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Chronique

Hollande descend dans l’arène des primaires

Par Mustapha TOSSA | Edition N°:4801 Le 23/06/2016 | Partager

Spécialiste du monde arabe, Mustapha Tossa, journaliste franco-marocain, est diplômé de l’Institut supérieur de journalisme à Rabat promotion 1986 et du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris. Il participe en 1988 au lancement du service arabe de Radio France internationale. En 1990, il présente l’émission Rencontres, destinée aux communautés d’origine étrangère sur France 3, avant d’effectuer des reportages et de réaliser des documentaires dans le cadre de la série «Racines» diffusée sur la même chaîne. Chroniqueur pour Atlantic Radio et L’Economiste, il intervient régulièrement sur les chaînes de télévision françaises et satellitaires arabes pour commenter l’actualité internationale (Ph. M. T.). 

Et voilà que l’on  reparle des primaires à gauche. Beaucoup pensaient le sujet définitivement clos. Entre silence compassé de François Hollande, postures excitées de ses adversaires à gauche, louvoiements  de ses propres amis au gouvernement, les primaires à gauche était une sorte d’Arlésienne dont on croit percevoir l’ombre fugace avant qu’elle ne s’évapore devant les certitudes du locataire de l’Elysée. Aujourd’hui, cette idée des primaires à gauche est relancée par le numéro Un du PS Jean-Christophe Cambadélis. Il redonne ainsi chair à une proposition spectaculairement  lancée il y a quelques semaines par un collectif d’intellectuels et d’écologistes avant qu’elle ne se dégonfle de manière tout aussi spectaculaire. Aujourd’hui, le calendrier vient d’être fixé au 22 et 29 janvier prochain. Le casting des concurrents est établi: les membres de la «Belle Alliance Populaire» ( PS, PRG et écologistes pro-gouvernement ).
Aujourd’hui, si Cambadélis remet le projet des primaires sur le tapis, il a dû certainement le faire avec le feu vert de François Hollande. Le premier secrétaire du PS n’est pas connu pour être un porte-étendard de la fronde au sein de la gauche ni un opposant compulsif au président de la République. Et dans ce cas, les primaires seraient une stratégie présidentielle pour revenir dans le jeu avec le risque de tout perdre si les militants de gauche appelés à voter lui dénient la confiance.
Les primaires pour François Hollande ont toujours incarné le grand désaveu de sa propre famille à son égard. Lui demander de redescendre dans l’arène pour remettre son titre de candidat «naturel» de la gauche souligne la chute d’estime dont il est l’objet même au sein de la machine électorale censée lui apporter le soutien indispensable pour sa reconquête d’un second mandat. Cela souligne aussi que son bilan est violemment contesté comme le montre la tournure que prennent les

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manifestations de plus en plus violentes sur le pavé parisien. Et comme le montre le désamour persistant de l’opinion à l’encontre de François Hollande.
Il est clair aujourd’hui qu’à travers ces primaires, Hollande cherchera un second souffle et une légitimation de sa démarche. Tous les instituts de sondages le donnent éliminé dès le premier tour. Et pour justifier son acceptation de ces primaires, il a eu cette interrogation pleine de bon sens politique: «Si je ne suis pas en mesure de remporter la primaire, comment pourrais-je espérer remporter la présidentielle?»
Une des grandes inconnues de ces primaires demeure l’identité des compétiteurs. Un homme comme Emmanuel Macron dont l’ambition présidentielle brûle le papier glacé des magazines osera-t-il se lancer dans ce défi? Sans parler du Premier ministre Manuel Valls, qui, dans l’état actuel de sa relation avec François Hollande, n’osera jamais le challenger sur une primaire dont l’enjeu principal est de procéder à une évaluation du bilan de la gauche au gouvernement dont il est aussi comptable.
Le gain politique pour Hollande dans cet exercice est de pouvoir démontrer qu’il n’y a personne à gauche capable de dépasser les clivages. Jean-Luc Mélenchon, le chef du Front de gauche que les sondages gratifient de meilleurs résultats que François Hollande, avait refusé ces primaires et a décidé de se lancer dans la course des présidentielles tout seul. Les écologistes dont certains leaders ont développé une rancune tenace à l’encontre du couple Hollande/Valls menacent de voler de leurs propres ailes. Et la question qui doit tarauder l’Elysée: qui au sein de cette gauche, déçue et frondeuse, est capable de réaliser la grande synthèse des alliances susceptible de le porter à la magistrature suprême?
En tout cas, l’annonce faite autour de cette primaire semble ravir les frondeurs de gauche. Leur chef de file Christian Paul a eu cette réaction: «On considère à ce stade que c’est une avancée, mais il faut que cette primaire soit irréversible, loyale, ouverte». Les primaires étaient une demande constante des frondeurs. Pour eux, c’est l’occasion de redonner la parole à la base et aux militants pour réécrire le projet de campagne et de gouvernement et choisir le candidat qui doit le porter. Une chose est certaine. François Hollande est convaincu que ça ne peut être que lui, alors que ses détracteurs aiguisent leurs arguments pour l’en écarter.

Les choix à droite conditionneront la gauche?

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Les primaires des socialistes auront lieu après celles des républicains. Nicolas Sarkozy se retrouve dans la même situation que François Hollande. Le même rejet et la même fixation sur sa personne. Non seulement il est obligé de se soumettre à cet exercice, mais il doit affronter une multitude de candidatures, les unes sérieuses, les autres fantaisistes, alors que certaines candidatures ont été présentées avec le seul but de gêner les efforts de Sarkozy de s’imposer à sa propre famille comme l’incontournable recours pour garantir un retour de la droite à l’Elysée. Et une des interrogations que formulent les observateurs concerne l’éventuel impact que pourraient avoir les résultats des primaires de la droite sur le tournant que prendra celle de la gauche. Dans quelle mesure un échec ou une victoire de Nicolas Sarkozy peuvent-ils impacter l’issue de la primaire socialiste? Il est clair que les socialistes et le président Hollande suivront avec un intérêt particulier le déroulement de ces primaires à droite, ils pourraient être tentés par réajuster leurs positionnements en fonction des choix qu’auraient fait leurs compétiteurs de droite. Marine Le Pen, l’icône de l’extrême droite, est toujours aux aguets.

 

 

 

 

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