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    Economie

    Accord d’Agadir
    Kassal: «Fini les concessions à sens unique!»

    Par L'Economiste | Edition N°:2754 Le 11/04/2008 | Partager

    . Tunisie et Egypte ne jouent pas franc jeu. Plus de vigilance dans les futures négociationsAvec un déficit de plus de 542 millions de dollars, affiché par la balance commerciale du Maroc dans ses échanges avec les signataires de l’accord d’Agadir, le Maroc sort grand perdant. Seule la Jordanie fait pire. Cela sonne comme un signal d’alarme pour Hammad Kassal, vice-président de la CGEM. Le représentant du patronat marocain au 1er Forum d’investissement sur l’accord d’Agadir anticipe un redéploiement de la négociation.- L’Economiste: Quel bilan faites-vous de ce premier forum d’investissement?- Hammad Kassal: Il est réussi pour deux raisons. D’une part, il nous a permis de démystifier l’accord d’Agadir. Beaucoup de choses ont été dites à son sujet, mais on ne cernait pas à proprement parler sa finalité.D’autre part, cette rencontre a compté la participation des secteurs publics et privés. Autant le secteur public était d’emblée impliqué, autant la participation des opérateurs privés n’était pas systématique jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, le fait d’associer les acteurs économiques privés montre qu’il y a une réelle volonté politique pour une intégration. Ne serait-ce que parce que le secteur privé exerce une pression quant à l’amélioration du climat des affaires. - Le Maroc tire-t-il pleinement avantage de l’accord d’Agadir?- Non. A mon avis, ce ne sera le cas que quand il y aura des manifestations concrètes d’intégration. La réussite d’un projet est déterminée par les résultats obtenus. Or, jusqu’à maintenant, les retombées concrètes se font attendre... du moins pour le Maroc. Car certains pays tirent déjà largement avantage de cet accord. - Pourquoi ce décalage?- Nous avons pleinement joué le jeu du libéralisme. Ce n’est pas le cas de certains partenaires qui maintiennent des barrières non tarifaires. Il en résulte que nous sommes déficitaires avec eux tous. Mais je peux vous informer que la situation va changer.- Qu’entendez-vous par là?- Désormais, nous ne donnerons que si nous recevons. Le solde de la balance des paiements était excédentaire grâce aux recettes touristiques et aux fonds rapatriés par les MRE. Mais ces recettes ne sont pas pérennes. Ce qui implique que nous devons être davantage vigilants par rapport à ce que nous concéderons à l’avenir dans le cadre de nos accords de libre-échange. - Que reprochez vous aux autres pays signataires?- Les Tunisiens par exemple intègrent les exportations de la Logan que nous leur destinons dans le quota d’importations qu’ils réservent à Renault. Alors que la notion même de quota n’existe pas dans l’accord d’Agadir. Il va de soi que ce genre de clause ne peut plus être toléré. Côté égyptien, on se livre selon les cas à une interprétation variable des règles d’origine européennes. Multitude d’accords bilatéraux aidant, chaque situation est interprétée en fonction de leurs intérêts propres. Il en va de même pour nos exportations de plomb. L’Egypte a recours à des appels d’offres internationaux pour satisfaire ses besoins. Le plomb australien est préféré à notre plomb bien qu’en termes de prix, nous sommes plus compétitifs. Les officiels égyptiens arguent que les normes australiennes sont plus adaptées aux leurs, alors que nous avons déployé un effort considérable dans ce sens. Et les exemples se multiplient dans les différents secteurs. - Que risquons-nous en attendant la concrétisation effective de cet accord? - La situation est délicate vu que nous avons attiré des investisseurs étrangers, en faisant la promotion de cet accord par lequel promesse leur a été faite d’accéder à un marché de 120 millions de consommateurs.- Quelle implication voyez-vous pour l’UE? - Bien sûr, l’UE joue un rôle important et soutient cette intégration pour ses intérêts propres. C’est tout à fait normal. Il s’agit quand même d’un marché de plus de 120 millions de consommateurs. Il y a un arrière-pays assez solide. L’Union veut aussi régler les problèmes de développement pour éradiquer l’immigration clandestine. Pas étonnant que l’UE soit aujourd’hui très active pour que cette intégration réussisse. Et tant mieux pour nous si les pays de la communauté nous forcent la main. Propos recueillis par Réda HARMAK

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