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    Economie

    Agriculture: La thérapie d'urgence

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Pour le lancement de la campagne agricole, le Ministère de l'Agriculture, de l'Equipement et de l'Environnement a annoncé un train de mesures. Celle qui a focalisé l'attention a porté sur le plan de restructuration de la CNCA.


    M. Abdelaziz Méziane Belfkih, ministre de l'Agriculture de l'Equipement et de l'Environ-nement, prendra dans les prochains jours, son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole auprès des agriculteurs. Objectif: dissiper le climat de suspicion qui règne dans le secteur agricole en ce début de campagne.
    M. Meziane ne s'aventure pas en terrain inconnu d'autant qu'il a déjà été titulaire du portefeuille de l'Agriculture dans un des précédents gouvernements. Cependant, pour «son retour aux champs», il a hérité de dossiers chauds, entre autres, le fort endettement des agriculteurs avec comme corollaire les difficultés financières de la CNCA (Caisse Nationale de Crédit Agricole).
    Cette situation risquait de compromettre le démarrage de la campagne.
    Entouré de M. Abdeladim El Hafi, Secrétaire d'Etat à l'Investissement Agricole et des hauts cadres de son département, lors d'une conférence de presse tenue le mercredi 17 septembre, M. Meziane a été très clair: «Nous avons fait assez d'études et tenu beaucoup de réunions, maintenant il faut passer à l'action».

    Plants distribués


    Le premier train de mesures concerne directement l'actuelle campagne. Financièrement, l'Etat ne va pas lésiner sur ses moyens. Il a décidé de débloquer 22 MDH pour la subvention des semences céréalières. Cette somme couvre une prime de stockage de 45 DH/q destinée à préserver les stocks de report. De plus, les prix à la production des semences ont été également augmentés de 45 DH/q «pour inciter les multiplicateurs à livrer leurs récoltes aux sociétés grainières» . L'Etat prendra en charge 25 DH/q, soit un budget de 10 MDH. Le reste sera répercuté sur les agriculteurs. En définitive, le prix de vente de semences de blé dur est fixé à 427 DH/q (+5%), le blé tendre à 411 (+5%) et l'orge à 305 (+7%).
    Ces différentes dispositions vont permettre de constituer un volume de 650.000 quintaux, soit un niveau équivalent à la moyenne des ventes des dernières campagnes.
    Coté culture fruitière, le programme de distribution des plants nécessitera une enveloppe de 25 MDH, en hausse de 20% par rapport à la précédente campagne. Ce montant couvre 80% du prix d'acquisition. Le ministère de l'Agriculture a souligné que le plan de distribution de plants subventionnés arrêté au titre de l'actuelle campagne porte sur 2,5 millions de plants d'oliviers, 300.000 d'amandiers 40.000 de dattiers et 15.000 de pistachiers.

    Il a par ailleurs été décidé le regroupement des nouvelles plantations d'oliviers dans des zones délimitées et l'organisation des oléiculteurs en groupement pour la valorisation de leurs productions. Autre mesure: la mise en oeuvre de projets de développement de la filière oléicole.
    Pour ce qui concerne les fertilisants, près d'un million de tonnes ont été préparés par l'OCP et les différentes sociétés du secteur. Le budget de l'Etat n'a pas été sollicité sur ce point précis. En revanche, 82,5 MDH sont prévus pour le programme de sauvegarde et de protection du cheptel dans les provinces de l'oriental et du sud. Dans le détail, une enveloppe de 30 MDH sera consacrée au transport des orges et autres aliments. Idem pour la distribution. L'encadrement sanitaire du cheptel nécessitera 12,5 MDH. L'aménagement et l'équipement de 55 points d'eau requièrent 6 MDH et la prise en charge des camions citernes 4 millions.
    Le second groupe de mesures, assurément le plus attendu, porte sur la CNCA. Pour M. Meziane, il s'agit de «limer un outil opérationnel en mesure d'apporter des réponses justes à des problèmes conjoncturels». Pour ce faire, l'Etat va encore mettre la main à la poche.

    Prime à l'investissement


    Dans l'immédiat, le Trésor va avancer 250 MDH pour la recapitalisation de la CNCA. Interrogé sur l'écart existant par rapport aux estimations du ministre de l'Agriculture. M. El Hafi a souligné que cette enveloppe constitue une première tranche destinée à reconstituer la trésorerie de la Caisse en vue du démarrage de la campagne. Il précise que l'effort de recouvrement permettra de renforcer les moyens. Une rallonge sera décidée en fonction des besoins futurs.
    L'Etat a en outre décidé de consolider les créances de la CNCA sur les agriculteurs avec une bonification des taux d'intérêt variant entre 5 points pour les petits et 1 point pour les grands. Les concernés sont cependant tenus de régler une partie de leur dette pour pouvoir bénéficier de cet allégement. A noter que l'impayé du secteur agricole s'élève à 5 milliards de DH au 31 août 1997 contre 3,4 milliards en décembre 1996. Cette enveloppe concerne au total 228.000 agriculteurs.
    La CNCA va par ailleurs abandonner les intérêts de retard et les frais de poursuite pour tous les clients qui adhèrent au plan. Point important: l'opération d'allégement des dettes des agriculteurs devra être clôturée au plus tard, le 31 décembre prochain. Cette opération, qui ne concerne pas les créances non agricoles, devrait coûter à l'Etat 950 MDH sur une période de 10 ans.

    Outre les mesures précitées, les pouvoirs publics ont décidé de favoriser la reconstitution de la capacité productive des agriculteurs, condition essentielle pour le traitement durable du surendet-tement. A cet effet, une prime à l'investissement a été instituée au profit de l'agrimu-culture, de l'oléiculture, de l'équipement des exploitations en matériel agricole de l'économie de l'eau d'irrigation et de la valorisation de la production agricole. Cette prime consiste en la prise en charge par l'Etat d'une partie des intérêt relatifs aux emprunts contractés auprès du Crédit Agricole. Une dotation de 500 MDH sera affectée pour les cinq prochaines années.
    Par ailleurs, la Caisse sera profondément restructurée. Ses statuts seront modifiés de manière à lui permettre de jouer son rôle de banque. L'Etat devra prendre le relais pour la mission de service public. Le ministère de l'Agriculture a annoncé la création d'une Banque Nationale de Crédit Agricole (BNCA) à capitaux publics. A coté, il sera créé des banques régionales de crédit agricole détenues à parts égales par la BNCA et les agriculteurs. Ce procédé permet de mieux associer les opérateurs au financement de l'agriculture. M. Meziane a souligné que l'application de ces différentes mesures commencera avant la fin de cette année.

    Alié Dior NDOUR & Mohamed CHAOUI

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