×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    L’industrie du papier sous perfusion

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4798 Le 20/06/2016 | Partager
    Droit additionnel de 25% à l’import de rames et bobines
    Importateurs et imprimeurs crient au scandale
    industrie_papier_098.jpg

    La mesure de sauvegarde proposée exclut les articles d’édition (cahier et livre scolaire). Elle prévoit un dégressif de 2,5% dès la première année de son entrée en vigueur. Elle exclut les pays en développement, membres de l’OMC

    Le verdict est tombé. L’import du papier en bobine et en rame sera frappé d’un droit additionnel de 25%. L’enquête, lancée en juin 2009 par le ministère délégué chargé du Commerce extérieur, a conclu à «l’existence d’importations massives ayant un lien de causalité avec le dommage grave subi par la branche de production locale». La mesure, dont la date d’application n’a pas encore été fixée, exclut l’import du papier destiné aux articles d’édition (cahier et livre scolaire). De même que l’import du papier concerné en provenance de pays en développement, membres de l’OMC, ne sera pas taxé. Il n’empêche que les imprimeurs, importateurs et transformateurs considèrent la mesure de sauvegarde pénalisante pour leurs activités. Pour Saïd Nejjar, président de l’Association marocaine des maîtres imprimeurs, «la mesure entraînerait un renchérissement des prix de vente et partant inciterait à l’import de produits finis». L’allusion est faite, bien évidemment, aux articles d’édition. Des produits qui ne sont pas taxés à l’import. Les trois collèges, qui ont tenu un point de presse, jeudi dernier, au siège de la CGEM, entendent faire monter la pression pour obtenir l’annulation de la mesure. Bien qu’ils se disent favorables à la sauvegarde de l’industrie locale, ils n’hésitent pas à attaquer frontalement le seul fabricant marocain de papier en bobine et rame, Med Paper en l’occurrence. Déficit de capacité, faiblesse de qualité, absence de service de livraison aux imprimeurs et transformateurs, les griefs à l’endroit de Med Paper étaient légion. Certains considèrent que le papier fabriqué par cette entreprise n’est pas du tout adapté aux machines à forte cadence d’impression. Mais curieusement, les imprimeurs, qui déclarent souffrir d’une baisse de régime du fait des supports électroniques, n’en demeurent pas moins favorables à l’import aussi massif soit-il. A l’opposé, ils n’avancent pas de chiffres quant aux besoins réels du pays. Cependant, les chiffres du ministère délégué chargé du Commerce extérieur donnent l’étendue de la situation. En 2011, l’import du papier en bobine a explosé de 97% par rapport à l’année d’avant. Un recul de 12% a été observé en 2012 pour que les achats repartent à la hausse en 2013 et 2014 atteignant un niveau de 100% lors du 1er semestre 2015 en comparaison avec la même période de 2014.
    De leur côté, les importations de papier en rame ont connu une hausse de 71% en 2011 par rapport à l’année d’avant et ont continué leur évolution en 2012 et 2013. Un repli de 3% a été constaté en 2014 pour rebondir de 31%  au cours du 1er semestre 2015 par rapport à la même période de 2014. C’est suffisant pour que la tutelle déclare cet état de fait d’«importations massives». Pour le ministère, Med Paper a «connu une dégradation notable de ses indicateurs, matérialisée par la chute du niveau de la production, des ventes en volume et en valeur, de la part de marché, du taux d’utilisation des capacités de production et de l’emploi et des pertes financières».

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc