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Economie

Agriculture: L'arbre qui cache la forêt
Le difficile décollage du monde rural

Par L'Economiste | Edition N°:1605 Le 19/09/2003 | Partager

. Une évolution palpable mais très insuffisante. La “révolution du blé” en Inde a permis de quadrupler son rendement“Le caractère fatalement citadin de l'Etat, et de la “civilisation” prépondérante, a confondu longtemps progrès et dépendance à l'égard de l'Etat et de la ville”, écrivait Paul Pascon (1). Programmes d'électrification, scolarisation, accès à l'eau potable, lutte contre la sécheresse, le monde rural bénéficie d'une attention et d'un investissement particuliers. L'évolution est palpable mais très insuffisante: c'est dans le monde rural que résident la majorité des pauvres. Le difficile décollage de la majorité rurale s'explique par une dispersion des actions sans stratégie globale et le manque de moyens. Tandis que l'Inde, par la “révolution du blé” entamée en 1968, a quadruplé en moins de trente ans sa productivité, la France augmenté son rendement d'1ql/ha par an en 40 ans, le Maroc oscille toujours avec le temps, et a, à son actif, nombre d'avortements de programmes. Comme celui de la sécurisation de la production céréalière lancé en 1999 sur la base d'une étude menée par l'INRA(2). Ce programme ambitionnait de produire, en année sèche, un seuil minimal de 60 millions de quintaux. Notamment par l'implantation d'itinéraires techniques et la maîtrise des coûts des intrants. “Dans la plupart des pays du monde, l'expérience historique qu'a la paysannerie de ses relations avec l'Etat est une expérience négative, traumatique, spoliatrice, oppressive”, poursuit l'auteur. En 2020, les besoins en céréales atteindront 120 millions de quintaux, estiment les chercheurs de l'INRA…En 2020, le Royaume sera entièrement engagé dans ses accords d'association (UE, USA, Euromed…OMC?). Si l'on projette ses rapports actuels avec les autres pays, le Maroc sera, soit encore plus dépendant de l'extérieur, soit disposera d'un secteur agricole compétitif. Dans ce cas (le meilleur), demeure une interrogation que peu d'interlocuteurs désirent approcher: que deviendront les “petits”? L'idée d'un exode rural massif fait frémir. Qu'elle soit négativiste ou réaliste, le véritable danger est de ne pas considérer cette hypothèse. “Au Maroc, l'expérience historique des rapports entre l'Etat et la paysannerie est articulée chronologiquement selon les trois temps: Makhzen, Protectorat, Indépendance”. Aujourd'hui, un quatrième temps donne la mesure: l'ouverture au monde. Le rapport n'est plus dual. “Laissez passer la pluie, on laissera passer la marchandise”, martèle un exploitant à ce sujet. “Comment peut-on négocier, alors que nous avons des pluviométries différentes et que le secteur n'est pas mis à niveau?”, s'insurge-t-il.


Crise du berger

L'exode rural produit déjà son effet dans certaines régions, et la “crise du berger” décrit bien le phénomène. Le berger “avisé”, tel que défini par les éleveurs, se fait de plus en plus rare. “J'ai dû aller jusqu'à Guercif pour trouver un berger”, explique un éleveur de Ribat El Kheir dans la province de Sefrou, soit plus de 100 km. “Le berger est en général enfant d'éleveur. Aujourd'hui, les enfants vont de plus en plus vers les villes. Certains éleveurs ont vendu leur cheptel à cause de ce problème de succession”, témoigne un autre. Un berger doit être capable d'identifier l'état de santé des bêtes, avoir connaissance de certaines plantes toxiques, et une bonne connaissance des parcours. A la “crise du berger”, s'ajoutent la pauvreté et la rareté du pâturage, le tarissement des points d'eau, conséquences des années de sécheresse. Le déficit fourrager est estimé à 50% par rapport aux besoins du cheptel. Un programme de sauvegarde du cheptel est lancé par le ministère de l'Agriculture pour un montant de 46,5 millions de DH. Lui-même inscrit dans un programme d'urgence de lutte contre les effets de sécheresse (246,5 millions de DH).


Augmenter le rendement

. L'utilisation des semences céréalières certifiées continue de baisser. Alors que leur généralisation augmenterait le rendement annuel d'1 ql/haA l'INRA, on déplore l'insuffisance de diffusion de nouvelles variétés de semences améliorées dans le monde rural. “Sûrement une question de moyens et de priorités”, déplore un chercheur. La vulgarisation dans le monde rural n'est pas généralisée. Rien qu'en 2003, cinq nouvelles variétés de blé dur ont vu le jour, sous les références INRA 1804 à 1809. Elles n'ont pas encore de noms. Actuellement, on recense 34 variétés de blé dur, 25 de blé tendre et 24 d'orge.Toutes ces variétés sont mieux adaptées aux terres et climats marocains que celles qui sont semées spontanément. Mais “les chercheurs se sentent un peu frustrés”, souligne un responsable. Car il ne suffit pas que les recherches aboutissent, encore faut-il qu'elles soient exploitées. Bien plus, les semences sélectionnées, déjà d'utilisation faible, continuent de baisser. Elles ont atteint lors de cette campagne 2002-2003 pour les céréales 488.500 qx, soit près de 20% de moins que l'année précédente. Si la diffusion des nouvelles variétés avait été généralisée, le gain de rendement pour les céréales aurait été d'au moins 1ql/ha par an. Les gains issus de la semence certifiée par rapport à la semence commune de l'agriculteur et à la semence commune du souk sont respectivement de 37 et 174% pour le blé dur (variété Karim) et de 28 et 58% pour le blé tendre (variété Marchouch), d'après les essais menés par la Société nationale de commercialisation des semences (SONACOS).L'utilisateur a, selon une note du ministère de l'Agriculture, une double garantie en utilisant les semences certifiées: quantitative “puisqu'il est assuré pour l'identité variétale, qui peut lui procurer un rendement élevé” et qualitative, puisqu'il a une garantie quant à l'état phytosanitaire des semences. On continue de développer de nouvelles variétés mais sans les diffuser correctement. Visiblement, la vulgarisation a un prix. Mais que l'on reste logique. Continuer à innover sans exploiter est une abération.M. Kd.--------------------------(1) Etudes rurales: idées et enquêtes sur la campagne marocaine – SMER-1980(2) Le potentiel céréalier au Maroc en année sèche- octobre 1999

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