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Culture

Le Forum des musiques sacrées
Un Davos culturel pour tous

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4769 Le 10/05/2016 | Partager
…Y compris, ceux qui ne partagent pas les valeurs de l’Islam
L’essentiel est de créer une pensée commune au féminin
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Yves Michaud, co-directeur du forum de Fès, écrivait dernièrement dans Le Monde que «l’islam n’est pas compatible avec la démocratie». Paradoxalement, il a animé le forum où des femmes musulmanes telles Fatéma El Fihriya et Rabiâ El Adaouiya sont présentées comme un modèle à suivre… (Ph. YSA)

Fès, haut lieu du savoir et des libertés individuelles et confessionnelles. La capitale spirituelle se prête annuellement, à l’occasion de son festival des musiques sacrées du monde, à l’acceptation de l’autre, débats et réflexions. Une «ouverture» qui permet, le temps de son «forum de Fès: une âme pour la mondialisation», un rapprochement des idées, mais surtout un développement de la  pensée commune. D’aucuns diront que ce forum est le fer de lance d’une activité culturelle qui n’a jamais cessé depuis la création de l’Université Al Quaraouiyine par Fatéma El Fihriya, il y a plus de onze siècles et demi.
En effet, la thématique dudit forum dont les travaux ont pris fin, hier, après des débats «marathoniens» était consacrée à la «Femme». Principalement, des intervenantes de divers horizons, y ont débattu des héroïnes légendaires de l’histoire, la reproduction, la famille et la liberté, les femmes dans les religions, l’imaginaire féminin, l’accès à l’éducation et au pouvoir, les féminismes bien sûr. Développer tous ces thèmes au cours des deux journées (les 8 et 9 mai) de débat du festival placé en cette année sous la bannière des «Femmes fondatrices»… n’était pas une mince affaire pour les habitués du forum. Surtout que les tables rondes s’enchainaient à une cadence très rythmée. Hier, lors du débat consacré à l’accès à l’éducation et au pouvoir, nombre de personnes ont souhaité avoir une traduction simultanée des propos en anglais et en arabe. Chose qui se faisait auparavant quand le forum se tenait encore au musée Batha. A l’hôtel Jnane Palace, les résumés des débats de la veille ont également brillé par leur absence.
Confiée au politologue, islamologue et journaliste, Abdou Hafidi, la modération du 2e panel de ce 9 mai composé essentiellement de femmes a été une réussite. Puisque les avis des trois intervenantes convergeaient. Unanimes, Rebecca Rogers, Inès Safi et Asmae Benadada, respectivement professeure d’histoire de l’éducation, spécialiste de l’éducation des filles, à l’Université Paris Descartes (Sorbonne Paris Cité),  polytechnicienne, habilitée à diriger les recherches (HDR) et chercheuse en «sciences et foi», et docteure en sociologie de genre de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, ont souligné la nécessité de l’éducation des filles. «Si l’on veut assurer un avenir meilleur pour nos enfants», disent-elles. Elles ont aussi présenté les conceptions et les combats pour l’éducation des femmes. Depuis les temps de l’ignorance jusqu’à l’éducation ouverte aujourd’hui.
A l’heure où nous mettions sous presse, le 3e panel de la journée réunissait  Fatma Zohra Zamoun, écrivaine, enseignante en histoire de l’art à l’université de Marne-la-Vallée et réalisatrice des courts-métrages, Céline Curiol, écrivaine, et Salwa Al Neimi, poétesse et écrivaine, autour de «l’imaginaire féminin». Les invitées de cet après-midi devaient discuter des femmes, leurs fantasmes, leurs rêves, leur vision du monde et des êtres, leur vision de l’amour et du désir. L’animation du débat allait être assurée par Yves Michaud, philosophe et critique d’art et également co-directeur du forum. Pour la petite histoire, ce dernier écrivait dans Le Monde, le 30 avril 2016, que «l’islam n’est pas compatible avec la démocratie». Michaud qui prône le retour à une version radicale du contrat social et dénonce les dangers de la bienveillance en politique, a animé un forum où des femmes musulmanes telles Fatéma El Fihriya, Kenza El Awrabiya et Rabiâ El Adaouiya sont présentées comme un exemple à méditer. Et c’est là tout le paradoxe du Davos culturel de la capitale spirituelle. Donner la voix, échanger, écouter et tirer des conclusions individuelles et communes. «On ne défend ni relativisme ni dogmatisme mais le choix de l’éveil et de la réflexion pour chacune et chacun. Les idées doivent naître au croisement des paroles», explique-t-on. C’est ce qu’on appelle le partage. Cette année, ce partage n’était pas seulement sur les «féminismes» et la construction des projets d’émancipation comme se titrait le dernier panel du forum, consacré à la nature et diversité du mouvement et de l’engagement féministe, puisque les hommes avaient également un droit… à la modération et sans respect de la «parité».

Le programme perturbé par la pluie

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Si les invités du forum ont eu le privilège de débattre du regard des femmes sur l’histoire et les héroïnes légendaires de l’histoire, regard des femmes sur les religions monothéistes et la place que ces religions leur accordent…entre autres, et bien au chaud dans la grande salle du Jnane Palace. Les festivaliers de Bab El Makina n’ont pas eu ce privilège. Puisque le spectacle programmé dimanche et devant réunir Oumou et Hindi Zahra, a été tout simplement annulé pour cause de pluies. «Les festivaliers pourront venir assister aux autres spectacles prévus jeudi, vendredi ou samedi…avec les billets du spectacle annulé», affirme un responsable de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice de l’événement. En attendant, on scrute le ciel…

 

 

 

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