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    Economie Internationale

    Allemagne: hausse des salaires de 5,4%

    Par L'Economiste | Edition N°:29 Le 14/05/1992 | Partager

    Après onze jours de débrayage, les pouvoirs publics allemands ont cédé, Jeudi dernier, en accordant aux syndicats une hausse des salaires de 5,4%, des primes allant de 600 à 750 Marks, payables en une fois, et une prime de vacances de 200 Marks. Pourtant le Chancelier Kohl, qui était intervenu publiquement dans le conflit, avait bien dit et répété que les augmentations de salaires en 1992 ne devaient pas dépasser 4,8%, chiffre correspondant à l'inflation sur un an au mois de Mars. A l'issue de cette grève, l'une des plus longues de l'histoire de la République Fédérale et dont l'ardoise est estimée à 200 millions de Marks pour les syndicats et à un milliard pour toute l'économie, les salaires les plus bas seront en effet relevés de 5,4% dès ce mois-ci, les autres le 1er Juin. Ce compromis, ficelé Jeudi 7 Mai à Stuttgart, effraie les économistes car l'accélération des coûts salariaux n'est pas sans risques. "C'est une mauvaise nouvelle pour le chancelier, une mauvaise nouvelle pour l'Allemagne et une nouvelle nouvelle pour l'Europe", a commenté l'éditorialiste du Financial Times. De même, les cinq grands instituts de conjoncture allemands, dans leur rapport de printemps ont estimé qu'une augmentation de 5,4% dans les services publics serait dangereuse pour l'économie du pays et celle de l'Europe toute entière. Elle peut, en effet, conduire les entreprises à licencier, la Bundesbank à augmenter ses taux d'intérêt et l'Etat à adopter un programme d'austérité. Si la Buba décide dans les jours qui viennent de durcir ses taux d'intérêt, ce qui est fort probable, le Ministre allemand sera à nouveau "dans ses souliers" d'autant plus que la France et la Grande-Bretagne, ses principaux partenaires, viennent d'assouplir le régime des réserves obligatoires et de baisser les taux d'intérêt, respectivement. En outre, et devant l'impossibilité de creuser davantage les déficits publics qui ont déjà atteint 5% du PIB et alimenté les pressions sur les taux d'intérêt, il ne reste plus que l'austérité. C'est ce qu'a annoncé avec fermeté quelques heures avant l'accord salarial dans les services publics, le Chancelier Kohl.

    Après avoir prêché tout au long du conflit que le peuple allemand ne pouvait vivre au dessus de ses moyens, le Chancelier de l'Unification, pour qui l'accord fut et reste encore un camouflet, a en effet promis "une très sévère cure pour les années à venir.

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