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    Economie

    BAM poursuit son plan de soutien à l'économie

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4801 Le 23/06/2016 | Partager
    Rémunération de la réserve monétaire pour encourager le financement des TPME
    Les banques veulent financer les collectivités locales et le butoir de TVA
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    «Le mémorandum que nous avons adressé au gouvernement n'aborde que le problème du crédit. Il ne comporte en aucun cas des chiffres sur les performances économiques ni leur appréciation», a répondu Abdellatif Jouahri aux critiques sur le contenu du document et le timing de sa démarche (Ph. Bziouat)

    Le Conseil de politique monétaire de juin a, sans surprise, maintenu le taux directeur inchangé à 2,25%. Maîtresse de la stabilité des prix, la Banque centrale juge l'inflation convenable malgré un regain ces derniers mois. L'inflation était à 0,5% en mai et 1,3% en glissement annuel, selon les derniers chiffres du HCP. Bank Al-Maghrib a relevé sa prévision sur l'ensemble de l'année à 1,6% au lieu de 0,5% anticipée en mars dernier.
    Si elle n'a pas touché au principal instrument de politique monétaire, la Banque centrale a en revanche décidé de rehausser le taux de la réserve monétaire qui pourra aller jusqu'à 5%. Cette mesure n'est pas à proprement dit une surprise compte tenu de la surliquidité dans laquelle baignent les banques. «L'excès de liquidité du système bancaire durera au moins jusqu'en 2017», a laissé entendre Abdellatif Jouahri, wali de BAM, à l'issue du Conseil. Le relèvement de la réserve monétaire permettra d'absorber la liquidité excédentaire sur le marché. Cette décision peut sembler contradictoire avec toutes les actions menées, surtout depuis le début de l'année, pour relancer le crédit et l'activité économique. Pour ne pas pénaliser le financement de l'économie, la hausse de la réserve monétaire se fera par palier. «Nous allons porter le taux à 4% dans un premier temps», a laissé entendre le wali. L'évolution de la liquidité déterminera si un nouveau resserrement à 5% sera nécessaire.
    D'un autre côté, BAM va réinstaurer la rémunération de la réserve monétaire (0,75%) pour les établissements qui seront les plus dynamiques en matière d'octroi de crédit. Il s'agit d'une nouvelle incitation

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    Les difficultés d'un certain nombre de grandes entreprises et plus globalement l'atonie de la croissance non agricole se reflètent sur le comportement du crédit. Aujourd'hui, le mal des délais de paiement constitue un élément central dans le ralentissement de l'activité économique

    au financement des TPME. Ce sont les premières à souffrir de l'accès au crédit. Les grandes entreprises n'ont pas réellement ce problème. Même celles qui sont en difficulté arrivent à s'accorder avec les banques pour une restructuration. En relevant la réserve monétaire, la volonté de la Banque centrale est en quelque sorte d'empêcher que les banques ne prennent trop de risque sur certaines contreparties. La tentation peut être forte vu que la demande de crédit ne s'exprime pas assez. Les banques tirent 2/3 de leurs revenus de l'activité retail et la situation actuelle pourrait être source de pression sur leur produit net bancaire.
    L'atonie du crédit préoccupe les banques, mais aussi la Banque centrale qui a réuni en début d'année les prêteurs et les emprunteurs (entreprises) pour trouver des solutions. La réunion tripartite a abouti à la rédaction d'un mémorandum qui a été adressé au Premier ministre. Les trois parties y détaillent les actions qu'ils mènent mais font également des propositions sur les chantiers que le gouvernement doit conduire. «Le mémorandum que nous avons adressé au gouvernement n'aborde que le problème du crédit. Il ne comporte en aucun cas des chiffres sur les performances économiques ni leur appréciation», s'est un peu agacé Jouahri face aux critiques sur le contenu et le timing de sa démarche.  «Nous sommes pleinement dans notre rôle de conseil à l'Etat. Nous avons totalement encadré cette initiative pour qu'elle reste dans les missions de la Banque centrale», ajoute le gouverneur.
    Entre l'arrêt des subventions aux produits pétroliers et les conséquence sur les crédits de trésorerie, les difficultés d'un certain nombre de grandes entreprises et plus globalement la décélération du PIB non agricole, les causes de la méforme du crédit sont nombreuses. Aujourd'hui, pour Bank Al-Maghrib, le patronat et les banques, il faut s'attaquer sérieusement aux problèmes des délais de paiement et aussi s'assurer de l'efficacité du dispositif sur la commande publique au profit des PME. Cela permettra notamment de fluidifier l'activité. Par ailleurs, les banques proposent entre autres de financer les collectivités locales et même le butoir de TVA d'autant plus qu'elles sont en excès de liquidité aujourd'hui.

     

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