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Société

«Un si long chemin»: Témoignages poignants des réfugiés

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4798 Le 20/06/2016 | Partager
Derrière des chiffres, des trajectoires humaines intenses
Le livre sera «l’ambassadeur du Maroc à l’étranger»
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Le livre comporte 30 portraits sous forme de témoignages restitués sans démagogie. Ecrit par le psychiatre et psychanalyste  Jalil Bennani, auteur de plusieurs ouvrages,  ce livre de près de 200 pages retrace les trajectoires qui ont tout laissé tomber

«Chaque minute, 26 personnes sont déracinées», «1 sur 113 sur la planète terre est réfugié, déplacé interne ou demandeur d’asile»,… Autant de messages qui ont ponctué la présentation du livre témoignages de Jalil Bannani, «Un si long chemin », jeudi dernier. L’ouvrage comporte 30 portraits témoignages poignants, restitués sans démagogie. Il est préfacé par Anis Birrou, ministre des MRE et des Affaires de la migration pour qui, derrière les statistiques, il y a des trajectoires intenses d’êtres humains qui ont tout abandonné et se sont mis en danger pour une vie digne.
Chaque réfugié est intérieurement rongé par des souffrances qui ont façonné son présent, après avoir tout quitté,… De véritables ruptures faites de peurs et de méfiances, de violences et d’espoir, dira le ministre, qui a saisi l’occasion pour mettre en valeur la vision royale en matière de politique migratoire. «Un choix a été donné aux migrants subsahariens pour entamer une nouvelle vie, dans une société marquée par une hospitalité légendaire».  Anis Birrou interpelle les consciences pour éviter que «ces souffrances ne soient banalisées. Je souhaite que ce livre qui retrace des tranches de vie voyage et suscite le débat à l’étranger, particulièrement en Occident». Abdelkader Retnani, éditeur de cet ouvrage de 200 pages, illustrées par des portraits saisissants de réfugiés, saisit la balle au bond. «Un si long chemin va être l’ambassadeur du Maroc à l’étranger. Il sera présenté dans les salons du livre de Paris, Francfort, Genève et Prague. Les droits d’auteurs seront reversés aux associations qui opèrent dans le domaine de l’aide aux réfugiés».
L’auteur Jalil Bennani et le photographe M’hammed Kilito ont travaillé bénévolement. L’auteur a été sollicité par le HCR pour mettre en scène les réfugiés «dans un dialogue franc et respectueux». Certains ont choisi l’anonymat, d’autres ont accepté de témoigner à visage découvert. Lors de la présentation du livre, l’assistance, médusée, a découvert des tranches de vie originales, comme ce Camerounais qui s’est finalement découvert un don de poésie et de l’édition d’un magazine électronique, après avoir exercé différents métiers pour s’en sortir, du cordonnier au manœuvre dans le bâtiment, en passant par l’enseignement dans des établissements privés.
Un journaliste s’est interrogé sur le bien-fondé de confier l’écriture d’un livre à Jalil Bennani au lieu d’un subsaharien qui a vécu le déchirement de la migration. «Si le HCR a écrit ce livre, il aurait pratiqué l’autocensure et n’aurait pas abordé certaines questions avec la liberté de ton dont a fait preuve l’auteur. Bennani a pu parler en bien et en mal de plusieurs aspects dont le but est de faire avancer le dossier. Nous avons besoin de personnes en mesure de porter les messages», répond Jean-Paul Cavaliéri, directeur du HCR au Maroc. Pour lui, «ces 30 réfugiés, ces survivants, qui se racontent à travers la plume de Jalil Bennani, ne sont pas un “fardeau” ou des “assistés” ou des “mendiants” (comme on lit parfois dans la presse mal informée-souvent celle des pays riches): ils sont une ressource pour les pays d’accueil». Plus loin dans cette préface, il écrit que «le portrait qui se dégage en creux, de ces histoires, un peu comme dans une lithographie, c’est aussi celui de la société marocaine. Une société qui, malgré les difficultés, fait une place à l’autre».
Driss El Yazami, président du CNDH et lui-même ancien réfugié, attire l’attention sur la massification qui efface la dimension humaine. Il estime qu’il faut beaucoup de ténacité quand un migrant devient visible.  «L’humanité semble partagée, hier comme aujourd’hui, en deux catégories: une partie circulant sans difficultés dans un monde globalisé et une autre, assignée à résidence, rêvant de rejoindre la première et condamnée à ne franchir des frontières, de plus en plus cadenassées, qu’au prix de voyages parsemés de dangers et d’embûches», écrit-il dans sa contribution.

Intégration

Des migrants, qui considéraient le Maroc comme une terre de transit, ont finalement décidé de s’y installer. Une opération de régularisation, conduite par Anis Birrou, a couronné la politique migratoire. Pour le ministre, l’intégration et l’apprentissage de la langue pour communiquer  et dissiper toutes les méfiances sont fondamentales dans la préservation de la dignité. Outre la formation pour leur permettre de travailler,  un programme d’appui scolaire bénéficie à 7.000 enfants de migrants. Mais attention, l’évaluation de la politique d’intégration ne peut être faite qu’après plusieurs années, prévient-il.

 

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