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Régions

Zagora, toujours victime de stress hydrique

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4793 Le 13/06/2016 | Partager
L’eau potable non contrôlée distribuée dans les citernes menace la santé publique
La surexploitation des nappes phréatiques pour l’agriculture épuise les nappes existantes

La société civile se mobilise encore pour attirer l’attention sur une problématique majeure qui touche la population de la province de Zagora: l’eau potable. La rareté de l’eau dans cette partie du bassin de Drâa est une réalité que subie la population depuis plusieurs années. La salinité supérieure à la normale de l’eau des puits rend celle-ci inutilisable pour l’utilisation humaine et même pour l’abreuvage du bétail. L’eau de oued Drâa étant impropre à la consommation humaine et n’est utilisée que pour l’irrigation. En effet, la salinité supérieure à la normale au niveau des différentes nappes phréatiques de cette région rend l’eau impropre à la consommation. Selon une étude hydrologique au niveau du Moyen Drâa réalisée en 2015, le taux de salinité de l’eau au niveau de la nappe de Faija est de 0,1 jusqu’à 1,6 g/litre par exemple, alors qu’à Ternata il atteint 9 g/l, et à M’hamid il peut aller à 12g/l. Pour pallier cette rareté, seul le commerce de l’eau douce via les citernes est la solution. Un bidon de 5 litres d’eau coûte un dirham, ce qui n’est pas à la portée de tous. En été, la consommation de l’eau se multiplie par 4, voire 5. «En été, pour ma famille de 6 personnes, je débourse jusqu’à 300 dirhams en un mois. D’autres villageois n’ont pas les moyens et sont contraints de boire l’eau du puits», explique un habitant du village Aït Khaddou, aux environs de Zagora. Dans une rencontre récente avec le gouverneur de Zagora, l’Association des amis de l’environnement a remis sur la table la problématique de l’eau potable dans la région. En effet, cette région souffre de la salinité élevée des eaux de puits dans la majorité des communes. La souffrance de la population avec la crise de l’eau potable et la mauvaise qualité de la province de Zagora. «L’Association a noté l’absence d’une stratégie claire de la part de l’ONEE pour mettre à disposition cette denrée stratégique. La commercialisation de l’eau potable par des vendeurs au moyen de citerne se fait sans aucun contrôle de la qualité. Ce qui peut représenter un danger sur la santé des habitants», note Jamal Akchban, président de l’Association. Lors de cette réunion, le gouverneur a présenté les efforts fournis par l’administration pour minimiser les effets de cette situation. Au niveau de Zagora, la prospection et des forages sont entrepris par les autorités dans le but de trouver de nouvelles sources d’eau de meilleure qualité. L’accélération de la réalisation de la station de dessalement des eaux salées est au premier plan de l’administration. La réalisation de la station dont la capacité est évaluée à 60 litres par seconde a été retardée à cause du désistement de l’entreprise qui devait prendre en charge le projet. Dans l’attente d’un nouveau appel d’offres pour relancer le projet, d’autres actions sont entreprises par les autorités. Il s’agit du rafraîchissement des nappes phréatiques à travers la réalisation du barrage de Afellandra à Agdz dont les travaux ont démarré en début de 2016, ainsi que le barrage de Boutious. De son côté, l’Agence hydraulique du bassin de Drâa a adopté des mesures pour gérer la demande en eau potable au niveau du Haut et Moyen Drâa. Parmi les mesures, la prise en considération des priorités lors de la distribution de l’eau en différents secteurs, particulièrement lors des périodes de sécheresse. Il s’agit aussi de stopper les déperditions d’eau au niveau des canalisations pour l’eau potable par l’utilisation de nouvelles technologies pour une meilleure rationalisation de l’utilisation de l’eau. Ces mesures permettraient d’économiser jusqu’à 5 millions de m3 par an.

Le facteur humain, premier responsable

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Les conditions de transport et de conservation de l’eau douce vendue aux villageois via les citernes constituent un danger sur la santé et la qualité de l’eau (Ph. S.B.)

Le facteur humain est aussi important. Le bassin du Moyen Drâa dispose de 7 nappes phréatiques: Mezgita, Tinzouline, Ternata, Faija, Fezouata, Ktaoua et M’hamid, qui alimentent les sept oasis du même nom. Une évolution très importante du besoin en eau a été enregistrée dans cette région. Comparé au besoin en eau potable, le besoin de l’eau pour l’irrigation a presque triplé. La surexploitation des nappes phréatiques pour l’agriculture a concouru à l’épuisement des nappes existantes, et à la baisse des niveaux d’eau dans les puits pour l’eau potable. La culture de pastèque, un fléau dénoncé par la société civile malgré son apport économique pour la région, est un consommateur important de l’eau. La zone de Faija, où le déficit en eau enregistré est de 5,23 millions de m3 est particulièrement concernée. Les puits illicites représentent particulièrement une menace à l’équilibre hydraulique du bassin de Drâa.

De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

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