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Actualités mondiales: Mieux vaut en rire qu’en pleurer
Par Mouna Hachim, écrivain-chercheur

Par L'Economiste | Edition N°:2734 Le 13/03/2008 | Partager

Mouna Hachim est universitaire, titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Faculté des lettres de Ben M’Sick Sidi Othmane. Depuis 1992, elle a éprouvé sa plume dans les métiers de la communication (en tant que concepteur-rédacteur) et dans la presse écrite, comme journaliste et secrétaire générale de rédaction dans de nombreuses publications nationales. Passionnée d’histoire, captivée par notre richesse patrimoniale, elle a décidé de se vouer à la recherche et à l’écriture, avec à la clef, un roman, «Les Enfants de la Chaouia», paru en janvier 2004.  Une saga familiale couvrant un siècle de l’histoire de Casablanca et de son arrière-pays. En février 2007, elle récidive avec un travail d’érudition, le «Dictionnaire des noms de famille du Maroc» qui donne à lire des pans essentiels à la compréhension de l’histoire du Maroc sous le prisme de la patronymie.Vous avez le choix: finir maniaco-dépressif à force de regarder passivement la succession de mauvaises nouvelles liées à l’actualité mondiale ou opter pour cette sagesse rabelaisienne, consistant à se dépouiller de toute affection, à refuser de se laisser miner par l’affliction et à opter pour la bonne humeur plutôt que pour la désolation. Car, le rire n’est-il pas le propre de l’homme?Certes, il faut travailler bien davantage pour trouver un peu d’humour dans une actualité dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est morose. Ceci dit, qui nous empêche d’effectuer des choix sélectifs, de favoriser les lectures à plusieurs degrés et de rire des malheurs du monde pour ne pas avoir à en pleurer!Ce petit préambule étant désormais fait, je commence d’emblée ma sélection de bonnes nouvelles par cette bienheureuse information venue du Maghreb. Voici en effet une bien drôle d’idée qu’ont eu des dignitaires algériens: proposer le président Abdelaziz Bouteflika comme candidat au prestigieux prix Nobel de la paix pour l’année 2008. Alléluia! Mais pourquoi donc n’y ont-ils pas pensé plus tôt?Ses plus fidèles thuriféraires mettent à la tête de son palmarès sa politique courageuse de «réconciliation nationale». Qu’importe si de temps à autre, quelques forcenés amnistiés refusent d’entendre raison et font tonner les déflagrations de leurs bombes. Tant pis pour l’aggravation de la misère et des inégalités sociales, malgré les richesses du pétrole et du gaz, allouées notamment à la signature de contrats juteux d’acquisition d’armes, au grand plaisir de la junte militaire. Que dire de l’appui inconditionnel aux séparatistes polisariens et à leurs violations des droits humains dans les camps de Tindouf, de même que ce refus coriace et belliqueux de la main tendue marocaine dans le sens d’un dialogue serein et d’un règlement pacifique d’un conflit dont le Maghreb se passerait bien! Mais comme le ridicule ne tue pas, nous nous devons de soutenir, au nom de la solidarité africano-maghrébo-berbéro-arabo-musulmane, la candidature du sans doute futur prix Nobel de la paix, Abdelaziz Bouteflika, en lice parmi 197 candidats. Un nombre quasi record selon l’Institut Nobel de la Paix puisqu’il constitue le deuxième chiffre le plus élevé depuis l’institution du Nobel en 1901. Comme quoi, ironie du destin, jamais nominés pour la paix n’ont autant fleuri que depuis que les va-t-en-guerre ont investi la scène.Laissons maintenant Alfred Nobel se retourner dans sa tombe et continuons à parcourir les informations catapultées de toutes parts et en désordre sur nos têtes, en espérant trouver de quoi soutirer un semblant de rire… fut-il jaune. Restons alors en Afrique où l’on peut grâce à cette information cocasse tirer le bingo. On apprend en effet que le président gabonais Omar Bongo a décidé de jouer à la France un remake politique de l’arroseur arrosé, en décidant de refouler dans le premier avion tout Français en situation administrative irrégulière. Environ 10.000 Français se trouveraient ainsi à l’état de «clandestins» au Gabon, selon les normes hexagonales appliquées notamment aux Africains. Désormais, ces sans-papiers seront assujettis à des contrôles serrés, depuis le cadre pétrolier jusqu’à l’inutile quidam, puisque deux Français en situation irrégulière ont déjà été expulsés manu militari de Libreville.Certains jugent ce personnage représentatif de la Françafrique, au pouvoir depuis 1967, mal placé pour donner des leçons à la France qui l’a titillé avec ce reportage diffusé récemment sur France 2, consacré à son patrimoine immobilier, allant jusqu’à livrer son adresse privée, mais qui lui a tendu la perche en expulsant de manière humiliante et abusive deux étudiants gabonais.Il n’en reste pas moins que beaucoup d’Africains doivent boire du petit lait devant cette application de la loi de la réciprocité, seule capable de renvoyer aux «Blancs», l’ampleur de l’inhumanité et de l’absurdité de leurs propres lois.Vous imaginez si les Français devaient faire cinq heures de files devant les consulats d’Afrique en France, munis de dix kilos de paperasses équivalentes à celles exigées par leurs services! Vous envisagez qu’un Marrakechi installé en Suisse demande de fermer l’église d’en face de chez lui, parce que le tintement des clochers l’empêchait de faire sa grasse matinée, comme vient de réussir ce tour de force, un étranger, propriétaire d’un Riad qui aurait fait fermer la mosquée de Derb Mnabha, ainsi que nous l’avons appris dans la presse.Bref, après la petite joie procurée par cette décision du président Bongo, comparée par les uns à du grand guignol, par les autres, à une grande leçon de morale donnée par une Afrique généralement plutôt passive que défensive, quittons ce continent où il fait tout de même bon vivre, pour l’Europe des 27… Enfin, presque.L’excellent site Rue89, par la plume de Marie