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Economie

Pièces automobiles
Le secteur gangrené par la contrefaçon

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4800 Le 22/06/2016 | Partager
Au moins 2/3 seraient d’origine douteuse
Vitrages, pneus, plaquettes, câbles et disques de frein…
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C’est une vraie bombe que vient de lâcher l’Amica: «Nous avons fait des enquêtes en concertation avec l’administration et nous avons procédé à des prélèvements sur le marché des pièces de rechange. Les résultats de ces investigations font froid au dos: plus des 2/3 des produits en vente ne sont pas conformes. Ce qui signifie qu’en dehors des concessionnaires, l’écrasante majorité des pièces de rechange n’est pas aux normes», affirme Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile. L’industriel exhibe un pare-brise traversé par un projectile alors qu’il aurait dû résister à l’impact, une lunette arrière qui éclate en lamelles de la taille d’un couteau au lieu de se fissurer, un pneu déchiré, des plaquettes de frein usées dès la phase de test… Les exemples se multiplient.
Quand il s’agit d’accessoire automobile, à la limite, cela ne présente pas de grand risque, quoique… Mais quand il s’agit de pièces, telles que le vitrage, les disques de frein, les plaquettes de frein, cela met en danger la vie de dizaine de personnes. Outre l’impact sur la sécurité, la pièce contrefaite menace le tissu industriel local. De nombreux équipementiers, fabricants de pneus, d’amortisseurs, de radiateurs, ont mis la clé sous le paillasson. Le business des pièces automobiles contrefaites ne date pas d’aujourd’hui. De nombreux commerces ouvrent régulièrement pour se positionner sur cette activité.  Dans les grandes villes, des dépôts se sont même spécialisés dans la pièce de rechange «adaptable». Pour mettre fin à ce fléau, le ministère de l’Industrie a diffusé une circulaire rendant obligatoire le contrôle d’une quinzaine de pièces de rechange impliquant directement la sécurité des consommateurs: pneus, disques de frein, amortisseurs, vitrage, câbles de frein à main, d’embrayage, d’accélérateur, filtres… Désormais, le contrôle sera assuré par le Centre technique des industriels des équipements pour véhicules (Cetiev) avant la mise sur le marché. Une structure créée par le ministère de l’Industrie et l’Amica. Ce qui n’est pas du goût des importateurs, car ils risquent d’y laisser des plumes. Mais comment tous ces produits de contrefaçon arrivent-ils à franchir les frontières et d’où proviennent-ils?
Selon les membres de l’Amica, plusieurs subterfuges sont utilisés pour contourner le contrôle. Le premier consisterait à réceptionner un container de pare-brise, dont un exemplaire porte une marque distinctive. Et c’est ce modèle,  étrangement conforme, qui subira des tests à des fins de mise sur le marché. Pour avoir présenté aux tests un produit conforme, le fraudeur reçoit une autorisation qui lui servira à importer pendant une année. «C’est le cas d’un container de 12.000 pare-brise arrivé récemment au port de Casablanca, ce qui a été présenté au laboratoire ne correspond pas à ce qui a été importé», signale Abdelmoumen. La deuxième faille du système consiste en le simple contrôle documentaire. Ce qui permet d’importer toutes sortes de pièces. Certains fraudeurs recourent à des documents d’importation ne précisant pas la nature de la pièce concernée.  Selon les données de l’Office des changes, fournies par l’Amica, la Chine représente de loin le premier pays fournisseur du marché marocain en pièces de rechange contrefaites.
La volonté d’attirer plus de constructeurs automobiles et d’équipementiers pourrait se heurter à la prolifération de la contrefaçon des pièces détachées.

Des produits vendus au kilo

La plupart des pièces de rechange contrefaites sont vendues dans leur pays d’origine au kilo car elles ne pourront être écoulées que dans des pays qui ne sont pas très regardants en matière de contrôle. A ce niveau, le Maroc a une réputation de passoire. Certains importateurs n’ont jamais subi de contrôle à l’import. Ce qui représente une situation de rente. Outre la circulaire concernant une quinzaine de produits, le ministère de l’Industrie a procédé à la dématérialisation du contrôle pour supprimer le contact humain. Les prélèvements d’échantillons à l’import s’effectueront désormais selon des règles strictes. Les pièces prélevées ne sont plus acheminées au laboratoire par l’importateur.

 

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