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    Economie

    Agriculture: Le labour précoce perd du terrain

    Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager

    Le labour précoce permet à l'agriculteur de travailler le sol juste après les récoltes profitant ainsi de l'humidité qui y est conservée. La technique qui garantit une meilleure productivité des terres est toutefois compromise par la prédominance de la sécheresse.


    La superficie des terres où est pratiqué le labour précoce demeure très faible. Pis encore, elle est en net recul dans certaines provinces. Ainsi, d'après les estimations du Ministère de l'Agriculture, seule 10% de la superficie céréalière en moyenne est l'objet des techniques du labour précoce. Dans la province de Settat, qui totalise quelque 900.000 hectares de terres agricoles, les chiffres sont en régression: 605.630 hectares en 1994 contre 505.420 en 1995.
    Outre les contraintes de disponibilité de matériel agricole, ce recul s'expliquerait également par la prédominance de la sécheresse ces dernières années. Les chaumes de l'après-récolte servant alors essentiellement de ressource fourragère au cheptel.
    Pourtant les avantages du labour précoce sont connus depuis longtemps. En effet, il est difficile de labourer pendant la saison d'été. Le sol s'étant asséché après de longs mois d'exposition au soleil, l'agriculteur est obligé de recourir à des engins adaptés pour pouvoir aisément retourner les terres. Celles-ci sont dans la majorité des cas arides et semi-arides (les terres arides et semi-arides représentent 68% de l'ensemble des terres agricoles). Le labour précoce permet justement d'éviter ce genre de problèmes.
    Cette opération consiste à attaquer le sol juste après la récolte, profitant de l'humidité qui y est conservée.

    Outre les avantages d'ordre pratique (facilité de travailler le sol), labourer précocement entraîne d'autres retombées bénéfiques.
    Tout d'abord pour les terres. Epuisées par les cultures, les sols deviennent après la récolte pauvres en matières organiques. En retournant au sol les résidus des cultures précédentes, le laboureur y remédie. "La seule limite à ce niveau est que les petits agriculteurs sont peu enclins à utiliser ces résidus pour le sol", affirme M. Abdellatif Guédira, responsable à la Direction de la Production Végétale du Ministère de l'Agriculture.
    En effet, lesdits résidus consistent essentiellement en des chaumes (parties des tiges de blé qui restent dans les champs après la récolte), les agriculteurs marocains préfèrent alors les utiliser comme fourrage pour leur cheptel. Cette situation prédomine d'autant plus avec la sécheresse.
    L'autre avantage du labour précoce est qu'il permet au sol de profiter des premières pluies de l'automne. Dans le cas des terres pastorales (non travaillées), il n'existe pas de conservation d'eau. L'eau est surtout absorbée par les mauvaises herbes.

    A l'inverse, le labour précoce permet d'aérer le sol. Les chercheurs parlent plus précisément de porosité du sol. "Plus on augmente la porosité plus on augmente les chances que l'eau pénètre dans le sol", rappelle à ce sujet M. Rachid Mrabet, ingénieur agronome au Centre Régional de Recherche Agronomique de Settat, expert en physique et conservation des sols.
    D'autres avantages existent. Ainsi, le Ministère de l'Agriculture rappelle que ce type de labour permet d'utiliser rationnellement le parc tracteurs. "Le travail est en quelque sorte étalé", est-il précisé.
    Enfin, le labour précoce intervient également en matière d'économie d'énergie. Tous les agriculteurs savent que pour que le blé puisse germer, il faut que la motte (masse de terre) devienne très fine. Dans le cas du labour tardif, le sol étant sec, il y a soulèvement de grosses mottes. Ce qui nécessite plusieurs passages, avec des engins puissants, avec tout ce que cela suppose comme consommation d'énergie.

    Le zéro labour

    Le Ministère de l'Agriculture et l'Institut National de la Recherche Agronomique louent les bienfaits du labour précoce. Ils tiennent à préciser toutefois que des techniques originales de travail du sol sont menées depuis quelques années au stade expérimental, et les résultats sont probants.
    Il en va ainsi de la technique dite de semi-direct ou du zéro labour, dont les travaux sont menés par le Centre Régional de la Recherche Agronomique de Settat. La technique, comme son nom l'indique, consiste essentiellement à ne pas labourer le sol. La condition est de ne pas faire de pâturage, d'utiliser un semoir spécial et d'utiliser des herbicides dits "résiduels". Outre une meilleure utilisation de l'eau (réduction de l'évaporation de l'eau), les avantages de cette technique se résument en une meilleure conservation du sol, en une augmentation du rendement agricole et une diminution des dépenses d'énergie.
    Les deux sites retenus pour l'expérimentation sont deux stations: celle de Sidi El Aydi, dans la plaine de la Chaouïa et celle de Jemâat Shaïm dans la plaine des Abda.
    L'expérience est menée dans le cadre du programme "aridoculture" mené conjointement par l'INRA et l'Agence Internationale pour le Développement. Ce programme a pour objectif de pallier certains problèmes agronomiques et techniques dans les zones arides et semi-arides du Maroc.

    Mohamed BENABID.

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