Antide, titre son article insolite: «Les origines ottomanes du président Sarkozy», lui-même basé sur une information publiée dans le site La Turquie pour les Nuls. L’on rappelle ainsi que le chef de l’Etat français avançait dans ses meetings électoraux être «un enfant d’immigré, fils d’un Hongrois, petit-fils d’un Grec né à Salonique». Or, Salonique, à la date de la naissance de Benedict Mallah, grand-père maternel de Sarkozy, n’était pas grecque, mais ottomane, depuis le XVe siècle jusqu’en 1913 où elle devint Thessaloniki, la Grecque. C’est d’ailleurs la ville de naissance en 1881 de Mustapha Kémal Atatürk, surnommé «Père des Turcs». Et non, le père des Grecs!C’est sous le règne des Ottomans musulmans que les juifs (dont pas un seul n’est dénombré en 1478 à Salonique) sont invités à s’installer dans l’Empire qu’ils rejoignent de péninsule Ibérique après l’inquisition ou plus tard, de Hongrie ou d’Autriche…En vérité, on se serait bien passé de l’information sur les origines familiales du président français et de son grand-père, né citoyen ottoman, si Nicolas Sarkozy himself ne faisait pas étalage de ses origines avec quelques distorsions historiques accommodantes. Et surtout, s’il n’était pas un farouche opposant à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, affirmant sans avoir peur de récolter un zéro pointé en histoire-géo, que «la Turquie est en Asie mineure», tout en feignant d’oublier plus de cinq siècles d’influence ottomane incontestable sur le Vieux Continent.Mais gageons que le plus fervent opposant de l’adhésion de la Turquie à l’Europe préfère avoir ses têtes de Turcs que de dire que son grand-père était Turc. Ça vous donnerait un bon coup de pied à toute votre théorie anti-adhésion, en redorant le statut de la Turquie en tant que terre refuge, avec comme symbole, la ville de Salonique, surnommée «La Jérusalem des Balkans».Pour rester dans «le dialogue!» des cultures et des religions, enchaînons avec cette information, en direct du Vatican, annoncée récemment par le cardinal Walter Kasper à la télévision publique allemande: le pape Benoît XVI n’a pas l’intention de modifier cette prière en latin controversée qui appelle à la conversion des juifs.Rappelons que cette prière, issue de la messe en latin du Vendredi Saint a appelé les fidèles pendant des siècles à prier «pour les juifs afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs cœurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre Seigneur. (…) Dieu qui n’exclut pas même les juifs de la miséricorde, exauce nos prières que nous t’adressons pour l’aveuglement de ce peuple, afin qu’ayant reconnu la lumière de ta vérité qui est le Christ, ils sortent de leurs ténèbres». Des ajustements avaient déjà été effectués depuis 1959, par la voix de la Sainte Congrégation des Rites, supprimant la mention «juifs perfides» dans la prière du Vendredi Saint. Depuis la réforme liturgique de 1960, jusqu’à nos jours avec Benoît XVI, la prière a connu quelques changements qui entreront en vigueur, le prochain vendredi-saint, donnant ainsi après traduction du latin:«Prions aussi pour les juifs, afin que notre Seigneur et Dieu illumine leurs cœurs, et qu’ils reconnaissent le sauveur de tous les hommes. (…) Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité, fais que, la plénitude des nations entrant dans ton Eglise, tout Israël soit sauvé».Seulement, le texte est toujours considéré offensant par les juifs dans le sens où seuls les mots blessants sont retirés, tandis que l’esprit de la prière qui est l’appel à la conversion des juifs est toujours le même.C’est ainsi que le conseil central des juifs d’Allemagne, les rabbins d’Italie ou d’Israël montent au créneau pour demander la modification de la prière, si ce n’est le retrait du passage incriminé, tandis que certains fidèles chrétiens s’offusquent de cette immiscion dans des affaires eschatologiques internes, se demandant quelles seraient les réactions si le pape nommait une commission chargée d’étudier la Torah pour évaluer les prières et traquer les passages visant les non-juifs. Et Dieu seul sait qu’il y’en a, à commencer par cette prière quotidienne, effectuée trois fois par jours par les pratiquants, appelant à la conversion des gentils, soit tous les goys.Vous remarquerez que ces informations ne font pas s’esclaffer de rire, pour la simple raison que le père de l’Eglise Clément d’Alexandrie nous avait enseigné à travers son Epître à son disciple Origène que “Rire et faire rire ne convient guère à des chrétiens».Mais, vu que nous nous sommes déplacés maintenant chez les musulmans, nous pourrons alors rire aux éclats et allumer des feux de joie pour fêter la sortie imminente du documentaire anti-Islam du populiste néerlandais d’extrême-droite Geert Wilders, symbolisant la déchéance d’un homme et d’un mouvement qui n’ont pas besoin pour cela d’ennemis extérieurs. Et comme plus on est de fous, plus on rit, il se trouve alors plus d’un milliard de musulmans pour attendre dans l’allégresse les suites des demandes de plus en plus pressantes d’instances non suspectes de conspirationnisme d’une enquête internationale et indépendante sur le 11 septembre. Encore récemment, précisément le 26 février, au Parlement européen de Bruxelles, Giulietto Chiesa, journaliste et eurodéputé italien a organisé la projection de son film «Zéro enquête sur le 11 septembre», pointant les incohérences de la version officielle, enrichie par un débat notamment avec le sénateur japonais Yukihisa Fujita qui avait auparavant soulevé la question au Parlement nippon. Ainsi donc, s’il s’avérait que le complot n’était pas islamiste, combien les musulmans auront-ils le droit de demander comme dommages et intérêts pour tous les préjudices subis, traduits notamment par des guerres ou la montée de l’islamophobie? Et le rire dans tout cela? Et bien, comme dirait Pierre Desproges: «On peut, on doit rire de tout: de la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous?»


