×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Europe

    Accord Maroc-UE: «Les moments de vérité»

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    «Nous arrivons à un moment de vérité dans la mise en oeuvre de l'accord», indique M. Piérini, qui ne prévoit cependant pas de tensions telles qu'elles ont pu se produire dans la dernière ligne droite des négociations.


    M. Marc Piérini, ancien chef de la Délégation de la Commission européenne à Rabat, a maintenant la responsabilité, à Bruxelles, d'organiser l'ensemble des programmes liant l'Union Européenne aux pays du Sud de la Méditerranée. En quittant Rabat il y a un an, il a été nommé à la tête d'une nouvelle unité chargée des «programmes et de la coopération économique sur la Méditerranée». Il s'agit d'une unité qui n'est pas encore parfaitement opérationnelle en raison de sa nouveauté. Le montrent de multiples points, en particulier la jeunesse et le peu d'expérience des personnes qui y travaillent. «Il ne nous faut plus que trois ou quatre mois pour être opérationnels», admet M. Piérini, qui a bien conscience d'être maintenant au coeur du dispositif euro-méditerranéen.
    Le haut fonctionnaire, comme il l'a déjà dit à maintes reprises, ne sera pas «le Père Noël» des pays du Sud, et pas davantage celui des entreprises ou des administrations marocaines.
    Il le dit aussi très fort, et il a recommencé à Londres lors du séminaire conjoint Union Européenne-Foreign Office organisé par le Royal Institute of International Affairs(1): «Il y a à créer une image de la Méditerranée pour la rendre présente à tous les niveaux possibles des instances européennes».

    Le prix des politiques archaïques


    Concernant l'état d'avancement des mises à niveau, la plupart des pays ont déjà effectué des réformes et sont en passe de réussir, encourage-t-il. Le Maroc ne fait pas exception, mais comme ses collègues, tant à Bruxelles qu'à Londres, il nourrit quelques inquiétudes sur des points de politique économique. «Vos privatisations se ralentissent, vous manifestez des hésitations ou des raidissements dans la conduite de votre politique économique». Mais il «conserve sa confiance»: les «dirigeants au Maroc et dans la plupart des pays arabes connaissent le prix des politiques archaïques» et, selon lui, ne veulent plus le payer.
    Lorsqu'il parle de la mise en place des instruments, M. Piérini relève que les propositions actuelles du Maroc sont «trop dirigistes». «C'est ce que j'appelle l'heure de vérité». Et il avertit: «En aucun cas la Commission ne pourra laisser les instruments aux mains de visions dirigistes; ce serait le contraire de l'objectif». «On ne peut pas dire une chose et faire le contraire», souligne-t-il en décrivant les méthodes et procédures qui lui ont été proposées jusqu'ici par l'Administration marocaine. Il juge «archaïque» l'idée du fonds de restructuration. En revanche, il se prononce favorablement pour des garanties d'emprunt ou un fonds de capital-risque du genre Moussahama.
    Il voit d'un bon oeil la montée de la CGEM: «Le président Lahjouji a montré qu'il est un homme courageux et déterminé».

    Réforme de l'Administration


    Une remarque au passage, mais dans la bouche de M. Piérini elle a du poids: «Je crois que vous êtes en train d'étudier une réforme administrative, interrogez-vous sur les missions attachées à chaque poste, c'est un exercice intéressant». Puis il revient à sa propre mission. En clair, les trois volets sur lesquels il insistera dans «la dernière ligne droite sont les garanties des emprunts, la cellule Euro-Maroc-Entreprises et le capital-risque».
    Il n'est pas favorable à ce que le capital-risque soit remis en gestion aux banques. C'est une opinion qu'il partage avec le Ministère des Finances. Mais il est encore moins favorable à l'idée de le faire transiter par le Trésor. M. Marc Piérini donne même le sentiment que les négociations autour de ce capital-risque sont presque un test de la volonté politique du Maroc de reprendre sa stratégie de libéralisation et d'abandonner les raideurs actuelles.
    Même raisonnement pour la cellule Euro-Maroc-Entreprises. Notant que le secteur privé marocain a fortement critiqué la faiblesse de ces aides, M. Piérini estime «qu'il joue son rôle normal pour obtenir davantage». En revanche, il nourrit des doutes sur «les grandes messes des europartenariats». M. Piérini pense les remplacer par des rencontres plus ciblées, «emmener en mission les acheteurs du secteur automobile européen, par exemple».

    Nadia SALAH

    (1) L'Economiste du 13 mars 1997.


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc