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    Analyse

    La filière denim veut monter en gamme

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4798 Le 20/06/2016 | Partager
    Elle compte se positionner sur les produits à forte valeur ajoutée
    Un contrat-programme 2016-2020 pour innover

    Le gouvernement a signé un contrat-programme avec la filière du denim pour la création d’un cluster dédié. L’écosystème ambitionne notamment de créer un univers propice à l’innovation, de renforcer l’offre et la compétitivité sur ses marchés traditionnels et cible de nouveaux donneurs d’ordre. Mais la filière a-t-elle vraiment les moyens de s’ériger en nouvelle force de frappe du secteur du textile?

    Les chiffres à l’export sont mal connus faute de ventilation de la nomenclature textile-confection. En 2015, les exportations de pantalons et de chemises ont atteint 2,36 milliards de DH contre 2,66 milliards en 2014. La rubrique comprend également les articles de denim. Mais la profession ne dispose pas encore d’éléments chiffrés. Pour avoir plus de visibilité sur les indicateurs de la filière, le cluster compte mettre en place un panel pour recueillir des données précises.
    Au total, une cinquantaine d’unités industrielles spécialisées opèrent dans le denim, produisant 40 à 50 millions de pièces. Il s’agit majoritairement  de pantalons. La gamme d’article comprend également des chemises, des salopettes, des robes…
    Les principaux donneurs d’ordre sont implantés en France (Kiabi-Pimkie-Jennifer, Bonobo, Reiko, Copcopine…) et en Espagne (groupe Inditex surtout, avec ses marques Zara, Pull & Bear, Bershka, Massimo Dutti…). Le Maroc exporte également, mais dans une moindre mesure, en Grande-Bretagne, Italie, Allemagne…
    Depuis une quinzaine d’années, la filière a connu une grande transformation avec l’arrivée du concept Fast Fashion. Un mode qui impose une rapidité d’échantillonnage, de la flexibilité en matière de sourcing et de production de modèles à faible quantité et dans des délais très courts. Ce mode a été principalement introduit par la France et l’Espagne, débouchés traditionnels des industriels marocains, entraînant une modification radicale de la structure de l’offre vers un sourcing plus performant en termes de prix et de délais. Le nouveau schéma s’est également traduit par des services de développement capables de reproduire des modèles en continu, un service commercial rapide avec des marges de plus en plus faibles. Mais la branche du denim doit maintenant changer son positionnement. «Aujourd’hui, devant l’augmentation des prix des tissus, la hausse du coût de la main-d’œuvre et de l’énergie ainsi que la croissance de la demande en ressources de développement, et si la filière souhaite garantir sa pérennité, elle doit se positionner davantage sur les produits à forte valeur ajoutée, à savoir celui des marques et des créateurs», précise Meryem Rachdi, directeur général du cluster du denim.
    L’intégration constitue également un challenge pour la filière. Actuellement, seules deux unités industrielles sont intégrées: Settavex et Mafaco. Elles sont à la fois filateurs, tisseurs et finisseurs. Les autres unités sont surtout orientées confection, avec un grand réseau de façonniers, une douzaine d’unités de délavage et teinture tournées vers l’export.
    La filière du denim est marquée par sa forte dépendance par rapport aux marchés Fast Fashion. Elle ne devrait plus se focaliser sur le mass market, où la concurrence se fait par le prix, et se positionner sur le premium. Ce marché est marqué par des volumes réduits, mais avec une plus forte valeur ajoutée. «La filière doit impérativement diversifier ses débouchés, en attaquant notamment les marchés américain, russe, chinois, africain… Elle doit également s’orienter vers le textile technique qui offre une plus grande valeur ajoutée», suggère Said El Arbaoui, chef de cabinet de conseil Waklim Engineering, spécialisé dans le textile.
    La filière brille également par un manque en ressources humaines créatives. Le délavage, par exemple, fait appel à la fois à des talents de designer, mais aussi de techniciens car le processus contient des opérations chimiques et mécaniques pointues. Des aptitudes que l’on retrouve chez très peu de profils. Certaines entreprises se rabattent sur les lauréats de l’école Casa Moda Academy et leur assurent une formation supplémentaire. Mais il faudra encore du temps pour l’émergence d’un vivier de ressources humaines qualifiées.
    L’autre faille de l’amont porte sur les problèmes d’approvisionnement en accessoires tels que les rivets, les labels en cuir, les étiquettes personnalisées... Ils sont indispensables à la filière, mais peu d’unités industrielles en fabriquent car c’est un métier à part. Du coup, les unités industrielles se tournent vers la Turquie.

    L’amont, le talon d’Achille

    L’enjeu de la filière du denim reste la mise à niveau de l’amont pour lui permettre d’approvisionner l’aval en intrants de qualité, en quantité et à un coût compétitif. Les entreprises du secteur se plaignent des problèmes de sourcing en tissu et à des prix compétitifs. C’est la raison pour laquelle certains producteurs importent du tissu de Turquie, qui reste le principal concurrent du Maroc sur ce segment.

    Le poids économique de la filière

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    Part de marché du Maroc dans l’UE: 5% contre 21% pour la Turquie et 8% pour la Tunisie
    Le marché européen de jeans estimé à 3,5 milliards d’euros
    L’écosystème denim comprend une cinquantaine d’entreprises, emploie 21.000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de plus de 5,2 milliards de DH
    40 à 50 millions de pièces exportées par an
    L’informel estimé à 12 millions de pièces par an
    La production locale de tissu denim: 26 millions de mètres (Mafaco et Settavex)

     

     

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