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    Economie

    Alphabétisation: Trois millions d'enfants à récupérer

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Le projet d'école non-formelle est complètement ficelé. Il est pour l'heure expérimenté avec neuf ONG et 119 animateurs. L'objectif est de réinsérer ces millions d'enfants analphabètes dans l'école classique.


    «Aujourd'hui, près de trois millions d'enfants âgés de 8 à 16 ans sont en dehors du système éducatif». Comme un couperet, la phrase de M. Rachid Benmokhtar, Ministre de l'Education Nationale laisse perplexe. Ces enfants ne sont pas à l'école mais ne sont pas non plus concernés par le programme d'alphabétisation des adultes.
    C'est alors que l'idée de l'école non-formelle a germé. Le projet avait été approuvé en janvier par le Premier Ministre. Depuis des expérimentations ont démarré. Ainsi les villes d'Azilal, de Benslimane, de Berkane, de Casablanca, d'Errachidia, de Fès-Sefrou, de Laâyoune, de Rabat, de Safi, de Salé, de Taroudant et de Tétouan ont déjà des antennes.
    L'Education nationale projette de lancer une campagne de communication pour recruter des ONG partenaires. Outre les ONG, des animateurs sont partenaires. A ce niveau, le MEN a fait d'une pierre deux coups: Alphabétiser les enfants qui auraient dû être à l'école et trouver une solution aux diplômés chômeurs qui manifestaient à ses portes.

    Le principe de l'école non-formelle est simple. A la différence de l'école classique, les programmes et le rythme scolaire sont adaptés aux enfants. Ceux-ci reçoivent des éléments d'éducation religieuse, de santé et de civisme, notamment, est-il signalé. Le but est de faciliter leur intégration.
    Dans ce système, l'ONG est tenue de signer une convention avec le MEN. Elle se charge ensuite de recruter les enfants analphabètes, âgés entre 8 et 16 quitte à les chercher partout où ils se trouvent, dans la rue, les usines ou travaillant pour le compte de leurs parents dans les exploitations agricoles. D'ailleurs, le MEN a retenu le principe de régionalisation, de sorte que l'ONG maîtrise l'environnement et les données socio-culturelles et économiques du milieu des enfants. Ces derniers se familiariseront facilement avec une école proche d'eux et de leurs habitudes.

    une centaine d'animateurs


    L'école non-formelle doit déboucher en fin de compte sur la réinsertion de ces jeunes dans le système classique. Selon Mme Habiba Bouazzaoui, directrice du projet alphabétisation au Ministère de l'Education Nationale, à chaque cas, il sera trouvé une solution adéquate. Des enfants peuvent ainsi intégrer la formation professionnelle ou apprendre un métier, entre autres. Selon le recensement de 1994, ce programme concerne près de 2,5 millions d'enfants dont près de 2 millions vivent en milieu rural. Selon les responsables du MEN, ce chiffre peut avoisiner les trois millions actuellement.
    Pour l'heure, 9 organisations non gouvernementales ont signé des conventions de partenariat avec le l'Education Nationale. Il s'agit de l'Association pour la Protection de l'Enfance, de la Fondation Zakoura, de l'Association Fès-Saïss, de l'Association de Tafilalet, de la Ligue Marocaine pour la Protection de l'Enfance, de l'Association Ribat Al Fath, de l'Association pour le développement local, d'Horizons Ouverts et de l'Association Bouregreg. De nombreuses autres candidatures sont à l'étude actuellement. C'est le cas d'ENDA Maghreb, de l'Union des Femmes Marocaines, de l'Association des Doukkala, de l'Association de soutien à l'UNICEF et de l'Association de Safi. Ces ONG sont recrutées avec rigueur, tient à préciser Mme Bouazzaoui. Elles doivent en outre transmettre trimestriellement la liste des bénéficiaires et des animateurs ainsi que leur emploi du temps.

    Côté animateurs, une centaine sont confirmés dont 39 enseignent déjà. Ils ont à leur charge une trentaine d'élèves par classe. Pour payer ces animateurs, les associations agréées reçoivent une subvention du Ministère. Le salaire a été fixé à 2.000 DH. «Nous n'avons pas voulu de bénévolats. Par expérience, ce système n'aboutit pas à des résultats encourageants», explique Mme Bouazzaoui.
    En plus du salaire, le Ministère assure une formation aux animateurs. Pluridisciplinaire, celle-ci doit inculquer aux animateurs les méthodes pédagogiques adaptées aux cas difficiles. «C'est un problème spécifique qui a besoin d'une formation adéquate».

    Malika EL JOUHARI

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