×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Analyse

    Retraite: Attention au choc de la pension

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4802 Le 24/06/2016 | Partager
    Jusqu’à 72% de baisse de revenus pour certains salariés du privé
    Les fonctionnaires mieux lotis
    retraite_cnss.jpg

    Le taux de remplacement à la CNSS demeure faible comparativement aux autres régimes obligatoires. Pour les hauts salaires, la pension maximale ne dépasse pas 4.200 dirhams

    Un futur retraité averti en vaut deux: préparez-vous au choc des pensions. Pour une personne ayant réalisé toute sa carrière dans le privé, la baisse du revenu prend des proportions dramatiques: jusqu’à 72% pour les tranches les plus élevées. A ce dénivellement du pouvoir d’achat, une raison simple: le plafond des cotisations CNSS fixé à 6.000 dirhams. Cette limitation est au cœur du régime par répartition qui préconise la «solidarité» entre les salaires.
    La pilule est amère mais elle l’est davantage pour ceux qui ont travaillé dans le secteur privé lorsqu’ils se comparent aux fonctionnaires. Les chiffres que nous vous livrons pour la première fois montrent en effet d’énormes disparités entre les trois régimes obligatoires de retraite: d’un côté CMR et RCAR pour le public, de l’autre CNSS pour le privé.
    Pour un cadre qui émarge à un salaire brut mensuel de 15.000 dirhams, la pension à la CMR sera de 11.250 dirhams, s’il commence à cotiser dès 30 ans. La même personne touchera une pension de 8.094 DH si elle relève du RCAR mais ne peut guère espérer que 4.200 dirhams pour la CNSS. Un traitement de «faveur» qui explique à la fois une partie de la crise des retraites dans la fonction publique mais aussi l’attractivité que continue d’exercer l’emploi dans l’administration. Cette dimension est même au cœur de la réforme en discussion actuellement.
    Il ne fait donc aucun doute, entre le régime de retraite du privé et celui des agents de l’Etat, le match tourne largement en faveur des seconds.
    La fracture ne concerne pas que les hautes tranches de rémunération. Elle est visible quel que soit le niveau.  Avec un salaire brut de 4.000 dirhams, un fonctionnaire qui a démarré sa carrière à 25 ans touchera, une fois à la retraite, une pension mensuelle brute de 3.500 dirhams. Le taux de remplacement se situe à 87,5%! Si son employeur est affilié au RCAR, il aura droit à 2.596 dirhams brut, soit un taux de remplacement de 64,5% alors que la même personne aurait touché 2.412 dirhams si elle relève du régime CNSS. Dans ce dernier cas, le taux de remplacement est à 60,3%.
    Cette fracture témoigne de la générosité du régime des pensions civiles géré par la CMR. Elle renvoie aussi aux paramètres de fonctionnement des trois régimes obligatoires lesquels se caractérisent par des différences importantes. Celles-ci sont notamment liées aux  taux de cotisations, à l’assiette de cotisation ainsi qu’au  salaire sur la base duquel la pension est liquidée.  
    Dans le régime des pensions civiles, la cotisation est équivalente à 20% sur le salaire de base majoré d’indemnités statutaires à caractère permanent. Elle est supportée à part égale par l’employeur et l’affilié.  Au RCAR, un régime qui combine une structure mixte répartition-capitalisation, la cotisation salariale est de 6% tandis que la contribution patronale est de 12% répartie à part égale entre répartition et capitalisation. Elles sont  assises sur un salaire plafonné à quatre fois la rémunération moyenne du régime. Pour 2016 par exemple, le salaire plafond servant d’assiette au calcul des cotisations salariales et contributions patronales est de 199.200 dirhams par an, soit 16.600 dirhams par mois!
    Au niveau de la CNSS, les cotisations sont calculées sur la base d’un taux global de 11,89% de la rémunération brute et dans la limite d’un plafond  fixé à 6.000 DH par mois. Dans ce régime, la pension est liquidée sur la base de la moyenne des salaires des 96 derniers mois. A ce niveau, l’avantage revient aux fonctionnaires puisque le dernier salaire sert de référence. Ce qui est à  l’origine des problèmes auxquels ce régime est confronté. En revanche, au RCAR la liquidation de la pension est assise sur le salaire moyen de la carrière revalorisé. Ce qui assure, selon la Cour des comptes, une meilleure équité entre les affiliés et un véritable lien entre l’effort de cotisation et le montant de la rente à recevoir.

     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc