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Affaires

Alcatel affûte ses armes pour le réseau 3G en Afrique
De notre envoyée spéciale au Caire, Badra BERRISSOULE

Par L'Economiste | Edition N°:1765 Le 11/05/2004 | Partager

. L’équipementier français revendique le tiers du marché africain. Les recherches orientées selon les impératifs commerciaux du continentL’Afrique, le Moyen-Orient et l’Inde sont trois zones placées au cœur de la stratégie de l’équipementier français des télécommunications Alcatel. Ce dernier vient d’être retenu par Etissalat, l’opérateur émirati pour son réseau UMTS appelé aussi réseau de troisième génération. “Ces régions sont le pari du futur proche”, commente Michel Maitre, vice-président de la division mobile Networks pour les trois régions. Cela explique d’ailleurs pourquoi Alcatel était présent en force avec une centaine de cadres lors du forum de l’Union internationale des télécommunications Africa 2004. La manifestation s’est tenue en Egypte la semaine dernière. Sur le terrain africain, cette présence ne se limite pas à la téléphonie mobile, plus connue du grand public. Le groupe y décline bien d’autres lignes d’activité moins connues : les solutions télécoms globales, c’est-à-dire l’infrastructure de téléphonie, les services et les logiciels de réseau qui ciblent les opérateurs. A titre d’exemple, en Egypte, Alcatel fournit presque 35% des lignes téléphoniques fixes et en Tunisie l’équipementier est présent depuis 1981 dans les centrales, avec 20% de lignes fournies par le groupe français.Garder sa place sur le marché africain signifie surtout adapter ses solutions aux contextes locaux, soulignent des responsables d’Alcatel. Au Maroc, l’équipementier français est l’un des fournisseurs historiques de Maroc Telecom. Il a pris pied chez le deuxième opérateur GSM (Méditelecom) aussi. Mais son produit phare demeure, sans doute, l’infrastructure du prépayé dans le réseau fixe de MT et qui, aujourd’hui, remporte un succès fou. Ce service a permis à l’opérateur historique de renouer avec la hausse au niveau du parc d’abonnés fixes. Ce n’est pas pour rien que la devise d’Alcatel est désormais “ Let’s connect Africa”, expliquent les responsables de l’équipementier. Normal, le potentiel dans les régions ciblées est important. La présence du groupe, dans 48 pays africains, tant sur le plan infrastructures qu’appareil est désormais un fait avec lequel doivent composer ses concurrents. Le marché africain, avec celui de l’Asie, lui a permis de sortir la tête de l’eau à un moment où la crise des télécommunications a touché de nombreux équipementiers. Il faut dire qu’en parallèle, le français a mené un plan de restructuration, supprimant presque 50% de son effectif. Il a axé sa stratégie sur les marchés porteurs et a renforcé son pôle technologique. Près de 13% de son chiffre annuel sont consacrés à la recherche et au développement, malgré les conjonctures de crise. En effet, en cette période de ralentissement du marché, les services à valeur ajoutée greffés aux terminaux constituent de formidables produits d’appel pour la vente des terminaux et donc une source importante de revenu. A moyen terme, le téléphone mobile, si ce n’est déjà pas le cas, servira tout autant à parler à son interlocuteur qu’à consulter une batterie d’informations diverses. Pour Alcatel, les recherches sont orientées selon les impératifs commerciaux du continent. A titre d’exemple, en Afrique et au Moyen-Orient, deux services pour le mobile viennent d’y être introduits et présentés au Caire lors du forum Africa 2004. Il s’agit du PRBT (Personalized Ring Back Tone) qui connaît un boom à Taïwan et qui gère des appels personnalisés à partir de l’appareil émetteur. Le deuxième est le Live Sports, élaboré par les chercheurs de l’équipementier français en partenariat avec un fournisseur de contenu “Be Tomorrow”. Informations sportives, photos et vidéo sont transmises parfois en temps réel sur le mobile.Côté chiffres, sur les 50 millions d’abonnés des réseaux mobiles en Afrique, Alcatel en revendique le tiers. C’est-à-dire ceux qui utilisent des infrastructures Alcatel, que ce soit pour le fixe ou le mobile. Et apparemment, les perspectives sont grandes. “ Près de 17 millions de nouvelles lignes sont prévues dans les deux années à venir, dont au moins 7 millions seront fournies par Alcatel. C’est dire le potentiel de développement attendu dans le continent qui est aussi important que celui prévu sur le Moyen-Orient avec 17 autres millions. Les expectatives pour un pays comme l’Inde sont de 17 autres nouvelles lignes téléphoniques “, fait remarquer Maitre. “ Il est clair que la tendance est encore au développement au niveau du marché africain, et particulièrement dans le mobile”, renchérit Vincenzo Nesci, président d’Alcatel Egypt. “Et nous comptons y maintenir et renforcer notre part du marché”. Et pour le marché africain, l’équipementier français table aussi sur un développement de l’Internet. Le groupe est l’inventeur de la technologie ADSL et “détient aujourd’hui 40% des lignes ADSL vendues à travers le monde”. “En réalité, aucun ne s’attendait à ce développement aussi fulgurant de l’ADSL”, souligne Bernard Gravez, directeur marketing de la division fixe du groupe. Un des pays où le succès a été au rendez-vous et très rapidement d’ailleurs, est le Maroc. “L’opérateur marocain a su introduire la technologie au bon moment et en l’accompagnant de tout un packaging commercial. Il devra terminer la première année avec 20.000 abonnés “. Pour Gravez, il est prévu que l’ADSL quitte le domaine Internet pour s’offrir à tous les autres supports comme la télévision. “L’intérêt de cette technologie est qu’elle peut se marier avec d’autres solutions”. D’ailleurs, ajoute-t-il, l’avenir est dans une sorte de continuité entre les réseaux fixe et mobile pour les transmissions de données…”Il est vrai que les donnes dans le domaine des télécoms et nouvelles technologies changent si rapidement… Hier encore, l’équipementier français a souffert, à l’instar de tout le secteur des reflux des investissements des opérateurs. Mais certains marchés souffrent moins que d’autres vraisemblablement.Le chiffre d’affaires d’Alcatel en 2003 était de 12,5 milliards d’euros. Il a pu pour l’exercice 2003 réduire ses pertes par rapport aux exercices précédents. Le groupe avait vécu en effet de grandes difficultés, il y a quelques années, après l’échec des négociations pour une fusion avec un de ses concurrents, auquel s’est ajoutée une chute des valeurs boursières, alors que les commandes de téléphones portables dans le monde étaient et sont en baisse. Alcatel s’est contraint à une vaste cure d’amaigrissement pour préserver sa capacité bénéficiaire. Ses effectifs sont passés de 120.000 à 60.000. Aujourd’hui, la crise semble reléguée au passé, bien que les responsables du groupe restent prudents pour parler de rebond.


