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    Régions

    Fès/Marchands ambulants
    Les commerçants, dépassés, jouent le jeu

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4801 Le 23/06/2016 | Partager
    Des bouts de trottoirs loués à 30.000 DH par les commerçants eux-mêmes aux ambulants
    Ils regrettent l’absence d’un «Amine»
    Insolites reconversions dans des commerces alimentaires hors contrôle durant le Ramadan
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    Si vous vous approvisionnez au quartier Atlas, faites bien d’acheter dans le magasin et pas à côté. Ici, durant le mois sacré, des bouts de trottoirs sont loués à des marchands ambulants à 30.000 DH. Ils proposent chabbakia, briwate et baghrir… qui échappent à tout contrôle sanitaire (Ph. YSA)

    Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la prolifération des marchands ambulants à Fès. La lettre adressée par le wali au conseil communal en janvier dernier et la décision de celui-ci d’étudier la possibilité d’aménager des aires dédiées n’auraient été que de la poudre aux yeux pour cacher l’inefficacité des autorités quant à imaginer une solution définitive et pérenne pour ce problème complexe et épineux. En attendant, ces marchands opportunistes continuent de proliférer au nez et à la barbe des autorités. Et à Fès, comme dans d’autres villes, ils ont pris des proportions dangereuses. «Savez-vous que des bouts de trottoirs sont loués au quartier Atlas entre 20.000 et 30.000 DH le mois? Ceci, malheureusement, au vu et au su des autorités», dénoncent les professionnels. Loués par qui? Par des commerçants eux mêmes qui, ne pouvant lutter contre l’informel, préfèrent en profiter aussi. Ils «autorisent» les ambulants devant leur devanture moyennant une somme qu’ils jugent de nature à compenser le «préjudice» subi. Et eux continuent à se faire leur beurre.
    Même si la majorité s’insurge contre cet état de fait, elle se résigne face à l’inertie des responsables élus. En fait, durant le mois sacré, plusieurs marchands ambulants prennent place à côté de magasins connus comme El Fassia, la crémerie Atlas, et autres. Ces marchands proposent «chebbakia», «mlaoui», «baghrir» et autres gâteaux et friandises ramadanesques. «Les acheteurs pensent qu’il s’agit d’annexes de commerces organisés puisqu’une bonne partie de l’étalage exposé semble

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    A la place Florence, en face de la mosquée Tajmouaâti, les marchands ambulants occupent tous les trottoirs. Ils sont «riches» et ont du captital, en témoignent leurs étalages et leurs voitures (Ph. YSA)

    déborder de nos magasins. Or, ces gens achètent une nourriture qui échappe à tout contrôle sanitaire», expliquent des commerçants. Car, selon eux, «la commission préfectorale qui assure le contrôle des marchandises vendues par les magasins de l’Atlas ne contrôle pas ce qui est vendu par les marchands ambulants, histoire de ne pas leur reconnaître une certaine légitimité».   
    Le comble c’est que pendant le Ramadan, nombre de commerces transforment leur activité. Le café du coin se lance dans la «chabbakia» et les «briwate». La boucherie vend du «baghrir». Et un cinéma propose «krachel» et «halwa». Bref, une anarchie sur tous les plans. Aujourd’hui, les commerçants se rappellent avec beaucoup de nostalgie le rôle du chef de la corporation «el Amine» ou encore «el mouhtassib» qui veillaient sur la gestion des souks et marchés de la ville. «A l’époque, il était impossible d’imaginer que le commerce allait atteindre une telle crise, à cause de l’informel», souligne un commerçant de la médina.  
    Ici, comme un peu partout dans la ville, le phénomène des marchands ambulants est devenu «ingérable». L’accès principal de la place R’cif est totalement envahi par les marchands ambulants, mendiants, vagabonds… D’où la nécessité d’une véritable opération «d’assainissement» pour éradiquer les gênes et les désagréments, essentiellement pour les piétons, les personnes âgées, les handicapés et les enfants. «Les panneaux publicitaires et l’exploitation des terrasses de cafés sont également à prendre en considération», souligne un associatif.  Pour lui, «il faut lutter contre ces souks improvisés sur les principales artères, devant les maisons, boutiques, établissements scolaires, mosquées, etc.». Le phénomène est tel qu’il perturbe les accès, la circulation routière, et le commerce en général. A la veille de la visite royale, Fès, malgré son relooking de dernière minute, baigne toujours dans sa cacophonie...

    Exaspération

    Depuis le «20 février» 2011, de nombreux quartiers de la ville de Fès (comme partout dans d’autres agglomérations) ont été pris d’assaut par le commerce informel. Essaada, Narjisse, Talâa, Imam Ali, Florence, avenues Hassan II et Mohammed V… sont autant d’endroits «infestés» par ce phénomène social. Après les dernières communales, la situation a empiré. Actuellement, des souks improvisés ont été créés sur les principales artères, devant les maisons, boutiques, établissements scolaires, mosquées, etc. Du côté des commerçants formels, c’est l’exaspération. De plus, tous les trottoirs et de grandes parties des chaussées sont occupés par les marchands ambulants. Piétons et automobilistes prennent leur mal en patience.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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