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Eco-habitat
Le pari de la voûte nubienne prend forme

Par Abdoulaye TAO | Edition N°:4802 Le 24/06/2016 | Partager
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Les artisans maçons sur un chantier de construction. Les apprentis apprennent ainsi auprès du maître maçon. A leur tour, ils transmettront la technique à d’autres personnes de chantier en chantier (Ph. AVN)

L’Association voûte nubienne propose une réponse durable au problème de logement en Afrique: des bâtiments en terre à faible coût, à faible teneur en carbone et à haute efficacité énergétique, intégrés dans les traditions locales.

C'est en 1998 que Thomas Granier (français) et le Burkinabè Seri Youlou décident de lancer un projet social afin de vulgariser la construction en voûte nubienne. Une solution qui permet l’accès pérenne à un habitat adapté au plus grand nombre. Deux ans plus tard, en 2000, ils créent ensemble l’Association voûte nubienne (AVN) et se mettent à former via le compagnonnage les paysans dans la province des Balé à Houndé, dans le centre-ouest du Burkina Faso. La stratégie est simple: les promoteurs diffusent ainsi par le marché la technique de la voûte nubienne en faisant émerger le savoir-faire des maçons. Dans un village, l’association repère une personne clé pour sensibiliser les habitants à la technique VN. Une fois un premier groupe de clients et d’apprentis identifiés, l’équipe fait venir un artisan formateur VN qui lance le marché en formant les premiers maçons sur les premiers chantiers. Progressivement, le marché va s’élargir et s’autonomiser, et toucher les autres villages de la zone et de la région. «Les maçons que nous formons sont indépendants, ils ne sont pas salariés. Nous les accompagnons à la recherche de clients mais nous ne prenons rien en contrepartie. C’est la promotion de la voûte nubienne qui nous importe en tant qu’association. Et, il peut arriver que l’association s’arrête un jour, mais si la technique est connue et adoptée par les artisans, ils pourront continuer à la promouvoir comme leur gagne-pain», explique le coordonnateur de l’association, Boubacar Ouily. Aujourd’hui, l’association affiche 380 maçons formés et 300 apprentis en formation pour 20.000 bénéficiaires directs.

Les grandes villes s’y mettent aussi

Les voûtes nubiennes essaiment désormais la région de Boromo (siège social de l’association) et s’étendent à cinq autres régions. Les grandes villes sont désormais touchées par cette technique de construction. Ouagadougou, la capitale du pays, n’y échappe pas et cela n’est pas pour déplaire aux promoteurs de l’AVN car les citadins commencent à comprendre les enjeux.
Les mois de mars et d’avril sont les plus chauds au Burkina. Les températures frôlent par endroits plus de 40 degrés à l’ombre. Dans les maisons et les bureaux, construits pour la plupart en parpaing de ciment ou en béton, aucune issue confortable sans les ventilateurs ou les climatiseurs qui tournent à plein régime. C’est donc une période de forte consommation d’énergie.
Malheureusement, la société nationale d’électricité n’arrive pas à satisfaire cette hausse ponctuelle de la demande et cela dure des années. D’où des programmes de délestage dans les grandes villes pour gérer avec parcimonie cette rareté qu’est devenue l’énergie.
Et pourtant, au cœur de la capitale, dans le quartier chic de Ouagadougou à Ouaga 2000, où les villas et les bâtiments futuristes rivalisent de design; et dans le quartier résidentiel de Tanghin, une nouvelle forme de construction trace son sillon à travers la ville. La voûte nubienne s’y fait plus présente et se distingue par ses formes rondes, l’épaisseur de ses murs et par le fait qu’elle est sans toiture et se construit sans bois.
Cette «nouvelle architecture» n’utilise que des matériaux locaux: banco, sol argileux, paille dans la construction. Les citadins se mettent progressivement à l’éco-habitat, à la grande satisfaction des promoteurs.  Après 14 ans de sensibilisation, de formation d’entrepreneurs sociaux, le modèle est en passe de décoller. Tout en restant sur son cœur de cible qui est le monde rural, l’Association s’adapte à la demande qui devient un puissant vecteur de promotion de la technique mais aussi de création d’emplois tant en village qu’en ville.
L’AVN est en train de revoir ses plans afin d’augmenter le nombre de maçons pour y faire face par le biais d’une dynamisation de la formation à travers une augmentation du temps de formation sur des chantiers spécifiques, de type bâtiments institutionnels ou communautaires. L’AVN a également mis en place une initiative dénommée «promo mâcons tôles». Il s’agit de trouver des volontaires parmi les maçons classiques. Ils s’associent, et l’association leur fournit le formateur. Idrissa Sawadogo, pense qu’avec la base qu’ils ont, la formation sera plus rapide et ils seront opérationnels plus rapidement pour gérer une demande qui croît de 30% l’an mais surtout s’adapter à celle-ci.

                                                       

S’adapter à la ville

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DRISSA Sawadogo raconte que plusieurs clients lui soumettent des plans à base de parpaing de ciment et lui demandent de le construire selon la technique de la voûte nubienne (VN). Il a donc fallu que les mâcons lèvent la contrainte inhérente à la technique de la VN.
L’écart entre deux murs ne peut dépasser 3,25 m. Alors que les citadins aspirent à de grands salons. C’est ainsi qu’on voit aujourd’hui des bâtisses avec des poutres en béton au milieu mais qui n’enlève rien au confort de l’habitat, précise le fondateur de l’Association voûte nubienne Thomas Granier, présente dans cinq pays désormais (Burkina Faso, Mali, Sénégal, Ghana et Benin).Seule ombre au tableau, l’AVN semble se battre toute seule au plan national. Les autorités sont encore timides à intégrer le concept dans les offres d’enseignement professionnel ou encore de permettre la construction d’infrastructures communautaires de base sur le modèle de la voûte nubienne. L’Association a donc besoin d’investisseurs sociaux pour poursuivre sa mission.

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