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    Alimentaire: Le contrôle porté dans les entreprises

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Pour l'alimentaire, chaque livraison sur un marché d'exportation engage l'image des produits du Maroc, l'enjeu étant à la fois national et sectoriel. L'EACCE (Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations) est chargé d'assurer la conformité des produits marocains en matière de qualité.


    Comment l'EACCE peut amorcer le passage du contrôle systématique des produits, à l'instauration de la qualité totale dans l'entreprise?
    Pour M. Saâd Benchakroune, directeur général de l'EACCE,
    «la solution est d'impliquer les patrons et le personnel afin de faciliter la mise en place d'un système de contrôle interne exhaustif... Néanmoins, l'idée d'un Monsieur ou d'une Madame Qualité dérange encore... Ces spécialistes peuvent être une menace s'ils refusent des lots que le patron veut expédier».
    Ce sont surtout les grandes entreprises qui réussiront à se prendre en charge dans le cadre d'un système de qualité totale. Elles seront encouragées, en ce sens, par l'exemption du contrôle direct, plus communément appelé contrôle de premier niveau qui sera remplacé par un contrôle de second niveau qui, lui, doit vérifier la bonne marche du système interne de contrôle. L'intervention de l'EACCE devrait être donc de plus en plus préventive, un accompagnement vers la qualité.
    L'enjeu futur consiste donc à inciter les patrons à adopter une démarche qualité dans l'entreprise grâce à une formation adaptée du personnel et à la normalisation des process.
    L'objectif de cet organisme est de responsabiliser l'entreprise sur la qualité pour ne plus avoir à la sanctionner.

    Pour 1998, une centaine d'unités sur 661 qui exportent sont candidates à cette méthode.
    Aujourd'hui, l'EACCE pratique en principe un contrôle systématique mais par échantillonnage sur tous les produits à l'exportation. Cependant, ce contrôle a toujours été porté sur l'amont dans les usines, les stations de conditionnement ou d'emballage. Un agrément est accordé à toute unité pour le démarrage. La conformité des bâtiments et des machines est validée au départ puis vérifiée pendant le fonctionnement une ou plusieurs fois par an.
    Outre son rôle de «gendarme» pour l'hygiène, l'EACCE doit également faire respecter les impératifs de base dictés par les normes européennes car il y a une obligation de conformité aux normes des pays de destination.
    Le contrôle est effectué par l'EACCE, organisme mandaté par les services européens, «et l'établissement dispose de moyens élaborés afin de mener à bien ses investigations; des laboratoires munis d'équipements sophistiqués et récents, un personnel qualifié comprenant ingénieurs, vétérinaires, techniciens...», confirme le directeur général.
    Le manquement à l'hygiène est réprimé et lorsqu'un produit ne répond pas aux normes, il ne peut être exporté .

    Par exemple, si la présence de pesticides à fortes doses est constatée, le lot est immédiatement isolé et n'est même pas restitué à l'exportateur. Le service des fraudes est saisi par l'EACCE.; les autorités compétentes détruisent la marchandise, le plus souvent par incinération. Tout ce travail nécessite des fonds importants: le contrôle est à la charge des importateurs et provient d'une taxe parafiscale de 0,25% sur les importations qui pesait auparavant sur les exportations à raison de 1%.
    L'inspection est donc considérée comme un facteur de promotion des exportations.
    L'EACCE possède des délégations en Europe (Bruxelles, Paris, Perpignan...) chargées d'effectuer un contrôle dès l'arrivée de la marchandise .

    «Un tiers des entreprises, estime M. Benchakroune, ont encore des visions archaïques et rétrogrades visant à contourner le contrôle qualité; un exercice dangereux: si elles réussissent, les mesures et sanctions prises à leur encontre sont très sévères et peuvent aboutir à la suspension de l'agrément».
    Malgré toutes les précautions, sur un million de tonnes de marchandise produite, il existe entre 15 et 20% de rejet dont les motifs diffèrent (calibrage inadéquat, déclassement, marquage...). Une partie est remise aux normes et finalement exportée; une autre est revendue sur le marché local. «Elles sont sans effets sur la santé du consommateur national». affirme le directeur général..o

    L'EACCE

    LE contrôle de la qualité des produits alimentaires à l'export existe au Maroc depuis 1932, sous la houlette de l'OCE (Office de Contrôle et d'Exportation devenu depuis Office de Commercialisation et d'Exportation). La fin du monopole de l'OCE permettra à l'EACCE de voir le jour en 1986. Cet organisme a pour objet de contrôler systématiquement les denrées alimentaires à l'export (primeurs, agrumes, poissons frais, conserves...), qu'elles soient à l'état brut, ou élaboré. L'objectif est d'imposer les normes européennes en matière de qualité, par contrôle direct sur les produits; il peut être organoleptique (visuel, sensoriel, tactile...) ou analytique (faisant l'objet de manipulations en laboratoire).
    Le contrôle alimentaire à l'exportation est régi par le dahir du 1er septembre 1944 qui a été revu en 1993.

    Radia LAHLOU

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