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Evénement

Plans d’épargne: Le grand désamour

Par Franck FAGNON | Edition N°:4791 Le 09/06/2016 | Partager
Après cinq ans, l’encours à seulement 119 millions de DH
3 millions de DH dans le PEA
Aucun aménagement envisagé jusqu’ici
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Les montants placés dans les trois plans d’épargne lancés en 2011 ne décollent toujours pas. L’encours est même en baisse pour le PEL et le PEA. Si des aménagements sont nécessaires pour rendre ces produits plus attractifs, il faudra aussi renforcer la communication, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui

Mesure phare de la loi de finances 2011, les plans d’épargne (actions, logement et éducation) défiscalisés n’ont pas séduit malgré les années. L’encours des montants placés dans ces produits dans le réseau bancaire se chiffre à seulement 119 millions de DH à fin 2015. Sur un an, il a augmenté d’à peine 3 millions de DH grâce exclusivement aux versements dans le PEE. L’encours de ce produit s’est accru de 13 millions de DH sur la période pour atteindre 73 millions de DH. C’est le seul produit pour lequel il y a une petite adhésion même si les volumes restent modestes.  Après cinq ans, les fonds mobilisés grâce au plan épargne logement (PEL) se sont limités à 43 millions. Les versements dans le PEL sont plafonnés à 400.000 DH et sont exonérés après trois ans de détention du plan. Les placements dans le PEL rapportent plus que dans le compte sur carnet (écart de rémunération de 0,5 point). Au bout de trois ans, les capitaux constitués dans le PEL donnent à son détenteur un effet de levier d’au moins trois pour la contraction d’un crédit immobilier et la garantie de bénéficier d’un taux d’intérêt bonifié de 0,5 point par rapport aux tarifs du marché. Mais ces avantages ne sont pas décisifs aux yeux des épargnants peut-être par méconnaissance du produit. Il n’est pas forcément mis en avant dans les agences bancaires. D’un autre côté, le PEL ne répond pas à un besoin du marché, disent les observateurs.  Pour constituer jusqu’à 400.000 DH d’épargne sur trois ans, il faut

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Malgré la baisse de la Bourse ces dernières années, les interventions des particuliers sur le marché restent non négligeables. Mais peu sont disposés à y intervenir via le PEA malgré la carotte fiscale. L’encours du PEA se limite à 3 millions après 5 ans

disposer d’un revenu assez confortable. Or, les personnes qui ont cette capacité n’ont pas de problème à accéder au crédit. Les banques se bagarrent même pour les équiper. Pour les autres, l’effet de levier ne permettra pas d’acquérir un logement économique. Les financements pour ce type de bien ne manquent pas et sont souvent garantis par les fonds publics.
La plus grosse déception vient du plan épargne actions (PEA) dont l’encours ressort à un montant insignifiant de 3 millions de DH. Le produit a atterri dans un contexte peu porteur en Bourse. Mis à part le rebond de 2010 dû à la ferveur autour de l’opération ONA-SNI, le marché est inscrit dans un mouvement baissier depuis 2008. Si le comportement du marché a quelque peu refroidi les particuliers notamment, leur activité sur la cote reste tout de même non négligeable. Les transactions des personnes physiques marocaines sur le marché central de la Bourse se sont chiffrés à 2,3 milliards de DH en moyenne par an depuis 2011. Il faut y ajouter leurs investissements à travers les OPCVM. Ces chiffres interpellent sur l’attractivité du PEA qui n’arrivent pas à capter une partie de ces flux. Les dividendes et les plus-values de cession ne sont pas imposés à condition de les réinvestir dans le plan. Le PEA est défiscalisé au bout de cinq ans dans la limite de 600.000 DH.
Les plans d’épargne défiscalisés ont essuyé de nombreuses critiques à leur lancement. Le bilan après cinq ans confirme les appréhensions des professionnels du marché. Il reste qu’aujourd’hui, aucun aménagement n’est envisagé pour rectifier le tir. Toutefois, au-delà du recalibrage des produits, il y a une culture de l’épargne à développer chez les ménages.

 

 

 

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