  
Ils ont osé le dire

- George Bush sur la torture: «Nous devons veiller à ce que nos services de renseignement aient les outils nécessaires pour arrêter les terroristes». (Allocution hebdomadaire datant du 8 mars du président américain suite à son veto opposé à une loi interdisant la torture par la CIA).- La Ligue des rabbins «d’Israël», dirigés par le grand rabbin, Dove Liour, résidant dans la colonie de Keriat Arba en Cisjordanie, sur l’assassinat des civils: «La Bible permet de bombarder les lieux résidentiels malgré l’existence des habitants civils» («Fatwa» publiée le mercredi 5 mars dans les Médias israéliens après le massacre de Gaza).- Le professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, Benny Shanon, sur Moïse: «En ce qui concerne Moïse au Mont Sinaï, il s’agissait soit d’un évènement cosmique surnaturel auquel je ne crois pas, soit d’une légende soit enfin -et c’est très probable- d’un évènement rassemblant Moïse et le peuple d’Israël sous l’effet de stupéfiants» (Radio publique israélienne).- Les députés algériens sur l’un des principaux points forts de la candidature de Abdelaziz Bouteflika au prix Nobel de la paix: «Le retour et le maintien de la paix dans les pays voisins» (Propos rapportés par le Journal français Le Monde).

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