Plate-forme en Egypte

En Egypte et dans le smart village (village intelligent où sera installé un grand nombre d’entreprises dans les technologies), Alcatel transfèrera son siège prochainement. Le pays des pharaons est devenu une plate-forme pour pénétrer les marchés africains et ceux du Moyen-Orient. La filiale égyptienne est une des plus grandes en Afrique du groupe français, avec 800 salariés dont 150 ingénieurs. Plusieurs Marocains y sont détachés. Pour rappel, Alcatel a construit le réseau du nouvel entrant dans le téléphone mobile égyptien qui a boosté le parc mobile du pays.


Compétences marocaines

LE transfert des compétences au sein du groupe Alcatel a démarré, il y a quelques années déjà. Le Centre de développement de logiciels de gestion et de maintenance des réseaux Alcatel de Salé (126 personnes employées) travaille aujourd’hui sur le réseau de troisième génération, l’UMTS et au sein du groupe, son expertise est très appréciée. Depuis quatre ans maintenant, le Centre a vu son périmètre d’intervention s’élargir, avec la mise en place d’une task-force d’installation d’équipements de réseaux télécoms à l’étranger (centre de service international). Une task-force basée à Salé et qui fait partie intégrante des équipes de réalisation mondiales du groupe Alcatel. Partout où la maison mère décroche des marchés, ses ingénieurs vont procéder à l’installation des équipements auprès des opérateurs. Ainsi, l’on peut trouver des ingénieurs marocains en Inde comme en Egypte.

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