C’est pourquoi l’assurance maladie est attendue avec impatience au Maroc. Cette assurance ne pourra toutefois jouer son rôle intégrateur que si elle est universelle, englobant les salariés comme les démunis et si elle prend réellement en charge tous les soins indispensables non seulement à la survie mais aussi au bien-être comme à la prévention des complications. Si le souci de l’efficience c’est-à-dire du meilleur rapport qualité/prix doit guider les responsables de l’assurance maladie, ils n’en doivent pas moins s’entendre avec les professionnels de terrain sur le minimum indispensable pour atteindre des objectifs thérapeutiques acceptables. Cela est particulièrement vrai dans le cas des maladies chroniques génératrices de complications comme le diabète. . 2 millions de MarocainsOr, je constate en consultant le site de l’Anam que les bandelettes pour autocontrôle glycémique ont disparu de la liste des produits remboursables. En déremboursant ces produits indispensables, on opte tout juste pour un traitement de survie sans considération aucune pour la prévention des complications.Le diabète concerne près de 2 millions de Marocains. Parmi eux, 100.000 sont estimés être insulino-dépendants, dont environ 10.000 enfants de moins de quinze ans.Toute la gravité de cette affection vient des complications qu’elle entraîne quand elle est insuffisamment soignée. Le diabète est ainsi une des premières causes de cécité acquise et d’insuffisance rénale au Maroc. Insuffisamment traité il entraîne aussi des atteintes dites macrovasculaires: accidents vasculaires cérébraux, infarctus du myocarde et artérites des membres se soldant par des amputations. Ces complications dramatiques sur le plan humain représentent un surcoût très élevé pour la collectivité (interventions ophtalmologiques, médicaments anti-hypertenseurs, hémodyalise, chirurgie, etc.).. Terribles complicationsLe seul moyen pour les éviter est de garder un équilibre métabolique satisfaisant. Cet équilibre passe chez les diabétiques insulino-dépendants par un autocontrôle glycémique quotidien pour adapter les doses d’insuline au jour le jour. L’enjeu est particulièrement important chez l’enfant diabétique qui est exposé plus que l’adulte aux complications du fait de son espérance de vie, de l’instabilité glycémique et de la carence totale en insuline qui le caractérisent. Les recommandations pour le diabète de l’enfant tant internationales (Société internationale de diabétologie de l’enfant et de l’adolescent ISPAD) que nationales (Recommandations de la société nationale de pédiatrie, validées par le ministère de la Santé en 1999) incluent depuis plusieurs années l’autocontrôle glycémique quotidien comme geste thérapeutique indispensable.Depuis 2002, à la suite d’une circulaire de la Cnops, les bandelettes glycémiqes sont d’ailleurs remboursées à hauteur de trois par jour pour les «mutualistes».Dans ces conditions et étant donné la part prédominante de ces produits dans le prix du traitement, un déremboursement ne serait pas considéré comme une régression insupportable mais exposerait les jeunes diabétiques à de terribles complications. En obligeant ceux qui le peuvent, à souscrire une assurance complémentaire, cette mesure ne ferait si elle est maintenue que renforcer l’inégalité face à l’accès aux soins et institutionnaliser un système médical à deux vitesses. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Chef du service de Diabétologie pédiatrique, CHU Ibn Sina, Rabat.

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