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Analyse

Entrepreneuriat/Climat des affaires
Beaucoup de négoce, peu d'innovation

Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4789 Le 07/06/2016 | Partager
Près de 59,7% des entreprises émergentes opèrent dans le commerce en détail
Un jeune sur deux est en situation d’inactivité
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L’une des questions fondamentales de l’étude GEM consiste à examiner l’impact qu’exerce l’activité entrepreneuriale sur la croissance économique. Le Maroc ressort parmi les pays qui comptent le moins d’entrepreneurs naissants

L’entrepreneur marocain est tout sauf aventurier. C’est en substance l’un des constats majeurs d’une enquête menée par GEM auprès d’un échantillon représentatif de 2.061 personnes. L’étude relève un contraste entre l’intention de créer une entreprise et sa concrétisation sur le terrain. En effet, plus du tiers de la population active marocaine confirme son intention de créer sa propre entreprise dans les trois prochaines années. In fine, seuls 4,44% parviennent à franchir le cap de la création. «Notre environnement culturel n’est pas propice à l’entrepreneuriat», confirme Hammad Kassal, universitaire et ancien vice-président de la CGEM. L’enquête révèle aussi que le Maroc est le premier pays de la région Mena à présenter un gap aussi important entre l’ambition de fonder sa structure et le passage à l’acte. L’écart s’établit à 31,36% pour le Maroc contre 19,61% en Tunisie ou encore 13,09% pour l’Egypte (voir aussi infographie). Sur le même registre, le Royaume ressort en 2e position après la Colombie sur l’ensemble des pays participant à l’étude. «Trois facteurs sont primordiaux dans la promotion de l’entrepreneuriat: le capital, le savoir et la rébellion», explique Kassal.
En 2015, aussi impressionnant que cela puisse paraître, 35,8% de la population active (âgée entre 18 et 64 ans) tentaient de créer une entreprise. Mais à peine 3,6% disent avoir entamé des démarches durant les 12 derniers mois pour initier le démarrage de leur activité (montage du business plan, recherche d’un local, d’un financement…). «Au Maroc, le savoir est exploité par la sous-traitance internationale. La valeur ajoutée se retrouve de ce fait  ailleurs mais pas chez nous», analyse Kassal, qui est professeur à Al Akhawayn. Cette réalité assez spécifique au Maroc interpelle les pouvoirs publics et l’écosystème de l’entrepreneuriat dans son ensemble. Elle vient démontrer toutes les limites actuelles des mesures mises en place en termes

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Chez l’entrepreneur marocain, le gap entre l’intention de créer son entreprise et la concrétisation de son projet sur le terrain s’établit à 31,36% contre 19,61% pour son confrère  tunisien ou encore 13,09% en Egypte

d’accompagnement et d’aide à la création.
Pour sa part, la répartition sectorielle des entreprises émergentes dans les pays participant à l’étude varie fortement selon la phase de développement économique d’une nation. Lorsqu’une économie s’oriente vers l’innovation, la part des entreprises des secteurs de la consommation ainsi que des industries extractives s’affiche en retrait au profit des entreprises issues des secteurs de services. Au Maroc, le négoce représente le gros des activités entrepreneuriales. Près de 59,7% des entreprises émergentes opèrent dans le commerce en détail. «Le Marocain investit dans la petite transformation. Notre économie ne sort toujours pas du modèle de notables», décrypte le chercheur enseignant.
L’une des questions fondamentales de l’enquête GEM porte sur la corrélation entre le niveau de développement économique et l’entrepreneuriat. De sérieuses fragilités persistent, notamment l’incapacité de l’économie marocaine à générer les conditions d’une croissance soutenue et apte à résorber un chômage massif. Ce qui entrave la réduction des disparités sociales. Le Maroc figure parmi les pays qui comptent moins d’entrepreneurs naissants. Le développement économique dans les pays du tiers monde résulte plus d’économies d’échelle, de gros projets d’infrastructures et d’emplois fournis par les grandes entreprises que de la création d’entreprises. Ce n’est qu’après avoir atteint un certain seuil de développement que les effets positifs de l’entrepreneuriat se font sentir sur l’économie. L’étude relève également que l’emploi des jeunes au Maroc présente une dimension singulière: outre sa précarité, il demeure très vulnérable, à peine de 48%, pour une population de jeunes représentant plus de la moitié de la population en âge de travailler. Autrement dit, près de 1 jeune sur 2 est en situation d’inactivité avec toutes les conséquences qui s’ensuivent sur les équilibres socio-économiques. La promotion de l’entrepreneuriat s’impose par conséquent comme un défi majeur. «Il est temps de mener une véritable révolution culturelle en matière d’entrepreneuriat», insiste Kassal.

 

 

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